Toujours autant d’animaux à la ferme-usine des Mille vaches malgré la décision de justice

Publié le par Anton Kunin

Les opposants à la ferme-usine dite des ‘’Mille vaches’’ dans la Somme, ont une nouvelle fois manifesté à Abbeville, le 5 septembre 2020 : ils réclament le retour à 500 têtes de vaches, conformément à l’autorisation préfectorale qui avait été accordée à cette exploitation…

Les années passent, mais l’exploitation surnommée « ferme des Mille vaches », dans la Somme, s’obstine toujours à garder un cheptel bien supérieur par rapport à ce que la préfecture lui avait autorisé.

La taille du cheptel, pierre angulaire de la ferme-usine des « Mille vaches »

Comme chaque année à la rentrée, les opposants à la ferme-usine dite des « Mille vaches », dans la Somme, ont à nouveau défilé dans les rues d’Abbeville le 5 septembre 2020. Dans le cortège, il y avait notamment des représentants de la Confédération paysanne, d’Attac, d’EELV et des associations Novissen, L214 et Amis de la Terre. Ils réclament le fait que l’exploitation respecte la décision de justice de novembre 2019, qui l’oblige à ramener son cheptel à 500 têtes, contre les 800 qu’elle exploite actuellement.

La ferme-usine très controversée. Photo : NB80 /via Wikimédia

Si la taille du troupeau dans cette exploitation est un sujet si brûlant, c’est parce que dans ce dossier il y avait eu un cafouillage juridique. En 2015, alors qu’elle disposait déjà depuis 2013 d’une autorisation d’exploiter 500 vaches, la ferme-usine a déposé à la préfecture un dossier de demande d’agrandissement du cheptel à 880 vaches. Mais la préfecture n’a pas répondu dans le délai imparti – la ferme s’est donc prévalue de la règle du « silence vaut accord » et a acquis des vaches supplémentaires.

Ferme-usine des « Mille vaches » : le dossier est dans une impasse

En janvier 2016 puis une nouvelle fois en juin 2017, le Tribunal administratif d’Amiens a confirmé que la ferme avait raison de se prévaloir de ce principe, l’extension de l’exploitation était donc légale. Mais, en novembre 2019, coup de théâtre : la Cour administrative d’appel de Douai a annulé les décisions du Tribunal administratif d’Amiens, estimant que la ferme n’avait pas le droit d’agrandir le cheptel. La ferme doit donc verser 7.800 euros d’amende, auxquels s’ajoutent 780 euros d’astreinte par jour, tant que le troupeau ne sera pas revenu à 500 têtes.

À ce jour, l’exploitation doit déjà théoriquement plus de 200.000 euros au titre de ces astreintes. « Théoriquement » en effet, car selon l’association Novissen (Nos Villages Se Soucient de leur ENvironnement), qui rassemble les plus fervents opposants à la ferme, la préfecture n’exige que le paiement de l’amende elle-même, pas des astreintes.

« La préfecture nous a indiqué qu’elle n’avait pour l’instant demandé que le paiement de l’amende. Mais 7 800 euros, c’est peanuts pour eux ! On ne peut pas faire ainsi son marché dans les décisions de justice ! » s’indigne M. Chastagner, porte-parole de l’association Novissen, sur Reporterre. il fait d’ailleurs remarquer que les militants qui avaient participé à des actions contre la ferme-usine, se sont acquittés des amendes et sanctions (120 000 euros de dédommagement à l’exploitation) prononcées par la justice.

Si le dossier semble être dans une impasse, cette année, les militants comptent sur une circonstance pour les aider : Barbara Pompili, ancienne députée de la Somme et fervente opposante à la ferme-usine des « Mille vaches » depuis longtemps (étant députée, elle avait pris part aux manifestations de rentrée chaque année), est aujourd’hui ministre de la Transition écologique.

Choisira-t-elle de prendre position et peser de son poids dans ce dossier ? Affaire à suivre…

Anton Kunin/ConsoGloble (7 Sep 2020)

 

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Commenter cet article

Zoé 10/09/2020 16:03

Consternat ! mais un bel exemple des passe-droits dont bénéficient ces structures appuyées par les lobbys . Pompili ne fera rien , c'est la FNSEA qui commande!

Jean-Louis 09/09/2020 07:09

En ma qualité d'opposant historique à toutes ces structures privilégiant le gigantisme et donc les concentrations de plus en plus importantes d'animaux, je ne peux que dénoncer ces passe-droits insupportables ! Les militants ont dû, eux, s'acquitter rapidement des amendes et sanctions dont ils avaient écopé suite à des actions contre le projet ! La "ferme des 1000 vaches" quant à elle, ne se soucie guère des astreintes et, de toute évidence, elle a bien raison puisque la préfecture couvre ses agissements... Deux poids, deux mesures : rien de bien nouveau en fait !

Anne 08/09/2020 21:31

Chercher à qui ça profite: cette ferme doit employer beaucoup de salariés ( donc moins de chômage dans la circonscription), ces salariés doivent faire tourner l’économie locale, apporter des enfants à l’école etc...donc le politique local est content et donc les politiques ne bougent pas

Jean-Louis 09/09/2020 06:59

Je ne pense pas Anne que la "ferme des 1000 vaches" emploie beaucoup de salariés : ce point mérite néanmoins d'être étudié...
Tout à fait autre chose : pouvez-vous m'envoyer quelques photos de votre caméra à l'occasion ? Pour cela, envoyez-moi un message via le formulaire de contact (en haut à gauche, sous la photo) et je vous transmettrai mon E-mail en retour... Merci d'avance !

Béa kimcat 08/09/2020 16:47

Lamentable....

Mario 08/09/2020 16:39

Ne rêvez pas Pompili ne fera rien.
Depuis le début cette ferme est puissamment soutenue en sous main par les politiques d'où les tergiversations de la préfecture.