L’envers du décor…

Publié le par Jean-Louis Schmitt

L’envers du décor…

« Mais moi…, j’aime les animaux !!!» C’est ce qu’a affirmé au GORNA le détenteur de deux jeunes chouettes hulottes qu’il avait récupérées, en septembre dernier, suite à « leur chute du nid »....

Récemment contrôlée par des agents de l'ONCFS pour détention illégale de perroquets et suite à la découverte de deux chouettes hulottes à son domicile, cette personne a été saisie et contrainte de déposer les oiseaux au centre de soins du GORNA (1).

Il fait actuellement l'objet de poursuites judiciaires...

Pour mémoire : la détention d'animaux sauvages est strictement interdite. Ces chouettes étaient enfermées dans un enclos grillagé de 2 mètres sur 4...

A leur arrivée au GORNA, les permanents n'ont pu que constater un véritable désastre : outre le plumage intégralement souillé par les fientes, toutes les rémiges étaient cassées à leur base et les extrémités des ailes avaient été "limées" par les frictions répétées contre le grillage. Dans le meilleur des cas, ces animaux ne pourront être relâchés qu'après plusieurs mois de soins et une nourriture adaptée, destinée à rééquilibrer leurs carences alimentaires.

Chaque printemps, trop de personnes -souvent bien intentionnées- pensent "sauver" de jeunes rapaces nocturnes alors que le fait d'intervenir est totalement injustifié : en effet, les chouettes et les hiboux sont semi-nidifuges et, donc, quittent prématurément leurs nids, ne sachant pas encore voler... Pour autant, ils ne sont pas abandonnés par leurs parents qui continuent à les nourrir et à veiller sur eux !

Rien ne justifie par conséquent de les prendre en charge si ce n'est une totale méconnaissance de la biologie de ces espèces ou, tout simplement et c'est hélas trop souvent le cas, un désir avide de possession d'un animal sauvage !

Comme chaque année, il faut rappeler qu'en cas de découverte de jeunes rapaces nocturnes au sol, il suffit de les replacer en hauteur, si possible dans un arbre, à l'abri d'éventuels prédateurs. En cas de doute : il vaut mieux contacter un centre de soins qui prodiguera les conseils nécessaires afin d'éviter une erreur irrémédiable.

N'oublions jamais que les animaux sauvages sont totalement indifférents à "l'amour" des hommes mais doivent pouvoir bénéficier des égards, du respect et de la liberté qui leur sont dus !

  1. GORNA (Groupement Ornithologique du Refuge Nord Alsace) - Maison Forestière du Loosthal - Route Départementale 134 - 67330 Neuwiller-Les-Saverne - Tél. 03 88 01 48 00 Fax 03 88 70 41 46 Courriel : faunesauvage@gorna.fr
Les deux hulottes lors de leur prise en charge au GORNA. Photos : Documents remis
Les deux hulottes lors de leur prise en charge au GORNA. Photos : Documents remis
Les deux hulottes lors de leur prise en charge au GORNA. Photos : Documents remis
Les deux hulottes lors de leur prise en charge au GORNA. Photos : Documents remis
Les deux hulottes lors de leur prise en charge au GORNA. Photos : Documents remis
Les deux hulottes lors de leur prise en charge au GORNA. Photos : Documents remis
Les deux hulottes lors de leur prise en charge au GORNA. Photos : Documents remis

Les deux hulottes lors de leur prise en charge au GORNA. Photos : Documents remis

Publié dans Centre de soins

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Denis 08/03/2016 16:15

« Mais moi, j’aime les animaux !» c’est ce qu’a affirmé le détenteur de deux jeunes chouettes ...
Malheureusement je suis presque certain qu'en disant cela le bonhomme était sincère.
Une fois de plus, et vous me pardonnerez de citer un proverbe : "l'enfer est pavé de bonnes intentions".
Qui de nous n'a jamais "craqué" devant "l'oisillon tombé du nid" ou la petite "boule de poils" errant sur la pelouse ?
Que celui qui n'a jamais été tenté de jouer alors les mamans de substitution me jette la première pierre.
Aujourd'hui, informé par de nombreux films et publications, sensibilisé dès l'école cela ne devrait plus se produire et pourtant... De même que chacun sait que nos "manifestations d'amour" n'ont aucun sens pour les animaux fussent-ils domestiques !
Embrasser un cheval sur les naseaux, se laisser lécher le visage par son chien alors qu'il utilise sa langue et sa truffe à d'autres fins… sont autant de manifestations de l'étrangeté des humains.
L'idée des milliards de bestioles épinglées sur des plaquettes de liège m'a toujours été insupportable ! Que dire quand le business s'en mêle, quand le trafic et le commerce fondés sur la privation de liberté d'animaux sauvages génèrent des milliards pour satisfaire des "collectionneurs" amateurs de vivant ?
De "preuve d'amour" je n'en connais qu'une: ne les enfermez pas !

Jean-Louis 08/03/2016 10:48

La « collectionnite » ne concerne pas que des objets : les animaux en font, hélas, aussi très souvent les frais ! Egalement nommé « le syndrome de Noé », cette maladie qui consiste à accumuler les animaux, fait en effet de nombreuses victimes chaque année !
Il y a ceux qui, de manière compulsive, sortent des animaux –souvent des chats ou des chiens- de la misère en très grand nombre : faute de pouvoir les assumer convenablement ensuite, les bêtes en question se retrouvent parfois dans des conditions bien pires encore que celles d’où elles ont été extraites… Ainsi, très récemment, la SVPA (Société Vosgienne de Protection des Animaux) a découvert 113 chats dans un appartement : la moitié –malade- a malheureusement dû être euthanasiée !
Les animaux sauvages, comme le montre le cas de ces deux chouettes hulottes prises en charge par le GORNA, n’échappent pas à ce syndrome ! Détenus dans des conditions qui, en dépit des dénégations des détenteurs, ne sont jamais bonnes car trop éloignées de la vie sauvage et libre que devrait être la leur, les bêtes ainsi maintenus en détention meurent fréquemment dans l’indifférence générale !
Heureusement, de temps en temps, un « petit miracle » se produit et des animaux sont sortis de l’enfer dans lequel on les maintenait… Ce n’est hélas que la partie visible de l’iceberg : le plus grand nombre de ces détentions illégales n’étant que trop rarement découvertes !
Puisse ces deux-là retrouver une existence certes semée d’embûches mais, libre ! Ce qu’elles n’auraient en fait jamais dû cesser d’être !