Éloge du vélo non-électrique

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Dans son numéro de septembre, l’Âge de Faire ouvre par un éditorial sur le vélo électrique ou, plus exactement sur celui encore dépourvu d’assistance électrique ! Un sujet qui fait forcément débat et c’est tout naturel…

https://lagedefaire-lejournal.fr/wp-content/uploads/2020/08/Mabel-Amber-web.jpg À bicyclette… Photo : L’Âge de Faire

On n’est pas là pour jouer les rabat-joie, alors, on ne va pas vous déprimer en énumérant les impacts écologiques de la fabrication des batteries électriques. On n’est pas là non plus pour semer la zizanie, alors, on ne s’étendra pas sur les bolides mal contrôlés qui rendent les pistes cyclables, en certains lieux et à certaines heures, impropres à la circulation des enfants.

On ne parlera pas non plus de l’esprit « toujours plus vite et toujours plus loin » qui pousse de plus en plus de personnes à passer du simple vélo à l’électrique. Non, non, non ! L’âge de faire est un journal « positif », qui se réjouit de voir des personnes laisser leur voiture au garage et prendre leur vélo électrique, sur des trajets trop longs pour être parcourus sans le coup de pouce de la batterie.

Mais quand même… Alors que les offices de tourisme élargissent leurs stocks de vélos à assistance pour répondre à l’engouement des vacanciers, et que les « start-up innovantes » préparent des vélos « encore plus connectés » (et toujours plus chers !) avec lesquels « vous pourrez discuter » (1), l’envie nous prend de reparler du plaisir de se propulser à la seule force du mollet, notre énergie transmise aux roues et démultipliée par le pédalier et les pignons. Ah, la bicyclette ! Quand elle a été inventée, au XIXe siècle, c’était une formidable innovation. Aujourd’hui, c’est un objet accessible à tous, que l’on peut garder et réparer soi-même toute une vie, à moindre coût. Va-t-elle devenir ringarde ? Les fans de « l’innovation » en sont convaincus. « Le vélo électrique, ce sera comme les smartphones : les prix vont baisser au fur et à mesure que la production augmentera. » (2)

Nous, ringard pour ringard, on ne résiste pas à l’envie de citer la fameuse chanson interprétée par Yves Montand, qui dit si bien le mélange d’effort et de liberté apporté par le simple fait de pédaler à vélo :

« On était tous amoureux d’elle / On se sentait pousser des ailes
À bicyclette
Sur les petits chemins de terre / On a souvent vécu l’enfer
Pour ne pas mettre pied à terre
Devant Paulette
Faut dire qu’elle y mettait du cœur / C’était la fille du facteur
À bicyclette
Et depuis qu’elle avait huit ans / Elle avait fait en le suivant
Tous les chemins environnants
À bicyclette »

À l’été 2013, l’Âge de Faire avait publié un dossier sur le voyage à vélo, émaillé de nombreux témoignages. Nicolas parlait du « plaisir de se déplacer à la force de ses jambes et de sa volonté ». Olivier nous disait : « Le vélo est une pause dans le temps. Cela me permet d’être cohérent avec mes idées, en me déplaçant sans brûler de carburant. »

Citons aussi Isabelle : « Sur cette machine qui décuple nos forces, on a un sentiment de vélocité, on est grisé par la vitesse. C’est un excellent remède contre les débuts de dépression. À la différence du marcheur qui s’enfonce dans la terre, le cycliste marche sur l’air, en équilibre, comme sur un nuage. »

Mais trêve de poésie : pour pouvoir pédaler plus nombreux chaque jour, il va falloir exiger des aménagements plus complets et plus larges pour les cyclistes. Partout en France, des collectifs défendent la place du vélo, en ville et à la campagne, et font des propositions aux pouvoirs publics. Des ateliers de réparation nous invitent aussi à devenir autonomes pour entretenir notre bicyclette. (3) Si vous êtes en manque d’idées pour la rentrée, ces associations ont certainement besoin d’aide !

