Après 20 ans passés dans un aquarium, une tortue parcourt le monde

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Yoshi, secourue il y a plus de 20 ans par un aquarium sud-africain, a finalement été relâchée dans l'océan. Aujourd'hui, elle parcourt l'océan Indien continuellement surveillée par ses sauveteurs.

Une tortue Caouanne (Caretta caretta).Photo : Ardea/Mary Evans/Sipa

Il y a deux ans, Yoshi, une tortue Caouanne (Caretta caretta) était relâchée après avoir passé plus de 20 ans dans les bassins du Two Oceans Aquarium au Cap en Afrique du Sud. Aujourd'hui encore, son périple qui l'a conduit jusqu'en Australie est scruté par les chercheurs.

De deux à 180 kilos

L'histoire de Yoshi commence en 1997 lorsqu'un navire de pêche japonais baignant au large de l'Afrique remonte à son bord une toute jeune tortue, blessée à la carapace et ne pesant que deux kilos. Après l'avoir surnommée Yoshitaro du nom de son cuisinier lui aussi de petite stature, le capitaine du navire décide de la confier au bon soin de l'aquarium Two Oceans. Après ce sauvetage réussi, l'établissement deviendra également un centre de soin pour tortues blessées.

Yoshi passera 20 ans au Cap, gagnant en masse (lors de sa remise à la mer, elle pesait 180 kilos). "À environ 25 ans, le personnel de l'aquarium savait qu'elle mûrissait et ses instincts de reproduction ont commencé à se manifester, rappelle le 28 février 2020 le Two Oceans Aquarium. Après de nombreuses recherches et discussions, il a été décidé qu'il serait dans son intérêt d'être libérée. Les 18 mois suivants ont été consacrés à la préparation de son retour dans l'océan, qui comprenait des exercices quotidiens pour augmenter sa condition physique". Elle a été relâchée en décembre 2017 et a parcouru 37.000 kilomètres depuis.

Partie de la pointe de l'Afrique, Yoshi est ensuite remontée vers la Namibie puis l'Angola avant de faire demi-tour. Elle a depuis traversé l'océan Indien, nageant environ 48 kilomètres par jour. Sa vitesse ralentit désormais alors qu'elle ne se trouve plus qu'à une soixantaine de kilomètres de l'Australie. Pourquoi ? Yoshi pourrait parfaitement retourner sur la plage qui l'a vue naître pour y pondre à son tour. L'Australie abrite des plages de nidification bien connues des spécialistes. La caouanne peut également envisager une halte pour se nourrir dans ces eaux.

 

 

Relâchée dans la nature, Yoshi reste malgré tout étroitement surveillée grâce à une balise placée sur sa carapace. Celle-ci étant en fin de vie, elle pourrait être remplacée par des spécialistes australiens qui ont déjà prévu d'aller à la rencontre de la tortue si celle-ci pose effectivement une nageoire sur une plage.

Actuellement, six des sept espèces de tortues marines sont considérées comme menacées ou gravement menacées, selon le WWF. La caouanne fait partie de celles-ci avec une population déjà vulnérable et pourtant en baisse. L'histoire de Yoshi, une réintroduction particulièrement réussie, est donc une véritable bouffée d'oxygène…

Anne-Sophie Tassart/Sciences & Avenir (12.03.2020)

 

 

 

 

 

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Commenter cet article

Zoé 25/04/2020 14:10

Ah ah ah! j'adore le commentaire de Pierre et Yoshi qui vient de ramasser la mise et la blonde se marre aussi!
Belle histoire !

kimcat 24/04/2020 18:53

Fabuleuse histoire de Yoshi qui me réjouit...
Bonne fin de semaine jean-Louis

Cléo 24/04/2020 16:26

Le commentaire de Pierre m'a fait bien rire! L'humour et les bonnes nouvelles sont toujours bienvenus! Bises et belle journée à Michèle et toi!

passiflore 24/04/2020 15:15

C'est une belle histoire !
Ce serait bien de pouvoir remettre une nouvelle balise à Yoshi,juste pour savoir comment elle vit sa vie de tortue, mais après tout l'essentiel pour elle c'est d’être libre!!

dom 24/04/2020 12:26

Fabuleux! Cela montre d'abord les fantastiques capacités d'un animal coupé tôt et depuis très longtemps de la vie naturelle de son espèce. J'espère que la balise pourra être changée pour pouvoir en apprendre encore plus sur ce cas tout à la fois sympathique dans la démarche envers cette tortue et intéressant...

Jacky 24/04/2020 07:58

J'avais visite un centre de soins de ces magnifiques tortues sur l'île de la réunion. L'histoire de Yoshi m' émeut beaucoup.

Jacky 24/04/2020 14:44

Allez, toute cette histoire n'est qu'un cap à passer.

osswald pierre 24/04/2020 14:08

Attention, je ne voudrais pas qu'il y ait de malentendu. Je dois rappeler que je suis moi aussi lié par un contrat et obligé de ce fait d'écrire deux ou trois bêtises par jour ici. Jean-Louis est très exigeant là-dessus. C'est pourquoi je ne lis les articles qu'après avoir répondu, c'est bien plus facile. Quant à Yoshi tout le monde le croit en Australie, en fait il s'est bien vite débarrassé de son bracelet électronique comme le font souvent les voyous libérés prématurément, ce que Yoshi n'est pas bien sûr. Yoshi est à Las Vegas actuellement assis à une table de poker, il a la main, un brelan et un verre de Bourbon dans l'autre. Et une jolie blonde pas loin. On ne peut pas lui reprocher de vouloir se détendre un peu après vingt ans de confinement au Cap. Nous sommes fatigués au bout de six semaines et nous n'avons plus de Bourbon.

Jacky 24/04/2020 13:11

Eh, tu nous fait du Pierre ( deux coups).

Jean-Louis 24/04/2020 11:29

Non, désolé Jacky, mais les z'émeux ça vit pas dans l'eau ! Faut réviser un peu mon garçon !

Jean-Louis 24/04/2020 05:30

Belle histoire que celle de Yoshi : il y a tant d'autres tortues victimes de tout un tas de saloperies que les humains dans leur grande insouciance -mais aussi indifférence...- laissent traîner partout (filets dérivants, plastiques...). Et puis, il y a toutes ces victimes de la pêche qui, comme Yoshi, se retrouvent pris dans les mailles des filets mais qui n'ont pas autant de chance qu'elle et meurent étouffées ou mortellement blessées...