La préfète de l'Oise autorise l'usage de la force pour disperser les attroupements hostiles à la chasse à courre

Publié le par Jean-Louis Schmitt

"L'emploi de la force après sommation" est désormais autorisé par la préfète de l'Oise pour disperser "tout attroupement" perturbant la chasse dans les forêts domaniales du département. Le collectif anti-vénerie AVA Picardie se mobilise quand même ce 26 septembre pour "tester le dispositif".

Par cet arrêté, la préfecture entend faire cesser les manifestations anti-chasse, ici en octobre 2017 où 450 personnes s'étaient réunies à Saint-Jean-des-Bois. Photo : Archives Le Courrier Picard

Alors que les relations entre opposants et partisans de la chasse à courre n'ont jamais si houleuses en France, la préfecture de l'Oise a décidé de durcir le ton. Ce 25 octobre, la préfète a pris un arrêté afin d'autoriser les forces de l'ordre à faire usage "de la force après sommations (...) afin de dissiper tout attroupement qui se constituerait dans les forêts domaniale de Compiègne, Ourscamp-Carlepont, Halatte, Laigue Chantilly et Ermenonville, les mercredis et samedis de 6 heures à 20 heures" pendant la saison de la chasse jusqu'au 31 mars. La préfecture est compétente sur les forêts citées car elles sont propriétés de l'État.

Les associations opposées à la pratique de la chasse sont clairement visées par le texte : celui-ci cite nommément le collectif Abolissons la vénerie aujourd'hui (AVA) qui, selon les mots de la préfète, "commettent des actes d'obstruction concertés aux chasses à courre afin d'y faire échec" et "s'en prennent aux chasseurs et aux chiens".

Les intéressés sont stupéfaits. "On a appris l'existence de cet arrêté totalement au hasard, en naviguant sur le site de la préfecture, signale Stanislas Broniszewski, fondateur d'AVA. Nous sommes clairement nommés, et pour des raisons fallacieuses : nous avons une charte qui interdit toute violence." La violence regrettée par la préfecture fait référence à l'agression d'un chasseur en décembre 2019 en forêt de Chantilly, acte où AVA n'a jamais été mis en cause.
 

Les militants anti-chasse à courre d'AVA en forêt de Compiègne, ce 26 septembre 2020. Photo : Marie-Charlotte Perrier/France Télévisions

Agir comme d'habitude

Malgré l'arrêté, les anti-chasse à courre comptent bien continuer leurs actions les mercredis et samedis. Ce 26 septembre, ils partent comme d'habitude à la recherche des équipages de vénerie à travers la forêt de Compiègne, dans le but de les surveiller.

"On ne change rien et ça nous permettra de tester le dispositif mis en place par la préfecture, confie le militant. On verra quels moyens ils ont déployés, on verra jusqu'où l'État est capable d'aller. On ne veut pas d'arrestations."

 

France3 Oise (26/09/2020)

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Chasse

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Commenter cet article

jean 29/09/2020 18:05

Je ne savais pas que l'on pouvait tester des lois ou des arrêtés,AVA prouve le contraire, en ne respectant pas la loi on est déjà coupable .Tout ceci va finir par un accident malheureux pour un test.

Béa kimcat 29/09/2020 16:57

C'est une honte !!!!!!!!!!!!!

danièle 29/09/2020 16:24

La Déclaration universelle des droits de l'animal proclamée à Paris le 15 octobre 1978 (10 articles) est ignorée par l'Etat, nos dirigeants... qui sont des lobbyistes ! Nous ne sommes plus dans la Démocratie. SIGNEZ le Référendum pour les Animaux et agissons pacifiquement pour un monde meilleur !

Zoé 29/09/2020 16:20

Quelle honte!
Toute ma reconnaissance aux militants d'AVA.

Anne 29/09/2020 14:20

Les manifestants pourraient porter des capuches noires : dans les manifs des gilets jaunes personne n’osait y toucher... bon je plaisante alors que c’est grave et oui comme Dominique j’espère que des mesures seront enfin prises. Il ne faudrait pas oublier non plus les chiens des chasseurs qui sont bien souvent gardés en chenil et ne sortent que pour la chasse et parfois tués quand ils deviennent trop vieux pour chasser. Et il y a aussi les chevaux de chasse à courre qui ne sont « entretenus » que pour la chasse ( pas de maréchal ferrant ni de véto si ils peuvent suivre la chasse).

dominique 29/09/2020 13:30

Oui une honte..mais elle est à contre courant car nous sommes très nombreux désormais pour la protection et le respect des animaux; la ministre semble en tenir compte (pourvu qu'elle tienne bon) et des avancées notoires sont prévues; mais aussi soyons plus nombreux à signer pour le référendum sur ce sujet ... la chasse à courre fait partie des revendications .

laramicelle 29/09/2020 12:16

c'est désolant ; utiliser la force contre des non violents , ça dépasse l'entendement

Berthon Jacqueline 29/09/2020 09:34

Quelle honte pour l'Etat de privilégier la tradition de la domination et de la cruauté sur des animaux sensibles et contre la sensibilité majoritaire de nos concitoyens.
Déni total de la démocratie, des promesses écologiques faites, des valeurs humaines de bonté, de compassion et de respect.
Quel monde la préfète nous propose-t-elle? Pouah!!!

Rabolio Insylve 29/09/2020 06:35

Faut pas se laisser faire !

Domi 29/09/2020 04:13

Il faut respecter la loi ; il faudrait donc la changer car la majorité est contre cette chasse d un autre temps

Mario 28/09/2020 21:08

Ce gouvernement se surpasse dans l'abjection. Tout cela pour que ses copains riches puissent s'amuser à torturer une bête à mort sans être dérangés par les manants.La vénerie est une horreur sans compter que les veneurs trichent en utilisant relais de chiens (transporté en voiture sur la route du cerf ) et tel. portables pour ne pas perdre la bête chassée. Ils appellent honneur et tradition ce qui n'est que boucherie en grande tenue et en plein air. Pitoyable mascarade ...

Jean-Louis 28/09/2020 20:33

Envoyer la cavalerie pour museler les opposants à la chasse à courre, il fallait oser ! La préfète de l'Oise l'a fait... Il y a des circonstances où il est primordial de désobéir, cette horreur de vénerie en est une et pas des moindres !