Lisa Giachino/L’Âge de Faire n°154 (09.2020)

1 – D’après Christophe Barza, patron de Firthy one bikes, sur www.franceinter.fr, le 9 août 2020, dans Après le confinement, l’irrésistible ascension du vélo.
2 – Selon l’entrepreneur Claude Droussent dans le même article.
3 – Recensés sur le site www.fub.fr

 

 

 

 

 

 

 

Si vous avez apprécié cette publication,

partagez-là avec vos amis et connaissances !

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,

Abonnez-vous !

C’est simple et, naturellement, gratuit !

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Balades, Consommation, Energie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Zoé 12/09/2020 21:16

Article qui pose bien le sujet. J'ai atteint aussi l'âge où pédaler devient de plus en plus aléatoire et la maladie aidant , le goût de l'effort diminue aussi , alors ... qui sait ? mais cela ne m'apparaît pas comme une urgence , pour l'instant.

Béa kimcat 12/09/2020 17:14

Vive le vélo ! (sans électricité...)
Article intéressant...
Bon WE Jean-Louis

Claire 12/09/2020 16:21

Je n'avais pas réfléchi à la question mais, ce fort bon article suscite de justes interrogations tout comme d'ailleurs les divers commentaires ! Ainsi, je peux parfaitement comprendre que des personnes rencontrant certains problèmes puissent ainsi refaire du vélo grâce à l'assistance électrique ! En bref, il s'agit de ne pas faire de généralités et de se montrer compréhensif : chacun d'entre nous pouvant, un jour ou l'autre, se retrouver dans une situation similaire...

Anne 13/09/2020 16:20

Merci Claire: voici un esprit de tolérance qui fait plaisir à entendre dans ce monde où tout le monde se déchire pour ses idées. Tolérance et respect semblent bien des notions en voie de disparition :)

danièle 12/09/2020 15:20

Un vélo nature avec changement de vitesse est l'idéal pour se déplacer ou pour le loisir !
Pourquoi l'électricité toujours et partout : volets roulants, portail coulissant etc...
Si nous voulons sortir du nucléaire, faisons le choix d'une vie saine et tranquille !

Jean-Louis 12/09/2020 11:31

J’avoue avoir été tenté car mon état de santé me permet de moins en moins de faire du vélo : l’assistance électrique, pour l’avoir testé grâce à MonLuc, serait une alternative à ce problème et me permettrait de m’adonner à ce loisir que j’ai activement pratiqué ‘’avant’’… Je rejoins donc totalement les opinions et témoignages exprimées par JPL et JC ! Deux choses m’ont cependant freiné jusque-là : l’aspect écologique bien sûr en premier lieu (l’origine et le devenir des batteries, l’utilisation de l’électricité et donc du nucléaire…) et… le prix ! En effet, c’est une dépense que, pour le moment en tout cas, je ne peux me permettre car le coût d’un ‘’bon’’ VTT à assistance électrique reste important et n’est, de fait, pas à la portée de tout le monde !

Anne 12/09/2020 11:28

Bravo pour ce joli texte que j'approuve totalement.
Pour Jacky, JC et JPL je rappelle la phrase de ce texte "L’âge de faire est un journal « positif », qui se réjouit de voir des personnes laisser leur voiture au garage et prendre leur vélo électrique, sur des trajets trop longs pour être parcourus sans le coup de pouce de la batterie." donc pas de souci si l’assistance électrique est nécessaire. Pour ma part, je reste encore au mollet mais plus tard ... il faudra bien y songer sans doute. Pour ce qui est des motos, ne mettez pas non plus tout le monde dans le même sac : il existe des motards respectueux (surement plus à la campagne que dans les grandes villes) et pour faire de la vitesse, il y a les circuits qui permettent des journées bien encadrées ou le motard "Mr tout le monde" peut libérer les chevaux de sa machine en toute sécurité !

Anne 13/09/2020 16:16

Bien sûr Jacky ces motards bruyants devraient aller sur des circuits de vitesse (comme celui du Mans près de chez moi). Mais une bonne grosse moto dont le moteur ronronne (sans avoir besoin de le faire hurler pour avancer) montée par un motard pépère qui admire le paysage ne pollue pas plus qu’une voiture ou un camping car. Cela dit je vous l’accorde, ces motards bruyants et irrespectueux sont sans doute les plus nombreux hélas.

