La Tricyclerie de Nantes

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La structure nantaise La Tricyclerie, qui valorise les déchets produits par les professionnels, vient de recevoir le prix de l’économie sociale et solidaire, catégorie Transition écologique…

Lancée fin 2015 par la Nantaise Coline Billon, la Tricyclerie valorise les déchets alimentaires d’une trentaine de restaurants et entreprises de Nantes. Photo : Charlotte Goislot

Écolo dans l’âme, adolescente, Coline Billon faisait la tournée de son quartier à vélo pour collecter les épluchures et les restes de cuisine de ses voisins et les composter. Quelques années plus tard, devenue ingénieure environnement, la jeune Nantaise a décidé d’en faire une véritable activité, à plus grande échelle, en lançant la Tricyclerie. Depuis fin 2015, avec les bénévoles de l’association qu’elle a fondée, Coline propose aux restaurants et aux entreprises de Nantes de récupérer leurs déchets organiques pour les valoriser. Cet « or noir », transformé dans les composteurs à proximité, est ensuite redistribué à des agriculteurs locaux, à l’école d’horticulture ou pour ensemencer des jardins partagés. « De l’assiette à la terre, la boucle est bouclée : les épluchures redeviennent de l’engrais pour faire pousser de nouveaux légumes », explique Valentine Vilboux, présidente de l’association.

50 % de la poubelle valorisée

Lancé en 2015 sur le quartier République avec un vélo-remorque acheté grâce à une campagne de financement participatif, un restaurant et quelques bénévoles engagés, la Tricyclerie a rapidement fait école. Elle compte aujourd’hui deux salariées à temps plein, une vingtaine de restaurants partenaires sur l’île de Nantes et le centre-ville ainsi que huit entreprises tertiaires qui lui confient leur marc de café et restes de thé. Avec ses deux vélos-remorques, dont un prêté par le collectif des Boîtes à vélo, Coline et son équipe récoltent plus d’une tonne de biodéchets chaque mois. « C’est déjà énorme, mais le gisement est beaucoup plus important ».

Les déchets organiques représentent 50 % des ordures ménagères des restaurants (un tiers pour les particuliers). « Nos partenaires sont soucieux de valoriser leurs déchets au lieu de les incinérer et de provoquer du gaz carbonique. Cela participe à une économie circulaire de proximité », ajoute Valentine. Depuis le 1er janvier 2016, la loi sur la transition énergétique impose le tri des bios déchets aux établissements qui en produisent plus de 10 tonnes par an.  En 2025, tous les restaurants seront concernés…

Les différentes étapes de travail de la tricyclerie. Photo : Charlotte Goislot

 

La Tricyclerie, 5, rue Pérelle, Nantes. Contact :  https://www.latricyclerie.fr/contact

 

 

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"Chaque demi-degré compte, chaque année compte, chaque choix compte. Si chacun n’agit pas, c’est tout le monde qui perd." Valérie Masson-Delmotte, experte du climat et coprésidente du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC)

 

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osswald pierre 02/04/2019 20:57

J 'aime beaucoup l'expression de compostage de proximité ou de voisinage, j'ai des idées sur le sujet, j'espère que cela durera au-delà du 14/03.

Michèle 31/03/2019 05:36

Un sujet d’actualité puisque du 30 mars au 14 avril ce sont les semaines du compostage de proximité : la "Tricyclerie de Nantes" est une parfaite et intelligente illustration de ce que nous pouvons faire pour réduire nos déchets ! Coline Billon, ses acolytes et leur vélo original, montrent une voie… Il y en a d’autres : à chacun de nous d’innover et de construire pour faire avancer le schmilblick ! N’attendons rien des autres et pas trop des autorités : soyons le changement !

Zoé 30/03/2019 17:26

Super initiative! A valoriser et imiter c'est sûr !

kimcat 30/03/2019 17:00

Grand bravo !!

JC 30/03/2019 16:12

Bravo pour cette initiative qui je l'espère sera suivie de beaucoup d'autres.

domi 30/03/2019 11:25

bonne idée, et à vélo, ce qui ne gâte rien ! Avant avec ces restes, cependant, on pouvait nourrir les cochons !!!

osswald pierre 30/03/2019 14:41

Avant c'est exact on pouvait nourrir le cochon. Depuis Meetoo c'est plus difficile. Les cochons sont plus nombreux, plus mal élevés, les tourteaux de soja OGM, les caillebotis, la promiscuité, les antibiotiques et tout ça. Ne méprisons pas le cochon par autant, en semi-liberté, avec des soins attentionnés , bien nourri, il mérite toute notre affection. Soutenons aussi cette belle aventure de compostage à tricycle puisque c'est le sujet. Toutes mes félicitations à ces jeunes personnes.

Jacky 30/03/2019 08:29

Bravo les filles. Question ; où sont les garçons ? Les pelles les attendent.

Jean-Louis 30/03/2019 06:19

Belle initiative en effet : partie de rien, c'est désormais toute une dynamique que se met en place autour de ce curieux et sympathique tricycle : comme quoi, la détermination et la volonté peuvent donner des ailes…

Aurélie 30/03/2019 05:58

Une initiative pleine de bon sens... qui, on peut l’espérer, se généralisera...
J’en avais entendu parler dans « carnets de campagne » sur inter, il y a quelques mois...
Merci pour cette bulle positive en début de week-end ! Bises, mes oiseaux.

Jean-Louis 30/03/2019 06:16

Bonjour Aurélie,
Tu fais bien de citer "Carnets de campagne de Philippe Bertrand (tous les jours de 12h30 à 12h45 sur France Inter) : une (petite) émission très positive qui m'inspire souvent tant les sujets abordés sont généralement une réelle bouffée d'oxygène ! Des émissions comme on aimerait qu'il y en ait davantage...
Belle journée à toi et aux tiens aussi !