Le bio n'est pas juste pour les bobos : ce serait aussi efficace contre le cancer

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Manger bio n'est pas, comme on l'entend quelquefois, un truc de bobos qui se ruinent pour se donner bonne conscience. Apparemment, l'alimentation bio diminue le risque de contracter un cancer : c'est ce que laisse entendre une vaste étude épidémiologique menée par une équipe de l'Inra, publiée ce lundi 22 octobre dans la prestigieuse revue JAMA Internal Medicine

Fruits et légumes bio. Photo : JLS

Fruits et légumes bio. Photo : JLS

En se basant sur un échantillon de 68.946 individus, suivis pendant sept ans, entre 2009 et 2016, les chercheurs du centre de recherche Epidémiologie et Statistiques Sorbonne-Paris-Cité ont observé rien de moins qu'une diminution de 25% du risque de cancer chez les consommateurs "réguliers" d'aliments biologiques - comparés, bien entendu, aux consommateurs moins réguliers. Cette diminution du risque atteint même 34% pour les cancers du sein post-ménopause et 76% concernant les lymphomes (un type de cancer du sang). 

"C'est la première fois qu'une étude de cette ampleur aboutit à ces conclusions", explique le professeur de nutrition Serge Hercberg, président du Programme national nutrition santé (instance officielle promotrice du fameux "cinq fruits et légumes par jour) et directeur d'un équipe de l'Inserm.  

Ce travail de recherche a été mené dans le cadre de l'étude NutriNet-Santé, dont l'objectif est d'analyser les relations entre la nutrition et la santé. Elle s'intéresse notamment à l'impact de la consommation des aliments sur l'environnement et la santé des individus.

Cause à effet

Les produits bio seraient-ils donc protecteurs contre le cancer ? Les chercheurs restent prudents :  "Le lien de cause à effet ne [peut] être établi" sur la base de cette seule étude, préviennent les auteurs de ces travaux. Ces résultats devront être confirmés par d'"autres études épidémiologiques, réalisées sur d'autres populations d'étude, dans différents contextes". Il n'empêche que ces conclusions suggèrent qu'une alimentation riche en aliments bio pourrait contribuer à la prévention des cancers.

Plusieurs hypothèses sont ainsi mises en avant par l'équipe de chercheurs pour expliquer ces résultats. A commencer par "la présence de résidus de pesticides synthétiques beaucoup plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus d'une agriculture conventionnelle comparés aux aliments bio". Autre explication évoquée : les teneurs potentiellement plus élevées en certains micronutriments (antioxydants, vitamine C...) dans l'alimentation biologique.

Ces résultats ne sont guère surprenants : ils vont en effet dans le sens des recommandations du Haut conseil de santé publique (HCSP) émises en 2017 pour les futurs repères alimentaires du Programme national nutrition santé (PNNS). Elles visent à privilégier les aliments cultivés selon des modes de production diminuant l'exposition aux pesticides pour les fruits et légumes, les légumineuses et les produits céréaliers complets.

 

L’Obs/Sébastien Billard (22.10.2018)

 

Merci à Kti qui m’a transmis cette image qui tombe à pic…

 

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K
Manger bio le plus possible... pour essayer de se maintenir en bonne santé.<br /> L'image est bien trouvée.<br /> Bon mercredi
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J
Pas très étonnant en effet, on se doute sans grand effort intellectuel que manger bio est plus sain que le non bio mais soyons optimistes cela va dans le bon sens. Pour suivre, va t-on faire une étude pour savoir pourquoi le non bio est moins bon? (À lire sur le mode ironique) Il ne faut effectivement pas froisser la « haute autorité » de l’industrie agro-alimentaire …encore que parfois, mettre les pieds dans le plat en ferait peut être dégringoler quelques uns de leur montagne d’argent… non bio bien sûr!
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K
Certes les Industries, en tout genre, sont hyper puissantes.<br /> Les études scientifiques répondent à des normes mondiales: 1 seule étude ne permet pas une affirmation forte, elle doit être confirmée par d'autres.<br /> Donc là les chercheurs restent dans leur rôle de "bons scientifiques " ce qui me paraît indispensable, surtout sur des sujets sensibles, afin d'être considérés comme chercheurs et non comme militants.
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D
Certes tu as raison : accompagner le régime bio d'un régime végétarien ou végétalien permet de maîtriser le coût de l'alimentation , et bien sûr, plus il y aura de cultures biologiques et plus la diversité y gagnera<br /> Merci de ton développement
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B
Voilà un sujet à mettre directement en lien avec celui d’hier traitant de l’utilisation des pesticides à base de Métam-sodium : comment peut-on encore nier les effets sur la santé des consommateurs ? La réponse se trouve probablement dans la toute-puissance d’une industrie agroalimentaire dont le souci principal se décline en parts de marché et en bénéfices engrangés…
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F
"Le lien de cause à effet ne [peut] être établi" sur la base de cette seule étude, préviennent les auteurs de ces travaux…" voilà qui me fait doucement rigoler : comme s’il fallait sortir de Saint Cyr pour savoir qu’une alimentation faite essentiellement de produits issus de l’agriculture conventionnelle et donc bourrée de pesticides ne peut qu’engendrer que des effets nocifs pour la santé des consommateurs ! Le dire de manière aussi crue serait évidemment nuire à l’industrie agroalimentaire qui, rappelons-le, est très puissante et, rares sont les chercheurs à prendre le risque de se frotter à ces géants…
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D
oui j'avais vu cette information ; j'aurais tendance à penser que ce n'est pas le bio qui joue un rôle protecteur, mais le non-bio qui pourrait avoir une action cancérigène, et dans ce cas difficile d'y échapper totalement ; en tous cas, ça démontre l'aspect positif du bio, sauf pour le porte-monnaie ; la santé est donc affaire (aussi) de gros sous
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J
Bonne argumentation, en particulier sur la viande.
J
Certes Domi, le bio est effectivement plus cher que le conventionnel mais, il faut savoir ce que l’on veut : acheter et consommer des produits issus de l’industrie agro-alimentaire traditionnelle qui, par définition sont, d’une part, très polluant pour l’environnement et, ensuite, très logiquement, pour les organismes des consommateurs bien sûr aussi… <br /> On oublie souvent de dire d’autre part que, si l’on souhaite une alimentation saine et équilibré, il faut impérativement réduire sa consommation de viande (nous, nous l’avons totalement supprimé depuis plus de 30 ans…) et, autant que je sache, la viande n’est pas vraiment bon marché ! C’est donc autant de gagné… Et je n’aborde pas la question de l’éthique !<br /> Remplacer les protéines animales par des protéines végétales s’avère au final moins cher puisque la majorité des magasins bio proposent les légumineuses en vrac donc nettement moins onéreuses !<br /> Enfin, et c’est peut-être le plus important : manger bio c’est aussi un ‘’investissement’’ à long terme puisque lorsque l’on parle de coût, on ne prend en compte ni les effets sur la santé et les soins nécessaires qui s’avèrent d’un coût astronomique avec notamment le développement des cancers, ni ceux de l’impact sur l’environnement (dépollution des eaux et des sols, recyclage etc.)… <br /> Manger bio c’est donc, à mon sens, avant tout un état d’esprit !