Avec le CSA, protégeons le Ried noir…

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le Conservatoire des sites alsaciens (CSA) et des élus du conseil départemental se sont réunis, vendredi, pour dégager des axes de travail afin de protéger ce site naturel. Des chantiers de renaturation sont en cours pour développer les prairies.

François Steimer milite pour la protection du courlis cendré, oiseau symbole du Ried noir. Photo : DNA

François Steimer milite pour la protection du courlis cendré, oiseau symbole du Ried noir. Photo : DNA

Sous un soleil de plomb, Gilles Grunenwald, employé du Conservatoire des sites alsaciens (CSA), observe longuement une prairie aux abords de Herbsheim. Avec des élus du conseil départemental et des membres de la LPO, il vient inspecter les travaux de renaturation du Ried noir de la Zembs. Les acteurs locaux se sont réunis afin de dégager des axes de travail pour une meilleure gestion du site. Ils songent, à long terme, à le faire classer en espace naturel sensible.

De champs de maïs à prairie ouverte

Au bord de la prairie, un tracteur défriche une partie de la haie. « Cela laisse de la place aux plantes protégées comme la gentiane, l’iris de Sibérie ou le glaïeul des marais », explique l’expert. Zone classée Natura 2000, le Ried noir abrite une flore et une faune « exceptionnelles », renchérit Gilles Grunenwald. Il y a quinze ans, ce coin de verdure était un champ de maïs. Avec l’aide du Département et de l’agence de l’eau Rhin-Meuse, le CSA l’a reconverti en prairie ceinturée de roseaux et d’aulnes, où s’épanouissent rainettes, bruants des roseaux et troglodytes des marais. « C’est sec », s’inquiète toutefois Gilles Grunenwald. La canalisation du Rhin dans les années 1960 a privé les prairies de l’eau des crues et réduit le niveau des nappes phréatiques. Et en ce mois d’octobre, la terre, d’ordinaire humide, est dure comme du bois. À tel point que quelques fleurs d’espaces secs s’installent progressivement dans les prés. « C’est un peu surréaliste », commente-t-il.

Dégradations

« Protéger cet endroit est un combat de tous les jours », soupire François Steimer, retraité et bénévole à la Ligue de protection des oiseaux. Sur son tee-shirt, un courlis cendré, une espèce menacée en Alsace et symbole du Ried noir. La LPO en a recensé 25 couples dans toute la région en 2014 contre plus de 250 dans les années 1970.

François Steimer dénonce les dégradations causées par les moto-cross et les quads qui passent sur les prairies. Il a vu le Ried se réduire comme peau de chagrin à mesure que le maïs étendait son emprise sur l’Alsace. « Mais on a besoin des agriculteurs, martèle-t-il. D’ailleurs, aujourd’hui, c’est un agriculteur qui a réalisé les travaux de défrichement. »

François Steimer reste néanmoins enthousiaste. Un classement de la zone en espace naturel sensible rendrait le Département prioritaire en cas de vente d’une parcelle, ce qui faciliterait la protection de l’environnement. Ce n’est pas encore à l’ordre du jour, mais François Steimer l’espère de tout cœur. « C’est l’homme qui a rendu cet endroit si riche en biodiversité, c’est lui qui peut le protéger au mieux », conclut-il.

Quatre mares ont été creusées pour les amphibiens. Photo : DNA

Des mares creusées pour les amphibiens

Un peu plus loin, deux engins de chantier ont creusé des mares artificielles. « Elles serviront d’habitat pour les amphibiens menacés tels que le triton crêté ou le crapaud vert », explique Angélique Riegel, chargée de mission au CSA. Elles ont également un rôle de filtre à pesticides et de ressource d’eau pour le gibier, les oiseaux vivant dans les environs. Dans le Ried noir de la Zembs, quatre mares ont été creusées et deux réhabilitées. Ces travaux s’inscrivent dans un programme régional de préservation des mares soutenu par la Région Grand Est. En Alsace, une trentaine de mares doivent voir le jour cette année. C’est une entreprise de Herbsheim qui a réalisé ces travaux, pour un montant de 18 000 €. « Nous tenions à ce que les acteurs de l’économie locale soient impliqués », se félicite Angélique Riegel.

DNA/Thomas Porcheron (24/10/2018)

 

La gentiane fait partie des plantes que le CSA protège.  Photo : DNA

 

 

 

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K
Il faut protéger ces endroits !!<br /> Bon samedi
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J
On essaie mais, pour être efficace, il faudrait être (beaucoup) plus nombreux et, surtout, bénéficier de l’indispensable soutien des pouvoirs publics…
J
Dominique a raison. Bravo et merci à tous ces bénévoles, ces combattants.
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Z
Un beau projet auquel je souhaite protection et sauvegarde et une longue vie . Qu'il serve d'exemple aussi!
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D
votre région semble recéler des t*ésors naturels...et humains
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J
Assurément ! Mais, les ‘’vieux’’ militants s’usent aussi… D'ailleurs, n’es-tu pas bien placée pour le savoir ?
O
Merci à vous pour cet article qui me rappelle mes années alsaciennes ! J'espère que ces beaux espaces, plantes, oiseaux seront sauvegardés....
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J
A l'instar de François, des bénévoles veillent sur ces zones fragiles mais, l'agriculture intensive et ô combien ultra mécanisée avance toujours davantage et ne semble avoir aucune limite... C'est, au quotidien, le pot de terre contre le pot de fer...
J
On retrouve aujourd’hui François, non pas, comme à son habitude, avec Gill et une jolie carte postale qui nous fait découvrir un lieu proche ou lointain mais dans ce Ried qu’il affectionne tant et à la protection duquel il consacre une partie de son temps et de son énergie depuis si longtemps !<br /> Evoquer le Ried c’est évidemment évoquer également une autre figure emblématique de ces lieux précieux et tellement menacés : le Dr. Pierre Schmidt qui, outre son attachement indéfectible à ces zones humides, a passé une grande partie de sa vie à immortaliser la nature et les traditions de l'Alsace rurale. ‘’ Le Ried est le cœur de l'Alsace, ne le laissez pas perdre tout son sang…’’ disait-il notamment !<br /> Afin de faire connaître un peu mieux ces lieux mythiques, François animera une projection-conférence avec, justement, comme support un des films du Dr. Schmidt…<br /> C’est l’occasion aussi de saluer l’action du Conservatoire des Sites Alsaciens (CSA) pour la protection et la sauvegarde de nombre de sites fragiles de notre région !
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D
une bouffée d'oxygène et un combat de tous les instants
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