Strasbourg, faune urbaine. Ils courent, ils courent, les renards de l’école Robert-Schuman

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La renarde et sa portée de renardeaux née le printemps dernier dans le vide sanitaire de l’école Robert-Schuman ont probablement quitté les lieux, avant la venue des piégeurs.

Les renardeaux étaient devenus les mascottes de l’école. Les photographes guettaient leurs apparitions. Document remis

Les renardeaux étaient devenus les mascottes de l’école. Les photographes guettaient leurs apparitions. Document remis

La crèche de l’Esplanade a rouvert ses portes, hier, à l’issue de sa pause estivale. Si avis d’expulsion de la famille renard il y avait eu, ce mardi 16 août en aurait été la date butoir. En effet, le service hygiène et santé environnementale de la Ville devait procéder, avant la réouverture de la crèche voisine, à un traitement antiparasitaire dans le vide sanitaire de l’école Robert-Schuman. Ce qui a enfin pu être mené à bien, confirme Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg en charge de l’éducation.

Dans un premier temps, conformément aux recommandations de la LPO (la Ligue de protection des oiseaux, agissant dans le cadre d’une mission de médiation faune sauvage), c’est à l’aide de répulsifs olfactifs que des agents de la Ville avaient tenté de faire décamper la renarde et ses petits. Ceux-ci étaient certes devenus les mascottes de l’école, mais leur présence s’avérait incompatible avec l’hygiène des locaux, notamment parce que le pelage des goupils sert de refuge douillet à quantité de puces. Le procédé, cependant, n’avait pas permis de déloger les canidés. Fin juillet, la LPO a donc conseillé de les capturer.

L’Association des piégeurs agréés du Bas-Rhin était prête à se charger de la tâche. « A condition que les renards soient ensuite tués, comme l’exige la loi, car l’animal est considéré comme nuisible », précise Didier Pierre, président de l’association. La Ville ayant obtenu de la part des services de l’Etat une dérogation lui permettant de relâcher les renards en forêt, il n’était plus question d’agir, pour l’association. « Le procédé est contraire à notre éthique », explique laconiquement Didier Pierre.

Une solution en interne avait finalement été trouvée, des agents de la Ville étant eux-mêmes piégeurs agréés. Les tergiversations humaines, cependant, ont laissé tout loisir aux renards de partir. D’autant plus que la période coïncidait avec celle de l’émancipation des jeunes. « En huit jours, aucun renard n’est venu visiter les cages posées par les piégeurs », rapportait, hier, le chef du service des espaces verts et de nature, Romuald Sutter.

Parions, cependant, que des renards issus de cette portée vont, un jour ou l’autre, pointer leur museau dans le secteur.

Ju.M. 17/08/2016

Publié dans Biodiversité

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Fred 21/08/2016 20:21

Bravo Jean Louis pour cet article...
La réaction de ce Didier Pierre est honteuse. Quelle éthique pose l'obligation de tuer? Je m'interroge...

Jean-Louis 19/08/2016 12:31

« Le procédé est contraire à notre éthique » ! Voilà qui, en quelques mots, résume parfaitement la « philosophie » de cette association (celle des « piégeurs agréés » !). Ben oui, quoi : s’ils doivent piéger et qu’on ne leur laisse même pas le plaisir d’occire les bestioles en question, ou va-t-on ?

Plus sérieusement : ne serait-il pas grand temps pour ces tristes sires d’évoluer quelque peu et de comprendre enfin que la biodiversité est un ensemble, un tout, et que la nature se passerait très bien de leur intervention mortifère ?

En effet, s’il est une espèce parfaitement anachronique dans ce bel ensemble constitué par les prédateurs et leurs proies, il s’agit bel et bien de ce bipède prétentieux qui s’imagine être indispensable et qui, de fait, ne constitue qu’une misérable verrue, un grain de sable aussi dommageable que superflu !

Satterroller 20/08/2016 18:20

Sur leur site ils proposent une "contre pétition" pour que le renard reste classé nuisible, les arguments sont d'une pauvreté indicible, on a le traditionnel argument les renards mangent les faons toussa toussa (une étude a démontré que le premier prédateur des faons de chevreuil est la moissonneuse batteuse, le renard n'étant souvent qu'un charognard)

Céline 19/08/2016 21:48

Bravo Jean-Louis, et merci d'être là pour eux. J'espère que ces p'tits loup sont bien planqués et le resteront. L'humain est vraiment trop nul.

J P 19/08/2016 17:13

Excellent ! Voilà qui est "dit" tout haut ce que l'on pense tout bas ...