Nucléaire : une association alerte sur une "contamination" radioactive de la Loire

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le 18 juin 2019, une "contamination" radioactive "anormalement élevée" de la Loire a été enregistrée à Saumur (Maine-et-Loire), en aval de cinq centrales nucléaires, a alerté une association.

La centrale nucléaire de Civaux, dans la Vienne en France, le 25 avril 2016. Photo : AFP/Archives (Guillaume Souvant)

La centrale nucléaire de Civaux, dans la Vienne en France, le 25 avril 2016. Photo : AFP/Archives (Guillaume Souvant)

L'association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (ACRO) a annoncé mardi 18 juin 2019 une "contamination" radioactive "anormalement élevée" de la Loire à Saumur (Maine-et-Loire), "en aval de cinq centrales nucléaires". La présence de tritium (hydrogène radioactif) y "est quasi systématique aussi bien dans le fleuve que dans les eaux de consommation. En janvier 2019, la concentration dans l’eau de la Loire a atteint 310 Bq/L (ndlr : becquerels par litre)", alerte le laboratoire basé à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen dans un communiqué commun avec le Réseau Sortir du nucléaire. "Est-ce dû à un incident ? Le collectif Loire Vienne Zéro Nucléaire et l'ACRO alertent les autorités et demandent une enquête pour déterminer l'origine de cette valeur exceptionnelle", ajoutent les associations.

"La centrale nucléaire de Civaux en est à l’origine"

Sur la Loire, "le tritium est présent sur près de 400 km, entre Dampierre-en-Burly et Nantes", ajoute l'ACRO dans son rapport d'analyse de prélèvements effectués de décembre 2017 à mai 2019. À Châtellerault, "sur la Vienne les eaux de la rivière et de consommation sont contaminées en tritium à chaque prélèvement mensuel depuis décembre dernier, jusqu'à 50 Bq/L. La centrale nucléaire de Civaux en est à l’origine", affirment-elles.

Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), "le code de la santé publique fixe une référence de qualité de 100 Bq/L pour le tritium, qui ne représente pas une limite sanitaire mais un seuil qui, lorsqu’il est dépassé, entraîne une investigation complémentaire pour caractériser la radioactivité de l'eau". Et l’Organisation Mondiale de la Santé recommande "une valeur guide de 10.000 Bq/L pour le tritium dans l’eau de boisson, à considérer en cas de consommation permanente de l’eau".

"Pas de risque pour l’environnement ni pour le public"

Selon l'Institut, bras technique du gendarme du nucléaire, les niveaux de tritium "habituellement observés" dans les eaux de surface sont, en dehors de toute source d’émission de tritium, de 1 Bq/L à quelques Bq/L. Cela monte à "de quelques Bq/L à plusieurs dizaines de Bq/L en aval des centrales nucléaires", et "de quelques dizaines à quelques centaines de Bq/L autour des certaines installations (centres CEA de Marcoule et Valduc, site Orano de la Hague)".

Interrogé par l'AFP sur l'étude de l'ACRO, le service de communication de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a répondu que le gendarme du nucléaire "mènera des investigations pour trouver l’origine de ce taux détecté" à Saumur et qu'il "réexaminera les registres mensuels des rejets des centrales de la région concernée". Mais "il n'y a pas de risque pour l’environnement ni pour le public", a assuré l'ASN.

Dans un rapport demandé par l'Association nationale des commissions locales d'information nucléaire, un scientifique du CNRS concluait en 2010 à une "sous-estimation" par "les instances de radioprotection" de "la toxicité" du tritium, seul radioélément dont les rejets autorisés augmentent en France. Par ailleurs "le manque de données" sur des "effets cancérogènes du tritium (...) est flagrant", selon ce rapport.

 

Sciences et Avenir avec AFP (19.06.2019)

 

 

 

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philippe grosjean 22/06/2019 11:42

Décidément, la France se révèle championne pour pratiquer la désinformation! Déjà, lors de" l'incident de Tchernobyl", il suffisait de fermer les fenêtres et rideaux pour que les ions radioactifs restent à l'extérieur de nos frontières... et surtout, ne pas ramasser les champignons dont le mycélium engrange quantité de "cochonneries" radioactives... pour information, lorsque je me suis rendu au Niger, en direction d'Abidjan, j'avais déjà été scandalisé par le fait que les conducteurs -blancs, au hasard, sortaient de leur cabine pressurisée (afin d'éviter toute pénétration de poussières radioactives dans la cabine), habillés d'une combinaison étanche à celles-ci, et laissaient les manœuvres autochtones-de couleur- rincer ces fameux camions pieds nus, en short, et sans aucune protection... mais ce n'était pas du racisme, bien sur... Rassurons-nous, ces mines ont été rachetées par la Chine et les conditions de travail des manœuvres ont sans doute totalement changées! Y compris d'ailleurs pour les populations locales qui pouvaient -gratuitement- bénéficier des poussières et des émanations...

kimcat 20/06/2019 18:27

De quoi s'inquiéter quoiqu'on en dise !!
Bonne soirée Jean-Louis

Zoé 20/06/2019 16:09

Puisqu'on vous dit que c'est sans risque , faut vraiment voir le mal partout pour ne pas y croire!

