Carnage derrière le grillage

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La chasse d’animaux prisonniers derrière des grillages est une pratique cruelle, non-éthique, écologiquement aberrante… et malgré tout légale en France. L’ASPAS a enquêté dans un parc situé en Nouvelle-Aquitaine et dévoile des pratiques sadiques et insupportables…

https://www.aspas-nature.org/wp-content/uploads/Sanglier-quad-ASPAS.jpgPhoto : ©ASPAS

Méconnue, la chasse d’animaux en captivité n’est pas anecdotique puisqu’elle concerne environ 1 300 parcs et enclos qui détiennent au total 50 000 à 100 000 animaux : cerfs, chevreuils, mouflons, daims, etc. La chasse peut y être une activité personnelle des propriétaires ou une activité commerciale : les propriétaires font payer à des chasseurs le droit de venir tuer des animaux.

Une traque conçue pour durer

Dans le parc commercial où l’ASPAS a enquêté, les chasseurs ne tirent jamais sur le sanglier la première fois qu’ils le voient. La traque peut durer aussi longtemps que voulu puisque l’animal ne peut pas s’échapper. L’objectif des chasseurs est de faire courir le sanglier le plus longtemps possible, poursuivi par les chiens, en le suivant en voitures et en quads avant de décider du moment de sa mise à mort. La traque dure plusieurs heures, parfois toute la journée.

Un enquêteur témoigne : « Comme ils [les chasseurs] sont sûrs de l’avoir [le sanglier], ils ne le tuent pas tout de suite. Il faut s’être amusé avec»

Les enquêteurs ont été choqués par l’intérêt que portent les chasseurs pour l’observation des sangliers en situation de détresse, usés par plusieurs heures de fuite, de résistance aux chiens et par des blessures. Pour ces chasseurs, voir un sanglier courir ou tenter de courir avec une patte brisée est source de réjouissance.

Une mise à mort ignoble

Une fois le sanglier acculé, il se fait souvent déchiqueter vivant par les chiens avant que les chasseurs arrivent pour le tuer. Les enquêteurs ont observé des sangliers dont l’arrière-train ou l’oreille avaient été dévorés.

Une fois sur deux, les chasseurs ne tuent pas le sanglier au fusil mais avec des épieux (longs poignards au bout de perches métalliques).

Quand des tirs ont lieu, ils sont souvent mal ajustés, laissant des animaux blessés. Un chasseur raconte qu’il avait revu un sanglier très amaigri après lui avoir tiré dans le groin une semaine plus tôt ; le sanglier ainsi blessé ne pouvait plus s’alimenter, ce qui faisait rire le chasseur…

Il arrive qu’un sanglier mortellement blessé ne soit pas retrouvé ni même recherché, ou que les chiens tuent un sanglier dans un fourré sans que les chasseurs en aient connaissance. Son agonie est alors très longue. Pour les chasseurs, c’est sans importance car le parc regorge d’autres sangliers sur lesquels se reporter.

Un parc d’attraction pour chasseurs

À l’intérieur des grillages, tout est organisé pour la chasse. Le parc accueille des groupes pour des chasses à la journée. Un réseau de routes et de pistes est tracé pour accéder aux différentes parcelles et aux nombreux miradors. La chasse se déroule essentiellement à bord des véhicules. Les chasseurs ne s’en éloignent que très peu.

Les sangliers sont nourris et se reproduisent en captivité. Les gestionnaires de parcs et enclos de chasse achètent aussi des sangliers dans d’autres élevages, en France ou à l’étranger. Ceci est légal.

D’un côté, ces sangliers dépendent des chasseurs qui les nourrissent et sont souvent très peu farouches. De l’autre, ils doivent fuir les chasseurs et les chiens pour tenter de survivre désespérément. Cette situation les soumet à un stress intense.

Des pratiques répandues en France

Les « parcs » et « enclos » diffèrent au sens réglementaire. Dans les premiers, la chasse est autorisée pendant la même période qu’à l’extérieur. Dans les seconds (moins hermétiques), elle est autorisée toute l’année. Dans les deux cas, il peut s’agir de chasse commerciale ou de chasse privée.

