Coronavirus : l'étrange marché de Wuhan vendait louveteaux, serpents et rats vivants

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le marché aux fruits de mer de la ville chinoise considérée comme l'épicentre de l'épidémie de coronavirus, pratiquait des ventes illégales d'animaux sauvages. D'après les premières recherches menées en Chine, le virus pourrait s'être transmis à l'homme via des serpents, des blaireaux ou des rats.

Le marché aux fruits de mer de Wuhan a été fermé par les autorités chinoises. Photo : © Noël Celis/AFP

Avant sa fermeture, des animaux exotiques vivants étaient vendus sur le marché aux fruits de mer de Wuhan. Ce marché chinois, considéré comme l'épicentre du mystérieux virus qui se propage en Chine (et désormais au Japon, en Corée du sud, en Thaïlande, à Taïwan et sur le continent américain), était une sorte de ménagerie où cohabitaient d'étranges espèces.

Des ventes illégales d'animaux sauvages s'y déroulaient, a reconnu mercredi le directeur du Centre national de contrôle et de prévention des maladies, Gao Fu, sans pouvoir dire si du gibier était bien à l'origine de l'épidémie. Le site a été fermé le mois dernier dès la découverte des premiers cas de maladie chez des commerçants du marché de cette métropole de 11 millions d'habitants. D'après les premières recherches menées en Chine, le virus pourrait s'être transmis à l'homme via des serpents, des blaireaux ou des rats.

L'épidémie de Sras venait de la civette

Bis repetita ? L'épidémie de SRAS, qui avait tué près de 650 personnes en Chine au début des années 2000, était partie de la civette, un petit mammifère proche de la martre que l'on trouvait couramment sur les marchés de Canton.

Archive de janvier 2004 : des officiers de police ont confisqué des cages contenant des civettes au marché de Guangzhou. Photo : AP/SIPA

En principe interdit de consommation, l'animal figure pourtant sur une liste de produits offerts à la vente par un des commerçants du marché de Wuhan. Cette liste de prix, relayée par le journaliste Muyi Xiao sur Twitter, montre que toutes sortes d'animaux sauvages sont proposés : paon, autruche, rat, renard, crocodile, louveteau, salamandre géante, porc-épic, serpent, âne, chien ou encore de la viande de chameau.

Source : Muyi Xiao

« Congelés et livrés à votre porte dès l'abattage », proclame la brochure, sans qu'il soit possible de vérifier lesquels de ces animaux étaient effectivement en stock sur le marché. Un quotidien pékinois, Beijing News, cite d'autres commerçants du marché selon lesquels ce commerce, baptisé « Gibier et animaux d'élevage pour les masses », vendait bien des gibiers sauvages jusqu'à la fermeture du site.

Symbole de distinction sociale

Les Chinois se vantent volontiers de manger « tout ce qui a quatre pattes sauf les tables, tout ce qui nage sauf les bateaux et tout ce qui vole sauf les avions » - y compris des espèces rares prisées pour leurs supposées vertus thérapeutiques. Des espèces rares ou protégées se retrouvent souvent en vente libre sur les marchés, même si les autorités assurent lutter contre les trafics et les spécialités culinaires illégales. L'application de la loi est manifestement laxiste dans les provinces friandes de saveurs exotiques.

Se nourrir de viandes sauvages fait partie des pratiques alimentaires ancestrales chinoises. « Cette tradition ancrée fait partie de la culture du Lingnan (la zone comprenant Canton et les provinces avoisinantes) » rapporte « Courrier International. Parmi les espèces les plus consommées à Canton, on trouve le varan, la salamandre géante de Chine, des serpents sauvages, des hiboux et le bruant auréole ». Symboles de « distinction sociale », ces mets sont vendus au prix fort. Le pangolin - mammifère le plus braconné au monde - se vend environ 500 yuans (60 euros) les 500 grammes. Pour un animal vivant, les prix doublent.

Remis en cause par les nouvelles générations

Ces pratiques sont cependant de plus en plus controversées et remises en question, notamment par les nouvelles générations habitant les métropoles. Des sauvetages de chiens sont organisés par des associations qui les soustraient à leurs ravisseurs sur le trajet de l'abattoir. Les images d'animaux sauvages vendus sur le marché de Wuhan ont d'ailleurs fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux chinois, où les internautes sont nombreux à réclamer plus de surveillance du commerce de la faune.

