Au secours des perroquets

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Face à des cas de mauvais traitements sur des perroquets en Alsace, une association de protection prend en charge ces oiseaux de compagnie pour leur donner une seconde chance.

Pascale Gangloff, présidente de l’APRP67, avec un de ses protégés. DR

Pascale Gangloff, présidente de l’APRP67, avec un de ses protégés. DR

Une eau pratiquement jamais renouvelée, des gamelles sales, des oiseaux confinés sous les combles ou encore des volières avec plus de 60 centimètres d’épaisseur de fientes. Autant de situations auxquelles Pascale Gangloff, présidente de l’association de protection et de replacement de perroquets du Bas-Rhin (APRP67), doit faire face. Aux propriétaires qui ne prennent pas le temps de donner de l’eau fraîche, elle répète : « Pourriez-vous boire de cette eau ? » Pas facile de se faire entendre dans le monde du perroquet, « un monde d’homme » raconte-t-elle. Mais se taire n’est pas le genre de cette passionnée. « J’ai un profond respect pour ces oiseaux » dit-elle, une lueur dans les yeux. Cette passion, qu’elle ne s’explique pas, l’a amenée à créer l’APRP67 en avril 2015 tout en travaillant dans un service de communication de l’Église, à Strasbourg.

À la mode dans notre région

Ces oiseaux, pour la plupart originaires d’Amérique du Sud ou d’Afrique, sont très présents en Alsace. L’annuaire des éleveurs sur le site Nos Volières, indique que l’Alsace compte environ une centaine de membres, 59 pour le Bas-Rhin, bien plus que dans d’autres départements, et cette liste n’est pas exhaustive. Rien que pour le mois d’août, dix-sept annonces ont été postées pour céder des psittacidés. Même situation sur le site internet de petites annonces Le Bon Coin. Des dizaines d’offres de professionnels mais aussi de particuliers sont toujours présentes. « Un phénomène de mode » déplore Eddy Minck, membre de l’association. Selon lui, les gens achètent des oiseaux sur un coup de tête. En fonction de l’espèce, de sa rareté mais aussi de son statut, les propriétaires de perroquets doivent pourtant être titulaires de documents dédiés, notamment les animaleries ou les éleveurs. « Tout oiseau doit avoir un certificat de cession rattaché à son propriétaire, mais ces papiers ne sont pas toujours demandés par les professionnels » se désole Pascale Gangloff. « Il y a de nombreuses bourses aux oiseaux en Alsace et les conditions d’hygiène ne sont pas toujours respectées » clame-t-elle, indignée par « ces soi-disant professionnels ».

Une structure de protection spécifique

Face à ce laxisme et au manque de structures consacrées aux perroquets, elle décide de créer une sorte de société protectrice spécifique. Une première en Alsace mais différente des sociétés protectrices des animaux « classiques » car l’APRP67 n’a pas de centre d’accueil. Ce sont les 39 membres qui font office de famille d’accueil provisoire ou définitive. Ces familles triées sur le volet répondent à une grille de conditions, « pas de mamy avec dix chats » plaisante la présidente. Actuellement, un gris du Gabon, une amazone et deux grandes perruches sont placés. Si une famille décide d’adopter définitivement son hôte, une somme qui couvre les frais vétérinaires avancés par l’association est à verser. Et comme Pascale Gangloff veut le meilleur pour ses protégés, c’est auprès du Dr Carlo Manderscheid, vétérinaire spécialisé dans les maladies aviaires installé au Luxembourg, qu’elle se rend régulièrement avec plusieurs volatiles. Car l’amour pour ces oiseaux n’a pas de prix mais pour s’en sortir, l’association compte sur une cotisation à 30 euros et l’organisation d’activités diverses. Elle organise des sorties payantes chez des passionnés et tente de se faire connaître dans l’ensemble de la région. « Nous avons envoyé plus de 250 prospectus à des vétérinaires en Alsace » décrit-elle, espérant davantage de membres mais aussi une prise de conscience. En effet, détenir un perroquet, qu’il soit gris du Gabon, youyou du Sénégal ou encore majestueux ara ararauna, nécessite de bien connaître son comportement. « J’ai quelques perroquets en psychanalyse » raconte-t-elle avec sérieux. Elle s’occupe d’oiseaux agressifs, mordeurs ou trop bruyants selon leur propriétaire.