Les sangliers sont des animaux « gibier » les plus nombreux derrière ces grillages, devant les cerfs élaphes, les mouflons, les daims et les chevreuils. Il y a même des espèces dites « exotiques » comme les cerfs sikas, ce qui pose des problèmes écologiques lorsque ces animaux s’échappent car ils peuvent s’hybrider avec les cerfs élaphes à l’extérieur.

https://www.aspas-nature.org/wp-content/uploads/daine-CC0.jpgPhoto : ©ASPAS

Les évasions sont régulières, surtout s’agissant des sangliers. Comment est-il possible que leur élevage et leur importation pour la chasse en enclos soient encore autorisés, alors que les chasseurs disent avoir des difficultés à « réguler » les sangliers en liberté ?

SIGNEZ LA PÉTITION DE L’ASPAS

 

Vidéo : Carnage derrière le grillage : enquête exclusive dans un parc de chasse en France (2 :43)

 

 

 

 

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Publié dans Chasse

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Commenter cet article

Claire 17/09/2019 06:18

Voilà une pratique absolument révoltante qui ne grandit nullement ceux qui s'y adonnent... C'est stupéfiant de cruauté et de bêtise !
Merci de nous informer sur ce que la majorité d'entre nous n'imagine même pas.

Antoinette Pecheur 16/09/2019 22:21

MERCI DE NOUS LE FAIRE SAVOIR!

dominique 16/09/2019 22:11

Les mots sont forts ....mais c'est tout à fait ça

Jpl 16/09/2019 18:32

Ce sont des pratiques monstrueuses et fréquentées par des fous furieux incapables de gérer leurs angoisses, leur haine de l’autre, humain ou animal, incapables de se maîtriser et de canaliser leur stress autrement que par la violence pour se donner l’illusion que ce sont des hommes, ou des femmes, forts ou fortes, droits dans leurs bottes et dans l’affirmation de leur supériorité …bref, de pauvres déséquilibrés mais pas du bon côté, du côté haineux, puant, dégoulinants de cette crasse sadique qui les fait se croire invulnérables mais aussi trop stupides pour se rendre compte qu’ils constituent le bas fond de l’espèce.

kimcat 16/09/2019 16:15

Ignoble !!

Mario 16/09/2019 16:00

Et à coté de cela les chasseurs essaient de se faire passer pour des protecteurs attentifs à la sauvegarde de la biodiversité...
D'un autre coté aussi horrible que soient ces pratiques, ils vaut mieux que ces brutes ignares se défoulent en enclos qu'en pleine nature.

dominique 16/09/2019 14:16

Ca va trop loin, trop moche, je disais naguère ne pas comprendre les chasseurs maintenant oui, je les vomis et je les hais

domi 16/09/2019 13:45

tout ça est assez dégueulasse, pas en faveur de la vraie chasse ou de ce qui en subsiste...

osswald pierre 16/09/2019 13:35

Comme on le voit le chasseur en question est un écologiste convaincu, grand connaisseur de la biodiversité et des équilibres du milieu, soucieux du bien-être animal. Il a dépensé son argent à bon escient, il rentabilise son beau matériel illico, sans fatigues inutiles et est quasiment certain de ne pas rentrer bredouille et de subir les quolibets de madame. Que demander de plus, nous vivons une époque où l'efficacité prime, en voilà un bel exemple.

corbin 16/09/2019 13:34

Je n'ai plus RIEN à ajouter ! Je me contente de partager les articles de JL sur mon FB
Tout a déjà été dit...

Zoé 16/09/2019 13:08

Déjà la chasse et la corrida c'est dégueulasse , mais là c'est pire , c'est de la mise à mort sans aucun risque , juste la jouissance de faire souffrir : du sadisme à l'état pur. Ce sont de véritables pervers!

Patricia 16/09/2019 13:02

Je trouve ces gens ignobles

Jean-Louis 16/09/2019 12:09

Ceci pour compléter utilement la précédente publication... Il est toujours bon de savoir comment ça se passe réellement et, en l’occurrence, ce n'est pas joli-joli mais, ça, on pouvait parfaitement s'en douter !