Jacky 12/09/2020 18:22

Vous avez tout à fait raison au sujet des motards respectueux. Les week-ends et vacances, nous avons un passage de centaines de motards dans notre bourg de moyenne montagne. Ils apprécient nos routes et leurs virages. La pollution sonore est infernale et continue. Il ne s'agit pas de stigmatiser les motards. Nous militons pour des machines moins bruyantes et des silencieux. Alors oui, ici, nous préférons tous des vélos électriques.

Jean-Louis 12/09/2020 11:34

Bonjour Anne, pouvez-vous s'il vous plaît, me contacter via le formulaire de contact (en haut de page, à gauche). Merci d'avance !

Dominique ARNAUD 12/09/2020 10:25

Vive le vélo sans moteur qui multiplie les performances
Du piéton par 4

Jacky 12/09/2020 09:01

Le commentaire de Jpl est très juste. Une nouvelle population de vétetistes électriques fréquente notre forêt et les sentiers pédestres . Ils sont moins respectueux de ces sentiers que les vétesistes classiques. Pourquoi ? moins d'efforts fournis, plus de monde? L'article interpelle sur un aménagement plus complet et large pour les cyclistes. N'oublions surtout pas les piétons. Et, il vaut mieux un vélo électrique qu'une moto.

JC 12/09/2020 08:44

Je suis d’accord pour utiliser de préférence le vélo moins polluant et excellent pour la santé. Avec bien sûr les aménagements associés : voies vertes et pistes cyclables. Avec une précision parce que le point de vue peut aussi évoluer avec l’âge et la santé. J’ai 76 ans, beaucoup pratiqué le vélo
mais pour remonter du bourg et du marché du samedi matin, je dois monter une côte à 14%. C’était un plaisir et un bon exercice mais un peu plus difficile chaque année surtout maintenant. Alors je me suis offert, il y a un mois, un VTT électrique qui me fait retrouver le plaisir du retour, des balades sur la voie verte jusqu’au Cap Fréhel ou plus près au Cap d’Erquy. Donc tout est question de point de vue et si ça peut prolonger un peu le plaisir pourquoi pas le VAE ?

Jpl 12/09/2020 08:30

Je ne suis pas là pour jouer les rabat joie… alors je ne vais pas vous déprimer ni pour semer la zizanie ni vous parler de l’esprit toujours plus vite et toujours plus loin qui pousse de nombreuses personnes à passer au vélo électrique…mais quand même, je vais vous parler d’une connaissance, une femme très âgée qui fait du vélo depuis son plus jeune âge et qui, maintenant trop diminuée physiquement pour pédaler à la force du mollet, s’est acheté un vélo électrique tout terrain et cher, oui cher, qui lui permet de continuer de sortir à vélo avec ses amis du club de cyclotourisme. L’électricité lui autorise même des sorties plus lointaines et surtout de conserver le moral.
Alors oui, c’est très bien de se déplacer en poussant sur les pédales, oui tant qu’on le peut mais il y a là malheureusement une date limite et toute la volonté possible n’y change rien. Vive donc le vélo électrique qui permet de continuer, bouger, se déplacer, ne pas déprimer devant la télé dans un fauteuil. C’est une assistance, une aide supplémentaire, un progrès.

Martine 12/09/2020 17:32

D'accord avec Jpl.
Bien que je sois sensible à la dimension écologique et que pour moi le tout électrique, sûrement non, je vais m'acheter un vélo électrique. Habitant en zone semi montagneuse et aimant le vélo (c'est comme ça que je t'ai rencontré Jean-Louis, il y a 40 ans, souviens-toi), je ne pourrai bientôt plus pédaler dans les montées. Question de vitesse ? Sûrement non ! Mais question de plaisir de se déplacer selon ses possibilités physiques et un peu plus loin que le pâté de maisons...