Une pétition contre la taille des plumes de vol

Pas de divan mais des conseils par téléphone à des propriétaires parfois désespérés. « Je me réfère toujours à la nature » explique cette autodidacte. En ce moment, c’est une trentaine de perroquets qu’elle a en surveillance par semaine. Elle a promis de « continuer à se battre », notamment grâce à une pétition contre la taille des plumes de vol (qui empêche les oiseaux de voler) à signer sur le site internet de l’ARPR67. Déterminée à aller encore plus loin, c’est au niveau européen qu’elle veut porter cette cause au travers d’un député européen qui l’aiderait à faire entendre la voix des perroquets.

Hannah Strobel 08/09/2016

Redonner confiance à des perroquets agressifs, c’est le don d’Eddy Minck

Eddy, l'homme qui murmurait à l'oreille des perroquets PHOTO DR

Eddy, l'homme qui murmurait à l'oreille des perroquets PHOTO DR

Redonner confiance à des perroquets agressifs, c’est le don d’Eddy Minck. Cet employé de la mairie de Boersch récupère et soigne bénévolement chez lui à Rosenwiller des perroquets pour des éleveurs et des particuliers. Une passion transmise par son père dès son enfance par l’observation au plus près de ces oiseaux.

Au fil du temps, il a puisé son savoir dans des livres et auprès de vétérinaires même si « la plupart du temps c’est le véto qui m’appelle pour des conseils » dit-il en souriant. Cet autodidacte n’a pas de méthode particulière pour resociabiliser les perroquets si ce n’est « de la confiance mutuelle et de la patience ». Une expérience marquante a été le travail effectué avec un ara militaire de douze ans. « Il avait envoyé son propriétaire trois fois à l’hôpital » raconte-t-il. Traumatisé par son maître et le balai que ce dernier brandissait en entrant dans la volière, le psittacidé à peu à peu repris confiance grâce à la méthode d’Eddy Minck.

Tous les jours, pendant deux mois, mètre par mètre, l’homme s’est rapproché de l’oiseau jusqu’à pouvoir le toucher. Sa notoriété grandissant, il reçoit tous les soirs, en provenance de France, de Suisse et d’Allemagne, des appels de propriétaires désemparés. Celui qui murmure à l’oreille des perroquets, comme on l’a surnommé, assure que dès qu’il se trouve en présence d’oiseaux, ceux-ci viennent vers lui, « ils doivent savoir que je les aime ».

H.S 08/09/2016

Au secours des perroquets

Nichés au cœur de l’Alsace

Un parc privé dans le Haut-Rhin accueille plus de 150 espèces de perroquets. Un endroit discret, tenu par deux passionnés.

Un ara de Buffon, également appelé grand ara vert. Photo Hannah Strobel

Un ara de Buffon, également appelé grand ara vert. Photo Hannah Strobel

Rien ne laisse soupçonner que derrière cette immense porte se cache un véritable parc aux perroquets. Une fois franchie, les piaillements et sifflements des oiseaux ne laissent aucun doute, le perroquet est roi dans ce domaine. Une sculpture géante de volatile trône à côté d’une volière où deux ara hyacinthe, reconnaissables à leur plumage bleu et au contour d’œil jaune, scrutent curieusement les moindres faits et gestes. « Ce sont de vraies alarmes vivantes qui vous préviennent s’il y a un intrus » raconte Dany, vêtu d’un t-shirt vert où est inscrit le nom de cet endroit hors du temps : le Vegala Park. Cet ancien chef d’entreprise, reconverti en éleveur, est l’heureux propriétaire de ce parc avec son épouse, Lysiane.

Le lieu est tenu secret par crainte de vols Rayonnant mais angoissé à l’idée qu’on vienne lui dérober ses 150 oiseaux, il préfère rester dans l’ombre de ces derniers. Des espèces rares se côtoient, « je fais dix mètres à droite je suis en Amérique du Sud, par contre à gauche, c’est direction l’Australie » plaisante-t-il en se référant aux origines de ses piafs, comme il les nomme. Les allées du parc zigzaguent entre des volières extérieures, comme dans un zoo, à la différence que les explications sont données par Dany et non par des écriteaux. Au détour d’une allée, Lysiane s’affaire pour gérer les 65 ares de leur dicrète propriété. « C’est moi qui lui ai transmis la passion des becs crochus » s’amuse-t-elle à relater avant de repartir à ses occupations. Il est loin le temps de leurs débuts, en 1989, et de l’achat de leur premier couple de grandes perruches, à Mulhouse.

