Un grand cerf découvert décapité en forêt de Mormal
Un grand cerf a été découvert mort en forêt de Mormal. Comble de l’horreur, le grand gibier a été décapité. L’office national de la chasse et de la faune sauvage a été saisi pour déterminer les causes de la mort de l’animal.
Une chose est certaine, le cerf retrouvé mort a été décapité. L’office de la chasse a ouvert une enquête.
L’image est loin de ressembler à celle, idyllique, immortalisée par des clichés de photographes animaliers de grands cerfs majestueux évoluant dans le massif forestier de Mormal. Faisant aussi la renommée de cette forêt dans laquelle, au début de l’automne, le brame du cerf peut être observé et écouté. Cette fois-ci, l’image est plus poignante, révoltante même pour ces défenseurs de la forêt de Mormal, au premier rang desquels les membres de l’association Mormal patrimoine qui ont fait de la sauvegarde des grands cerfs leur cheval de bataille.
« La ramure des cerfs est très recherchée. C’est un trophée de chasse. Il y a beaucoup d’amateurs pour ce type de trophée »
Ce grand cerf, découvert mort en forêt et décapité, ne fait qu’attiser un peu plus leur indignation. « Il reste trente grands cerfs sur la totalité de la forêt de Mormal », affirme Jean-François Hogne, coordinateur de l’association Mormal patrimoine, qui lutte depuis pas mal d’années pour la préservation de ces grands gibiers. « En 2010, on pouvait prélever jusqu’à dix cerfs sur la forêt de Mormal. Depuis 2014, c’est descendu à deux », affirme-t-il. En ligne de mire, selon lui, « l’intérêt pour les sociétés de chasse de ne pas déclarer le bracelet du gibier tué. Il y a des enjeux financiers énormes. Une journée de chasse peut rapporter jusqu’à 10 000 euros ».
Pas la première fois
Le cerf, découvert à plusieurs centaines de mètres de l’orée de la forêt, non loin du lieu-dit du Sars-Bara, a été décapité. « La ramure des cerfs est très recherchée. C’est un trophée de chasse. Il y a beaucoup d’amateurs pour ce type de trophée », reconnaît-on à l’office national de la chasse et de la faune sauvage, qui entame une enquête judiciaire. L’office de la chasse reste prudent : « Il faut déterminer l’origine de la mort de l’animal. Il se peut que ce soit un animal qui a été blessé, et qui n’a pas été tué sur place. » « Il n’y a pas que les chasseurs. Il y a des actes de braconnage. Un animal peut toujours avoir été percuté par une voiture, un bus. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. Un animal blessé peut faire plusieurs kilomètres », indique-t-on à l’Office national de la forêt.
Ce mardi, dans la journée, une équipe de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage devait se rendre sur place pour effectuer des prélèvements et commencer les constatations d’usage.
Les règles
Plan de chasse : le préfet attribue chaque année un nombre d’animaux à prélever en fonction de la population existante. Pour l’ensemble de la forêt de Mormal, cette année, ce sont deux grands cerfs. À noter que la chasse est autorisée certains jours jusqu’en février.
Réglementation : avant tout transport, le responsable de la chasse doit faire apposer un bracelet entre le tendon et l’os de l’animal, daté du jour de la capture, et clipsé. S’il y a transport du gibier sans bracelet, il y a infraction pénale.
Infraction : en cas d’infraction, le contrevenant risque un retrait de son permis de chasser et jusqu’à 1 500 euros d’amende.
La Voix du Nord - E. B. (29/11/2016)
