Défense des troupeaux contre le loup : le coup de gueule de Nicolas Simonet

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le président de l’association de secours et de placement des animaux des Vosges (ASPA 88) Nicolas Simonet a interpellé le ministre de l’Environnement et de l’Agriculture sur les autorisations de tirs de défense données à certains éleveurs de moutons dans le massif.

Loup gris. Photo : JLS

Loup gris. Photo : JLS

Nicolas Simonet peste contre l’autorisation de tirs de défense donnée notamment à un éleveur de Soncourt. Une hérésie à ses yeux : il brandit l’arrêté de 30 juin 2015 de la directive européenne stipulant que ces fameux tirs peuvent intervenir « dès lors que des mesures de protection ont été mises en œuvre », ce qui ne serait pas le cas dans ce dossier selon lui. De ce fait, le président de l’ASPA 88 annonce qu’il compte mener des opérations de terrain pour empêcher ces tirs.

Six parcs équipés

L’homme est visiblement en colère et ne comprend plus que le système de protection dénommé « Turbo Fladry », qu’il a fait importer des États-Unis, ne soit pas pris plus au sérieux par les autorités administratives. Il s’agit là d’un système destiné à faire reculer le loup, composé d’un fil électrique installé à 50 cm du sol et sur lequel sont fixées des bandes de tissu tous les 30 cm. Visiblement, le concept fonctionne bien.

Six parcs vosgiens sont actuellement munis de ce système et aucun n’a subi de prédation depuis son installation. « De plus en plus d’éleveurs souhaiteraient l’acquérir car ils constatent son efficacité », affirme Nicolas Simonet. Sauf que son financement n’est pas pris en charge par l’État. « Le ministère de l’Agriculture ne veut pas débloquer des fonds car il ne considère pas le dispositif comme un moyen de protection, mais comme un moyen d’effarouchement », lance-t-il avant de conclure ses explications par une note de dépit : « L’État préfère rembourser des moutons morts plutôt que de financer des dispositifs de sécurisation pour ces animaux… »

S. de G. (15/10/2016)

Nicolas Simonet ne comprend pas que l’État ne prenne pas en charge le système de protection dont il se fait le promoteur sur le sol français. Photo : Vosges-Matin

Nicolas Simonet ne comprend pas que l’État ne prenne pas en charge le système de protection dont il se fait le promoteur sur le sol français. Photo : Vosges-Matin

« Une très bonne alternative »

Figure de proue de la fondation « Jean-Marc Landry », Agnès Quain est une spécialiste du loup reconnue depuis de nombreuses années. La fondation, qui se veut indépendante, naîtra officiellement ce week-end en Suisse et prodiguera ses conseils dans toutes les régions françaises où le loup séjourne.

Dans ce contexte, Agnès Quain a pris position en faveur du dispositif mis en avant par Nicolas Simonet : « Sur le département des Vosges, cela semble être une très bonne alternative puisque les parcelles protégées n’ont pas été attaquées. » Et la spécialiste de préciser le ressenti du grand canidé au contact de ce système : « Il y a de l’effarouchement par le visuel mais aussi de la protection par l’électrification de la ligne installée. Dès que le loup touche ce fil, il prend une décharge et associe le dispositif à quelque chose de désagréable. »

 

Publié dans Environnement, Chasse

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dominique 18/10/2016 11:45

renards, loups etc......laissez la place à l'être,humain, il est si intelligent, il a si bien su protéger "sa" planète...qui est aussi la vôtre