Les vies de Valérie : la vie sauvage (1)

Publié le par Charlotte Perry

A 54 ans, Valérie habite dans un cabanon qu'elle retape au milieu de la forêt. Récit de la vie d'une femme libre et sans attache, qui, suite à la perte de son emploi, a fait le choix de vivre en parfaite autonomie, sans argent, ni aides sociales…

Valérie, devant le cabanon qu'elle retape au milieu de la forêt. Carcès (Var). Août 2020. © Radio France / Charlotte Perry (Cliquez pour agrandir)

Valérie, devant le cabanon qu'elle retape au milieu de la forêt. Carcès (Var). Août 2020. © Radio France / Charlotte Perry (Cliquez pour agrandir)

Il faut marcher une bonne demi-heure sur un sentier qui traverse la forêt le long du canal de Carcès, dans le Var, pour atteindre le cabanon où s'est installée Valérie, voici sept ans. Un cabanon construit à l'époque napoléonienne pour abriter les soldats et que son propriétaire n'a pas les moyens de rénover. Valérie a étayé la poutre maîtresse pour éviter qu'il ne s'effondre, remonté la cheminée et continue, petit à petit, à le retaper. Elle vit au rythme de la nature, cultive ses légumes, mange les fruits de la forêt (…). Le canal lui fournit de l'eau pour se laver, la forêt du bois pour cuisiner et se chauffer. Une vie un peu sauvage, mais qu'elle a choisi, lorsqu'elle a perdu son emploi dans une fonderie d'art à Paris.

Le cabanon que Valérie retape. Construits à l'époque napoléonienne pour abriter les soldats, ces cabanons en pierre sont laissés à l'abandon par leurs propriétaires et se délabrent. © Radio France / Charlotte Perry (Cliquez pour agrandir)

Le cabanon que Valérie retape. Construits à l'époque napoléonienne pour abriter les soldats, ces cabanons en pierre sont laissés à l'abandon par leurs propriétaires et se délabrent. © Radio France / Charlotte Perry (Cliquez pour agrandir)

« J'ai perdu mon boulot, je pensais aller jusqu'au bout et faire un parcours comme tout le monde. J'ai mis un an à m'en remettre.  Ce n'est pas moi qui aurais osé quitter mon travail pour vivre comme je vis à l'heure actuelle. Mais je suis plus heureuse maintenant que quand je travaillais. J'ai certes pas de voiture, j'ai certes pas de maison, je n’ai certes pas d'adresse, mais je suis libre… » Valérie

A l'intérieur du cabanon, Valérie a remonté la cheminée, étayé les poutres, et meublé avec des objets de récupération. © Radio France / Charlotte Perry (Cliquez pour agrandir)

A l'intérieur du cabanon, Valérie a remonté la cheminée, étayé les poutres, et meublé avec des objets de récupération. © Radio France / Charlotte Perry (Cliquez pour agrandir)

Et à Carcès, tout le monde connait Valérie. Avec sa charrette, elle récupère les objets dont les gens se débarrassent, aide les personnes âgées à s'occuper de leurs terrains, débroussaille la forêt, en échange d'un repas, d'une douche, ou d'autre chose. Une économie basée sur le troc et l'échange, à l'opposé des relations mercantiles qui régissent la société de consommation.

« Ce que je veux, c'est ne plus aller dans un magasin. Ne rien demander à personne, ni le social, ni l'Etat, ça c'est mon rêve. Un échange de bons procédés, comme dans le temps: "tu me donnes ça, je te donne ça". Et ça marche bien. » Valérie

Sur le chemin qui mène au cabanon, le long du canal de Carcès. © Radio France / Charlotte Perry (Cliquez pour agrandir)

Sur le chemin qui mène au cabanon, le long du canal de Carcès. © Radio France / Charlotte Perry (Cliquez pour agrandir)

Charlotte Perry/Des vies françaises*

 

*Sur France Inter, le samedi à 6h11

Pour écrire à Valérie, ou contacter l'émission, c'est par là: charlotte.perry@radiofrance.com

A suivre…

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Insolite

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Cléo 16/09/2020 01:19

C'est un choix de vie, mais je ne l'envie pas. Si elle est heureuse, c'est le principal! Bonne journée!

Anne 15/09/2020 22:45

Si vous regardez bien sa photo : elle sourit mais ses yeux pleurent...

Anne 15/09/2020 22:42

Je pense comme Zoé, Domi et Dominique et il me semble que Valérie cache sa grande détresse par une volonté affichée de vivre libre mais je ne peux m’empêcher d’avoir de la compassion pour elle et j’admire son courage et sa fierté. Comme Jacky le dit : il nous fait ouvrir les yeux pour détecter des cas semblables qui pourraient être près de nous et qui méritent notre aide.

Zoé 15/09/2020 11:35

Si Valérie a trouvé le bonheur comme ça, je lui souhaite aussi de pouvoir en profiter le plus longtemps possible. Mais avec l'âge , ou des ennuis de santé , ce mode de vie deviendra difficile.

domi 14/09/2020 16:25

difficile à commenter, elle est courageuse, mais ses conditions de vie ne sont pas enviables, la photo est parlante, et l'avenir ne me semble pas assuré...mais si elle a trouvé le bonheur, je lui souhaite qu'il dure!

Mario 14/09/2020 16:21

Une chose est sure elle a bien du courage !

Béa kimcat 14/09/2020 15:50

Admirable cette Valérie !
Elle semble heureuse et libre.

dominique 14/09/2020 15:37

On l'admire et on l'envierait presque pour ce mode de vie; mais il semble que ce soit une grande détresse sociale certes associée à un grand courage qui ait déclenché ce changement radical. Elle est jeune encore mais comment fera-t-elle quand la vieillesse amoindrira ses facultés ?

danièle 14/09/2020 13:26

Une vie libre, comme je l'envie !

Jacky 14/09/2020 10:00

Cet article nous interpelle. Ouvrons les yeux et le coeur si d'autres Valérie vivent près de nous.

Jean-Louis 14/09/2020 06:54

Ça a l’air facile de vivre ainsi, en marge de la société ! Ça n’est évidemment pas si simple que cela et, en l’occurrence, n’est pas un choix délibéré tout au moins au départ… Désormais, Valérie semble heureuse de sa ‘’vie libre’’ et faite de renoncements : comme d’autres, cette façon de vivre est parfaitement respectable…