ZAD de Notre-Dame-des-Landes : des expulsions imminentes ?

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Manifestation sur le site de Notre-Dame-des-Landes, le 6 juillet 2016. Photo AFP

Manifestation sur le site de Notre-Dame-des-Landes, le 6 juillet 2016. Photo AFP

Pour les opposants à la construction du futur "aéroport du Grand Ouest", comme pour ses partisans, le compte à rebours final est bien enclenché à Notre-Dame-des-Landes. Le préfet de Loire-Atlantique a signé, mardi 13 septembre, deux arrêtés portant dérogation sur l’élimination d'une espèce protégée, le campagnol amphibie. Ce petit rongeur présent sur le site du projet de la future plateforme aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes, constituait le dernier obstacle "naturel" avant le début des travaux. L'affaire est désormais réglée : un bel exemple d'accommodement avec les principes de la toute nouvelle loi biodiversité !

Deux mois pour les recours

Ces arrêtés étaient les deux derniers indispensables à l’Etat pour engager les travaux du site aéroportuaire déclaré d’utilité publique en 2008, après la publication, en décembre 2013, de quatre arrêtés relatifs à la loi sur l’eau et à la biodiversité. Les opposants au projet du nouvel aéroport nantais ont indiqué à plusieurs reprises qu’ils attaqueraient ces arrêtés dérogatoires au Code de l'Environnementdès leur publication. Ils ont deux mois pour ce faire, et déposer un recours devant le tribunal administratif de Nantes.

ZAD à évacuer

Reste un autre obstacle, humain celui-là. Depuis plusieurs années, la ZAD de Notre-Dame des Landes est occupée par des opposants écolos très déterminés qui ont réussi à mettre en échec une première tentative d'évacuation musclée à l'automne 2012, l'"opération César", organisée par Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur. A leur côté,les agriculteurs et des habitants expropriés de la zone agricole, bien décidés également à résister aux forces de l'ordre en cas d'intervention. Ils sont notamment soutenus par la Confédération Paysanne.

Expulsions imminentes ?

Selon nos sources, les réseaux d'opposants au projet s'attendrait à voir débuter prochainement les expulsions à Notre-Dame-des-Landes. La totalité des hôtels de Nantes, indiquent-ils, aurait été réservée à partir du 25 septembre 2016 au soir et les écoles du Pâquelais, du Temple-de-Bretagne et de Vigneux-Ferment, seraient simultanément réquisitionnées les 26 et 27 septembre prochains. Autant d'indices qui évoqueraient, selon eux, l'imminence d'un plan des forces de l'ordre pour évacuer la zone. Ce qui serait d'ailleurs conforme au timing du gouvernement. Après le résultat favorable au référendum local organisé en juin dernier en Loire-Atlantique sur le projet de Notre-Dame-des-Landes (taillé sur mesure pour éviter un vote défavorable), Manuel Valls, le Premier ministre, s'était alors engagé à faire "appliquer le verdict des urnes" en évoquant l'automne pour la phase de travaux préparatoires.

De toute évidence, les opposants à ce projet vieux de cinquante ans, dont ils dénoncent la démesure et l'inutilité, ne veulent pas baisser les bras. A Bordeaux, pour continuer la lutte, ils donnent rendez-vous le jour de l'expulsion, quel qu'il soit, à tous ceux qui ne pourront pas se rendre à Nantes, à 19h, place de la Victoire.

A suivre...

#NDDL #MaPlanète Cathy Lafon

Publié dans NDDL

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