L'accroissement du nombre d'animaux d'élevage est un facteur de pandémie

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La croissance mondiale d'élevage de bétail menace la biodiversité et augmente les risques sanitaires pour les humains et les animaux domestiques. Ces liens sont au cœur d'une étude d'un chercheur de l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/IRD/EPHE) et du laboratoire Astre du Cirad publiée dans la revue Biological Conversation.

L'élevage intensif, qui implique un grand nombre d'animaux enfermés à l'intérieur et des densités très élevées, augmente forcément le risque de transmission des maladies parmi les animaux… Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

L'élevage intensif, qui implique un grand nombre d'animaux enfermés à l'intérieur et des densités très élevées, augmente forcément le risque de transmission des maladies parmi les animaux… Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

Au niveau mondial, les recherches montrent une augmentation de l'émergence de maladies infectieuses et d'épidémies, une perte accélérée de la biodiversité et une augmentation importante de la production d'animaux domestiques. Mais quel est le lien entre ces différentes manifestations ? Cette question résurgente suite à la crise du Covid-19 trouve une première vague de réponses grâce à une nouvelle étude en écologie des parasites. Son objectif ? Décrire les schémas globaux de la biodiversité et des maladies infectieuses dans l'espace et le temps.

Pour cela, le chercheur à l'origine de cette étude a croisé plusieurs bases de données ouvertes [1] sur les santés humaine et animale, l'augmentation du bétail et la perte de biodiversité. Une première analyse montre que le nombre d'épidémies répertoriées chez les humains dans chaque pays (16 994 épidémies pour 254 maladies infectieuses entre 1960 et 2019) augmente en corrélation avec la perte locale de biodiversité. L'émergence d'épidémies serait alors un marqueur inquiétant pour la conservation des espèces. Elle illustrerait ainsi les derniers soubresauts d'une biodiversité en extinction.

La relation entre le nombre d'espèces en danger et celui des épidémies augmente jusqu'à atteindre un pic avant de diminuer. Cependant, le risque épidémique ne diminue pas avec la disparition des espèces, il est au contraire relayé par l'augmentation du nombre de têtes de bétail. Ce deuxième résultat se confirme également dans une analyse temporelle (2006 – 2019) qui le place au cœur de risques sanitaires. En effet, l'accroissement du bétail sur l'ensemble de la planète impacte directement la faune sauvage et le nombre d'épidémies chez l'homme et l'animal domestique.

Cette étude invite à réfléchir à la place de l'animal d'élevage et de sa croissance dans le monde qui varie selon différents facteurs à travers les nations (démographie humaine, régimes alimentaires, etc.). Une nouvelle vision intégrant les valeurs culturelles associées aux animaux est donc nécessaire à la réflexion sur la place commune des animaux sauvages et domestiques pour diminuer les risques sanitaires et protéger la biodiversité. De futures réflexions seront notamment menées sur le rôle joué par le bétail en situation pandémique avec, d'une part, la demande en protéines végétales nécessaires à sa nourriture qui contribue à la diminution des aires d'animaux sauvages ; mais aussi sa place en tant que pont épidémiologique favorisant le passage des agents infectieux du monde animal à l'espèce humaine.

Notre Planète Info (25.07.2020)

Notes

  1. Global infectious diseases and epidemiology online network (GIDEON) pour les épidémies en santé humaine, Organisation mondiale de la santé animale pour les épidémies animales, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture pour les productions animales, et la Liste Rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour la biodiversité et le nombre d'espèces en danger.

 

 

 

 

 

 

 

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Commenter cet article

Anne 31/07/2020 17:23

Oui il faut bannir ces élevages industriels !
A propos de ce covid, avez-vous remarqué que c'est bien la première fois qu'un truc qui vient de chine dure aussi longtemps...
Je vérifie la provenance de tout ce que j'achète.

