"Notre nature est complètement inondée" : les inquiétudes des chasseurs en Haute-Savoie avant l'ouverture de la saison

Publié le par Jean-Louis Schmitt

L'ouverture de la saison de chasse est fixée au 13 septembre dans les trois départements alpins. Une pratique menacée par la diminution de l'espace naturel, notamment en Haute-Savoie, selon les chasseurs…

L'ouverture de la saison de chasse est fixée au 13 septembre dans les trois départements alpins. Photo : Pascal Pochard-Casabianca/AFP

Les quelques 31 000 chasseurs d'Isère, Savoie et Haute-Savoie s'apprêtent eux aussi à faire leur rentrée. Dans les Alpes, la chasse va ouvrir dimanche 13 septembre. Un territoire où l'on chasse du petit gibier : le faisan, la caille, le blaireau ou le lapin de Garenne en plaine. Et en montagne, c'est plutôt le lièvre, la perdrix ou la marmotte. Mais la particularité de la chasse dans l'arc alpin, c'est la cohabitation entre chasseurs et promeneurs.

Trailers, randonneurs... Ils sont de plus en plus nombreux en altitude. La chasse, étendard de la ruralité, serait ainsi menacée par la diminution de l'espace naturel dans le département très touristique de la Haute-Savoie, selon ses pratiquants.

"Je pars presque en campagne pour faire en sorte qu'on ait plus de densification, même dans nos communes rurales, martèle André Mugnier, président de la fédération des chasseurs de Haute-Savoie, parce qu'on a un territoire qui se réduit chaque année avec une sur fréquentation des différents usages. Que ce soit la chasse, que ce soit les randonneurs, les vététistes... Notre nature est complètement inondée."

De plus en plus de loups

Plusieurs accidents de chasse ont ainsi marqué les esprits. En 2015, un jeune chasseur de 20 ans avait tué un randonneurdans le Semnoz. Trois ans plus tard, c'est un cycliste britannique qui est tué pendant une battue dans le Haut-Chablais. Aujourd'hui, la législation impose aux chasseurs une formation de sécurité, à renouveler tous les dix ans.

Autre dossier complexe pour les chasseurs : la présence du loup. Ils dénoncent l'explosion du nombre de meutes et d'attaques de troupeaux, rendant la vie des alpagistes des Bauges, du Chablais, du Faucigny, des Glières ou des Aravis de plus en plus compliquée.

André Mugnier pointe une "concentration (du prédateur) qui est très forte" dans les Alpes, regrettant "que lorsque le préfet donne une autorisation de prélever du loup, on ne (fasse) pas ces prélèvements". Si le nombre de chasseurs est en légère baisse en France, il reste stable en Haute-Savoie. Une fédération qui compte d'ailleurs de plus en plus de femmes.

France3 Auvergne-Rhône-Alpes (04.09.2020)

 

 

 

 

 

 

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Jacky T 12/09/2020 11:16

Bien partagé je suis.
Pêcheur, et dans les ruisseaux c'est la même problèmatique un peu. De plus en plus de baigneurs ruisseleurs qui détruisent par la même les frayères de poissons et la micro faune et flore.
Il en faut pour tout le monde alors le maitre mot serait partage, des lieux et du temps.

Zoé 11/09/2020 21:23

Ben quoi c'est vrai ça, qu'est-ce qu'ils fichent là tous ces non-chasseurs ? Si on peut plus zigouiller tranquille le lapin et la marmotte , où va ce monde! On rêve quand on entend des choses pareilles !!! Ma maman aurait dit "Vaut mieux entendre ça que d'être sourd "

Jpl 11/09/2020 19:33

Ils veulent commencer par chasser l’autre avant de chasser, c’est une addiction pathologique.

Jean-Louis 11/09/2020 16:13

Ils ont de l'humour les gars : il est vrai que, pour éviter d’éventuels accidents de chasse, il serait judicieux d’interdire l’espace à tout non porteur de fusil et ainsi on règle le problème crucial des empêcheurs de chasser peinard… Que, de surcroît, lesdits Nemrod soient hostiles au loup, n’est pas davantage surprenant : tout ce qui se nourrit de ‘’gibier’’ est, par définition, un concurrent à abattre urgemment ! Qu’on se le dise…

Mario 11/09/2020 12:23

Les chasseurs veulent tout l'espace pour eux tout seul 365 jours par an. Tant pis pour les autres. Ils se fichent bien des problèmes des bergers ce qui les embête ce sont les prélèvement des loups sur la faune.
Autant de bêtes qu'ils ne pourront pas tuer eux mêmes, toujours ce refus du partage.
Pour ce qui est de la ruralité plus de 60% des chasseurs sont des urbains (dont 40 % de cadres et professions libérales) alors l'image du pauvre chasseur campagnard c'est vraiment de la com.
Il suffit de regarder le type et la marque des véhicules à un rdv de chasse pour être fixé sur ce point.