Cette gastronomie présente des risques pour la santé humaine, rappelle Christian Walzer, de l'association écologiste américaine Wildlife Conservation Society. Selon lui, 70 % des nouvelles maladies infectieuses proviennent d'animaux sauvages, et les marchés, qui présentent souvent des conditions d'hygiène douteuses, sont les endroits rêvés pour que les virus se transmettent à l'homme.

Leïla Marchand/Les Echos (23.01.2020)

 

 

 

 

 

Si vous avez apprécié cette publication,

partagez-là avec vos amis et connaissances !

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,

Abonnez-vous !

C’est simple et, naturellement, gratuit !

 

 

 

Publié dans Environnement, Point de vue

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Jean Louis Machy 02/02/2020 17:29

Sa devient grave cette maladie

Jpl 01/02/2020 18:31

J’attendais un peu avant d’intervenir, mais ce sont bien, comme lors de la précédente épidémie à corona virus, les chauves souris qui transmettent cette infection, pas même citées dans l’article ci dessus. Bon, ce n’est pas mieux, ni très grave mais certaines sources paraissent très incomplètes.

Jean-Louis 01/02/2020 21:22

Merci Jean-Paul ! En complément de ton commentaire, je viens de publier un article de France info : "Coronavirus : la consommation de chauve-souris à Wuhan est-elle à l'origine de l'épidémie en Chine ?" (http://natureiciailleurs.over-blog.com/2020/02/coronavirus-la-consommation-de-chauve-souris-a-wuhan-est-elle-a-l-origine-de-l-epidemie-en-chine.html )

Simone 01/02/2020 01:18

Le non respect de la vie associé à une hygiène déplorable !! La nature se rebiffe (enfin) même si l'on ne peut décemment souhaiter cette catastrophe ...Espérons que ces pays commencent à réagir !

Leroy 31/01/2020 23:06

Stop

Anita 31/01/2020 16:27

Red de dieren STOP met doden en die horror !!!!!!

Cole 31/01/2020 14:51

Les chinois ils bouffent n'importe quoi et ainsi qu'il a des,maladies transmissibles wt les chinois sont froids wt insensibles

Jean-Paul Bentz 31/01/2020 09:42

Il est aussi grand temps de revoir la médecine chinoise avec ses croyances primitives !.. J-P B

Claire 31/01/2020 07:32

Sans la moindre preuve quant à l'origine de ce fameux Coronavirus je ne peux m'empêcher de mettre en balance ces gigantesques élevages d'animaux en tous genres ainsi que ces "marchés" où l'on trouve tout et n'importe quoi, y compris des espèces en danger grave de disparition ! Tout cela ne peut que provoquer des épidémies de ce genre et, d'une certaine manière, nous indique peut-être les limites à ne pas dépasser ! Mais, l'homme dans sa folie trouvera-t-il la sagesse nécessaire pour ne pas aller trop loin ? Il serait intéressant de savoir ce que Confucius en aurait déduit…

kimcat 30/01/2020 18:36

Eh bien voilà le résultat...
Manger tout ce qui a 4 pattes... sauf les tables... Cela me laisse perplexe... Et m'attriste...
Merci Jean-Louis pour cet article...

osswald pierre 30/01/2020 16:15

Merci Jean-Louis pour cette intéressante rubrique gastronomique, je me demandais bêtement quoi cuisiner ce dimanche, grâce à toi j'ai maintenant la perspective de plats élégants, exotiques, raffinés. Et finalement 60€ pour 500g de pangolin pour le bourguignon ce n'est pas bon marché, mais ça reste abordable.

Zoé 30/01/2020 13:48

L'abominable exploitation animale qui se transforme en boomerang , quelque part il y a une logique .

domi 30/01/2020 12:52

de toutes manières on sait bien qu'il convient d'éviter de toucher aux animaux sauvages ; ainsi les précieuses chauves-souris peuvent être vecteurs de la rage, il faut donc les laisser tranquille...

Sylvie 30/01/2020 12:51

Et bien voilà à quoi ça mène le traffic illégal et les pratiques et tortures d'un autre temps des animaux !!!

dominique 30/01/2020 12:48

Ben voilà, Australie, Coronavirus etc : l'Humain commence à payer le prix de ses excès, de son manque de vision à long terme ou de son manque d'empathie pour les autres espèces !!!