Dany et Lysiane n’ont jamais eu d’enfants, alors les perroquets font partie de la famille. À l’époque, quand ils travaillaient ensemble à la conduite de leur entreprise, le week-end était consacré à l’entretien du parc. Aujourd’hui, deux soigneurs s’en occupent à temps plein. Tous les matins, c’est le même rituel : nettoyage des gamelles et des volières. Puis arrive l’heure du repas, « chacun à sa propre nourriture, il y a des masses de choses à savoir » détaille le passionné en passant d’une volière à l’autre pour caresser les perroquets venus le saluer. Les autres éleveurs l’ont pris pour un fou Rien n’est fait à moitié au Vegala : salle de soins et de quarantaine, tableau des naissances comme dans un « vrai » zoo. Le couple voit grand et entreprend en 2001 la construction de deux immenses volières extérieures, « pas encore terminées » explique Dany dans un sourire en poussant la porte de l’une d’elle.

À l’intérieur, d’autres volières, un petit pont, une mare avec des poissons et plus loin une cascade. L’Alsace semble bien loin dans ce décor alors « pourquoi partir en vacances ? » s’étonne fièrement l’heureux propriétaire. Pourtant, ces projets faramineux lui rappellent aussi qu’à 72 ans, la plupart de ses piafs lui survivront. Face aux photos de ses amis disparus, exposées dans une salle de réception, il se rappelle tristement « qu’ils étaient présents à l’inauguration du parc ». De quoi réfléchir à la suite de cet endroit insolite.

Diminuer ou arrêter ? Un non catégorique pour Dany qui n’envisage pas une seconde de se réveiller chaque matin face à des volières vides.

Sous une des deux grandes volières du Vegala Park, une ambiance dépaysante. Photo Hannah Strobel

Sous une des deux grandes volières du Vegala Park, une ambiance dépaysante. Photo Hannah Strobel

Hannah Strobel 08/09/2016

Publié dans Animaux

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Roussel 19/04/2020 07:58

Bonjour je recherche à adopté au moins un perroquet voir même 2. J'ai toujours eu des perroquets. Pourriez vous m'aider. Merci de me répondre.

Suelika 18/01/2020 20:44

Bonjour, nous avons depuis quatre ans un cacatoès à huppe blanche, un petit mâle de 5 ans et demi. Il est très affectueux avec tous les membres de la famille. Il vit avec nous dans toute la maison et quand il fait beau, il vole dans notre jardin librement car il revient toujours. Nous lui avons donné beaucoup d'amour pour le rassurer, cependant, depuis quelque temps, il demande de plus en plus d'attention. Il veut toujours être en liberté dans la maison, ce qui n'est pas toujours possible, car il faut encore le surveiller de près, car il détruit certains meubles, ou cadre de porte, ou alors des câbles électriques, même si il sait qu'il n'a pas le droit :) Ces derniers temps, il accepte de moins en moins de rester dans ses différentes volières quand nous sommes à la maison, et malgré les nombreux jouets qui sont à sa disposition, il crie très fort sans pause et c'est INSUPPORTABLE. Nous avons besoin de conseil pour qu'il soit plus raisonnable et moins demandeur. De plus, il devient aussi plus agressif quand il doit rester dans sa cage. Il faudrait un moyen pour le recadrer et qu'il apprenne à respecter les règles et qu'il ne prenne pas le dessus sur l'autorité. Comment faire ? merci pour votre aide.

Jean-Louis 19/01/2020 07:39

Bonjour Suelika, je pense que, comme pour l'exemple ci-dessous de Diégo et de Nathalie, le fait d'avoir laissé une complète liberté à votre Cacatoès, le fait se sentir totalement chez lui, partout dans votre maison ! Sans doute considère-t-il que vous êtes des intrus sur SON territoire, intrus qui, en plus l'empêche de faire ce qu'il veut (comme s'en prendre à des meubles, plinthes etc.). J'ignore si ma façon d'agir est la bonne mais, je ne laisse Jaco, notre gris du Gabon, en liberté qu'une heure par jour et toujours sous surveillance. Son territoire c'est SA cage et, d'ailleurs, c'est là qu'il se sent en totale sécurité ! Les moments de liberté sont des récréations où il pénètre sur NOTRE territoire et il fait parfaitement la différence...
Comme pour Nathalie ci-dessous, je ne peux que vous suggérer de vous tourner vers un ou une comportementaliste qui sera certainement de très bon conseil ! Bon courage à vous...