Observatoire du nucléaire 20/06/2019 15:54

En avril 2007, en accordant 10 ans à EDF pour construire l'EPR et le charger en combustible, le premier ministre Villepin pensait assurément avoir fait preuve de la plus grande prudence sachant qu'EDF prétendait construire le réacteur en seulement 4 ans et demi.
Or, de malfaçons et défectuosités, de fautes mineures en graves erreurs, le chantier a dépassé la date limite du 10 avril 2017. En catastrophe, et en faisant preuve de la plus grande complaisance pour EDF, le premier ministre Bernard Cazeneuve a publié le 24 mars 2017 un décret rectificatif se contentant de préciser qu’ « Au II de l'article 3 du décret du 10 avril 2007 susvisé, le mot : "dix" est remplacé par le mot : "treize". »
Un simple changement de mot pour accorder 3 ans de plus sans l'ombre d'une évaluation de la situation qui, pourtant, a considérablement évolué depuis 2007 : cuve de l'EPR défectueuse, catastrophe de Fukushima, forte augmentation du prix de l'électricité nucléaire, effondrement du coût des énergies renouvelables, situation financière d'EDF, etc.
Saisi par l'Observatoire du nucléaire et d'autres associations, le Conseil d'Etat a finalement consenti à valider en avril 2019 la prolongation de 3 ans de l'autorisation de création. Mais ce tour de passe-passe, déjà difficilement justifiable, semble improbable à rééditer, sauf si le Conseil d'Etat souhaite totalement se ridiculiser.
Après une nouvelle grave malfaçon (d'importantes soudures mal réalisées), l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), elle-même gravement ridiculisée par sa décision de validation de la cuve défectueuse de l'EPR, n'a pas eu d'autre choix que d'exiger la réparation de ces soudures, opération très complexe susceptible d'endommager le réacteur.
Persistant dans le déni de son incompétence, la direction d'EDF annonce simplement ce jour que la mise en service du réacteur aura lieu cette fois en 2023, tablant probablement sur un nouveau décret de convenance se contentant de remplacer le mot "treize" par "seize", ou "dix-sept", et pourquoi pas "vingt" ou même "trente" pour plus de précautions ?!
En réalité, il est encore plus injustifiable aujourd'hui qu'en 2017 de récompenser l'incompétence de l'industrie nucléaire en accordant à EDF la prolongation exigée : la situation de l'EPR dans le contexte énergétique et industriel a encore évolué. Plus que jamais, la conception de l'EPR, datant du début des années 90, en fait un dinosaure sans même qu'il ne soit terminé.
Il va désormais être intéressant de voir si l'ASN, le gouvernement et le conseil d'Etat vont continuer à se ridiculiser ou si l'une au moins de ces institutions va finir par prendre ses responsabilités et mettre fin à la fuite en avant d'EDF.
La moindre des choses serait d'imposer à EDF de refaire totalement la procédure de création (ce qui prendrait à nouveau des années), en tenant compte de l'importante évolution de la situation depuis 2007. Mais le plus raisonnable est de mettre enfin un terme à l'aventure de l'EPR de Flamanville.
Certes, il est déplorable que près de 12 milliards d'euros soient gaspillés en vain dans ce chantier, mais il est clair que cet argent sera tout aussi gaspillé si l'EPR est un jour mis en service, avec de graves conséquences possibles et probables : accident nucléaire, désastre financier, production de déchets radioactifs, réacteur irradié à démanteler (il est immensément moins problématique et cher de démanteler un réacteur qui n'a pas été mis en service). Affaire à suivre…

Jean-Louis 20/06/2019 15:55

Mais... tout va bien ! Puisqu'on vous le dit !

chantal33300 20/06/2019 15:45

je ne sais pas si on va s'en sortir un jour de tout ça !

Jean-Louis 20/06/2019 14:05

...mais, pas soucis braves gens : dormez tranquille, tout est sous contrôle ! Foi d'experts...