Ni les éleveurs ni les consommateurs ne veulent voir l'horreur des abattoirs

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Dans un entretien à Libération, un ex-inspecteur des services vétérinaires évoque son expérience dans les abattoirs et dénonce la souffrance animale. Selon lui, "en France, on n'est toujours pas capables de tuer des animaux sans les faire souffrir".

Martial Albar préconise de "sectionner la moelle épinière" pour ne pas faire souffrir les animaux lors de l'abattage.

Martial Albar préconise de "sectionner la moelle épinière" pour ne pas faire souffrir les animaux lors de l'abattage.

Son témoignage est rare. Et il intervient après des scandales à répétition. Martial Albar, ex-inspecteur des services vétérinaires, raconte dans Libération, les coulisses de l'abattage des animaux dans l'hexagone. "En 2016, en France, on n'est toujours pas capables de tuer des animaux sans les faire souffrir", estime-t-il.

Selon lui, "ni les éleveurs ni les consommateurs ne veulent voir l'horreur, et au final, nous sommes tous complices de cette barbarie". Agneaux, cochons, bovins, Martial Albar donne de nombreux exemples d'animaux qui restent éveillés pendant qu'on les tue: "Dans tous les cas, la mort met du temps à venir". L'ex-inspecteur évoque notamment l'électronarcose. Dans le cadre de ce procédé au cours duquel deux pinces mécaniques sont appliquées sur les tempes, "rien ne prouve que l'animal ne ressent pas ce qui se passe ensuite". D'autant plus que "presque systématiquement, les animaux reprennent conscience avant d'être saignés car trop de temps s'est écoulé depuis le choc électrique".

"Sectionner la moelle épinière"

Pour éviter la souffrance des animaux, Martial Albar préconise de "sectionner la moelle épinière au niveau des premières vertèbres cervicales." L'avantage: "Cela entraînerait une insensibilité totale de l'animal et permettrait une mise à mort par saignée sans souffrance."

Depuis quelques mois, l'association L214 multiplie les vidéos chocs pour créer une prise de conscience. Après avoir mis en lumière des cas de maltraitance animale dans des abattoirs d'Alès, en octobre 2015, dans les Pays-de-la-Loire un mois plus tard, puis à nouveau dans le Gard, au Vigan, en février 2016, l'association a dévoilé à grand bruit les méthodes de l'abattoir de Mauléon, au Pays basque.

Par LEXPRESS.fr , publié le 17/05/2016

Publié dans Bidoche

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C
"Tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des guerres" disait Tolstoï ! Les atrocités qui se passent dans les abattoirs ne sont pas choses nouvelles, seul ceux qui ne veulent pas savoir ne savent pas ! Les abattoirs ont été créés à la fin du XIXème pour deux raisons : 1- pour des raisons sanitaires, car l'abattage par des particuliers commençait à poser de sérieux soucis d'hygiène dans les villes grandissantes et 2- parce que l'on estimait que le spectacle de tant de cruauté, de sang et de violence exposé à la vue des citadins ne pouvait qu'attiser la violence et la cruauté entre les humains... on a donc éloigné les lieux d'abattage des villes et érigé des murs pour qu'on ne voit pas ce qui s'y passe... On peut tourner la question comme on veut, il n'y a pas de viande "heureuse" ! Une seule solution pour sortir de la dissonance cognitive que représente la contradiction entre manger de la viande et de trouver insupportable la tuerie des animaux : cesser de manger des produits animaux. C'est simple et positif sur tous les plans...il suffit de bousculer un peu son confort quotidien. On y gagne tellement en joie intérieure et en plénitude que le jeu en vaut vraiment la chandelle...
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