Anne 31/07/2020 10:59

les amis, je ne juge personne et mes propos n'ont pour but que de réfléchir. Je milite bien sûr comme vous contre la souffrance animale mais .. ça m'agace d'entendre "comment peut-on tuer cet agneau qui est si mignon" Ah bon donc si il était laid on pourrait ? Évidement non me répondrez-vous, mais alors, personne ne met de savon noir pour engluer les pucerons ? pas de talon rageur pour écraser la guêpe ou le frelon européen pourtant tous deux inoffensifs (si on les chasse gentiment, ils s'en vont) ? Même si je ne peux pas manger de viande, je pense que l'équilibre de la nature est "proie-prédateur" et le régime flexible est celui que je défends. L'homme est omnivore mais ce qui est horrible c'est qu'il mange bcp bcp trop de viande, entrainant donc les élevages industriels, les abattoirs débordés etc... J'aime L214 qui encourage le véganisme mais agit pour que les élevages et les abattoirs n'entrainent pas ces souffrances inutiles et que Mr et Mme Toutlemonde veillent à ce qui est dans le caddy ou mieux vont s'approvisionner au marché et à la ferme (cf "La ruche qui dit oui"). Amitiés à tous.

Zoé 30/07/2020 17:11

Que l'homme paie toute cette souffrance imposée aux animaux ne sera que justice! Dommage pour ceux qui ne cautionnent pas cette dérive!

Béa kimcat 30/07/2020 14:53

L'homme court à sa propre perte...
Pauvres animaux qui ne vivent plus dans des conditions normales ou naturelles.
Cela me désole...

dominique 30/07/2020 13:55

Je suis en plein accord avec ces commentaires . Les foyers de pandémie dans les grands abattoirs auraient dû alerter; les élevages industriels sont absurdement et cruellement hors nature; et oui la Planète est un monde fermé, elle ne peut déjà plus nourrir un nombre d'humains beaucoup trop gros pour elle..et le dire n'est pas de l'eugénisme, juste un constatation de bon sens...dans un monde complètement fou !!!
Oui les animaux paient pour nos crimes; si un vaccin sort de la pochette surprise des labos, personnellement je le refuserai , en grande partie car après avoir répandu les calamités par sa bêtise l'être humain se permet en plus de tester des remèdes sur les animaux innocents ! Immonde ! Le comble de l'Injustice !

Pascale Corbin 30/07/2020 13:24

Les commanditaires de tout cela, ce sont vous, les consommateurs de chair torturée.
Il y aura un retour de manivelle, il y en a déjà un dont on ne sait commentse débarrasser, et d'autres êtres sentients sont torturés par millions dans les labos pour essayer d'enrayer les conneries humaines. Pourquoi n'êtes-vous pas veganes ???

Claire 30/07/2020 11:58

Voilà qui semble une évidence... JPL mentionne un cas concret d'aberration dont je n'avais aucune idée ! Hélas, des cas de ce genre, il doit y en avoir beaucoup...

Jpl 30/07/2020 09:21

Dans un domaine proche, l’Afrique importe des poussins de poule en provenance d’Europe. Lors de l’épidémie de grippe aviaire, des cas ont ainsi été importés en Afrique, comme si des œufs de poules ne pouvaient éclore dans ce continent, du grand n’importe quoi, et qui coûte en plus cher en bilan carbone du transport par avion.
La nuisance de certains est extrême.

Jacky 30/07/2020 08:26

Une autre problématique est l'accroissement de la population mondiale. Nous étions 1,76 milliards en 1900, 7,55 milliards en 2017 et nous progressons de 90 millions par an (source Wikipedia ). C'est une menace pour la biodiversité et source de pandémie, d'inégalités.

Jean-Louis 30/07/2020 05:24

L'accroissement du nombre et surtout le confinement et, de manière globale, la manière dont les animaux destinés à l'alimentation sont élevés, ne peuvent que constituer un risque de transmission de pandémie... Mais, on préfère investir des milliards dans la recherche de vaccins plutôt que de remettre se système dément en question...