gueury nathalie 26/12/2019 07:21

bonjour il y a 4 ans j'ai perdu mon gris du gabon d'une occlusion intestinale .il y a 3 ans on a repris un perroquet de jardine de 4 ans et j'aimerai reprendre un gris du gabon .pensez vous que ce soit une bonne chose. je suis a la maison toute la journée. diégo mon perroquet est lâché toute la journée .il a un caractère un peu difficile .c est quand monsieur le veut bien , il commence a ce laisser touché.on ne veut pas d'un bébé mais un adulte et on serrai patient comme avec diégo .je me dis qu'a deux il serrai plus épanoui. dites moi ce que vous en pensez svp

Jean-Louis 19/01/2020 07:30

Bonjour Nathalie, le fait que votre Diégo soit lâché en permanence dans votre maison fait que, pour lui, il s'agit de son territoire que, vous autres les humains, venez occuper alors qu'il n'en a sans doute pas envie ! Son caractère "difficile" peut s'expliquer ainsi... Il n'y a aucune certitude que le fait d'en avoir un second arrange les choses ! J'ajouterai même : bien au contraire ! Je pense que, si d'aventure les deux caractères s'accordaient -ce qui est loin d'être acquis et peut soulever d'autres problèmes de cohabitation...- rapidement, vous ne seriez plus du tout chez vous dans votre propre demeure... Enfin, tout cela relève de ma seule expérience personnelle et rien d'autre ! Je vous encourage donc vivement à vous tourner vers un ou une comportementaliste qui pourrait vous aider beaucoup plus concrètement !

molaro michelle 26/06/2019 18:34

bonjour je viens de perdre mon gris du gabon c'etait un bout entrain le bonheur de la maison,il est mort subitement tomber du perchoir et plus rien.je voudrais a nouveau un gris ou pourrais je en faire l'acquisition (elever a la main ) merci a vous

Jean-Louis 26/06/2019 19:39

Tout d'abord, de quelle région êtes-vous ? Je pense qu'il faudrait vous tourner vers des associations de par chez vous... A suivre !

Ckaudepierre frederic 27/04/2019 20:30

Bonjour gros probleme avec mon perroquet amazone front bleue depuis mon divorce en 2010 il m agresse jusqu au sang que puis je faire il devient trop violant j ai peur pour mon entourage je suis de labaroche et j ai peur du pire, merci de votre reponse. Frédéric

Jean-Louis 28/04/2019 05:34

Bonjour, le mieux serait de le confier à une structure spécialisé ! Prenez contact avec Eddy Minck ( https://www.facebook.com/eddy.tintin.9 ) qui pourra peut-être vous orienter... Sinon, essayer aussi le GORNA ( https://www.facebook.com/Groupement-Ornithologique-du-Refuge-Nord-Alsace-GORNA-263696527001843/ ).
Bonne chance.

Heddi 27/03/2019 13:12

Bonjour peut on vous contacter par téléphone s il vous plais

Habib 27/03/2019 13:25

Merci de m'adresser un mail (voir formulaire de "contact" en haut de page) et d'y mentionner l'objet de votre demande (réponse dans la soirée) ! Cordialement.

CHANTAL PIERRE 01/02/2019 04:28

Bonjour,
Et merci, il y a encore à notre époque des personnes aux grands coeurs. Cette volière est fantastique, quel travaille pour leurs bien être. Je suis vraiment admirative. Bravo.

Jean-Louis 01/02/2019 07:04

Merci à vous et n'hésitez pas à réagir sur d'autres sujets qui relatent de bonnes et belles initiatives : ils ne manquent pas ! Et puis, il y a les sujets d'actualité, brûlants souvent, révoltants parfois, révélateurs toujours... de la marche de notre société ! Là aussi, votre avis nous est précieux ! Au plaisir donc de vous lire par ailleurs !

bizet 27/03/2018 00:29

je voulez vous dire bravo il y a des gens vraiment mechant il devrait etre punis severnant car l aminal et meilleur que l homme moi j ai 1 couples de callopsite 1 de kakariki et 1 de bourke il sont heureux et je suis pluto gaga avec eux je vous pose 1 question comment apprivoiser nes callopsite pouver vous m envoyer 1 imael et peut etre d autre questions merci d avance et bon courage des pourriture y en a partout et l etre humain enfait parti helas a bientot

Jean-Louis 27/03/2018 07:29

Voici l'adresse mail pour contacter directement l'APRP 67 : aprp67@yahoo.fr
Bien cordialement.