Le petit aigle des campagnes

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Cette semaine, Julien et La Minute Nature de la Salamandre part observer les oiseaux dans la campagne. La buse variable, un magnifique petit rapace, vous y attend…

Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)
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Il n'y a pas qu'à la montagne que l'on peut voir des rapaces. La campagne est le lieu de vie d'un petit rapace toute l'année : la buse variable. Toute blanche ou toute sombre on peut en voir de toutes les variations. Découvrez le plus commun de nos rapaces dans la Minute Nature.

Vidéo : Petit aigle des campagnes (N° 119) 3 :46

 

La Buse variable

Comme son nom l'indique, la buse variable (buteo buteo), a le plumage très variable, généralement brun foncé avec le dessous tacheté de blanc mais les nuances sont infinies entre le noir et le blanc en passant par toutes les nuances de marron. L'œil est brun à brun-jaune. Elle est de stature compacte avec une tête rondelette et une queue assez courte.

En anglais, elle est « buzzard », attention donc aux confusions avec nos busards français (Saint- Martin, cendré ou des roseaux). En Allemagne, où elle est la buse des souris « mäusebussard » et en Espagne, où elle est la mangeuse de souris « ratonero », elle est plus facilement supportée.

Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

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La buse s'aperçoit généralement en vol, planant très haut au-dessus de la campagne, les ailes largement étendues, utilisant les courants d'air pour rester en l'air. On a plus de chance de l'apercevoir quand le temps est clair et chaud, à partir du milieu de la matinée. Comme chez d'autres rapaces, la population des buses est en augmentation, après une période de déclin due à l'emploi des pesticides. Ces dernières années, les buses ont commencé à quitter leur habitat traditionnel pour coloniser de nouvelles régions. En vol, elle émet souvent une sorte de « miaulement » (écouter ci-dessous). En migration, elle pratique souvent le vol à voile en groupes. Ses battements d'ailes sont relativement lents et son vol peu rapide. Elle est donc incapable de poursuivre un oiseau en vol, sauf sur une brève distance. La buse plane beaucoup, ailes et queue étalées, souvent entre 50 et 300-500 mètres de haut. Elle vole parfois sur place.

Cris de la buse

Elle niche en forêt et chasse surtout dans la campagne environnante. Le plus souvent, la buse variable chasse à l'affût, patiemment perchée sur un piquet de clôture, guettant la moindre souris ou campagnol, ses proies favorites. En hiver, on la voit plus souvent en bordure des routes : la neige y fond plus vite qu'ailleurs. Elle se nourrit volontiers des petits animaux victimes de la circulation. Elle chasse aussi en volant à 20-50 m de haut. Son terrain de chasse varie de 100 à 800 hectares. En hiver, elle peut attendre plusieurs heures jusqu'à ce qu'une proie passe à sa portée. Elle ouvre alors les ailes, tend les pattes et la tue avec ses serres, puis la dépèce avec le bec…

La protection légale des rapaces a très certainement contribué à la remontée des effectifs de Buses variables. Néanmoins, l’intensification des pratiques agricoles et la modification de l’utilisation des terres dans certaines régions pourraient, à terme, nuire à cette espèce. Les zones bocagères notamment, milieu de prédilection pour la buse, qui y montre ses plus fortes densités, sont en constant déclin. Cet appauvrissement a très probablement entraîné des baisses locales d’effectifs, malgré son potentiel d’adaptation. La capture et la destruction volontaire de cette espèce demeure également une importante cause de mortalité, comme l’attestent les reprises d’oiseaux bagués en Grande-Bretagne.

Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

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Commenter cet article

Mar 21/06/2020 13:40

Expliquez moi je vous prie, est une espèces d'aigles de petite taille au final? Ou une rapace qui n'en a rien à avoir? Je vois enormement de similitudes avec l'aigle

Jean-Louis 21/06/2020 20:39

Bonsoir,
Comparée à l'Aigle royal, la Buse variable de nos campagnes est un modeste rapace dont les proies sont, principalement, les petits rongeurs ! Nous ne sommes donc vraiment pas dans la même catégorie ! Cela dit, c'est un bel oiseau qui, malgré tout, mérite toute notre considération. Bien à vous...

kimcat 14/12/2018 13:49

Merci pour ce beau reportage sur la buse

Zoé 13/12/2018 10:55

J'aime ces petites sentinelles sur leurs poteaux! Enfant, j'en voyais beaucoup à la campagne après les labours d'automne et leur envol est un beau spectacle.

Jean-Louis 13/12/2018 11:44

Ici, lors des labours, ce sont surtout les milans (noirs et royaux) qui suivent attentivement les évolutions des engins agricoles ! Les buses sont généralement davantage perchées sur des postes d'affût, telles des sentinelles comme tu le dis !

domi 13/12/2018 10:40

j'ai toujours du mal à distinguer les rapaces mais cette série nous y aide

Jean-Louis 13/12/2018 11:40

Ce n'est pas toujours évident tant, effectivement, le plumage de la buse variable est... variable ! Des fois, on a vraiment l'impression d'avoir affaire à un tout autre oiseau ! Ravi donc de pouvoir contribuer à une identification peut-être un peu moins aléatoire !

Jpl 13/12/2018 08:46

J’adore cet oiseau effectivement assez fréquent aussi chez nous, j’ai eu l’immense chance cette année de partager avec deux d’entre elles un vol en planeur radiocommandé. Sans doute intéressées par ce curieux volatile, elles sont restées 5 bonnes minutes dans la même aire puis, sans un battement d’aile, ont pris en quelques minutes une altitude impressionnante …sûr qu’elles sont faites pour cela, magnifique rapace! Et bravo pour la précision des photos !

Jean-Louis 13/12/2018 11:42

Merci pour ton commentaire JP ! Cela a effectivement dû être une très belle expérience ! Tu as dû aussi te régaler côté photos...

Jacky 13/12/2018 08:38

Cet article sur un rapace de nos régions est passionnant. C'est important que chacun connaisse la nature qui se trouve sur son pas de porte.

Jean-Louis 13/12/2018 05:54

Quoique relativement farouche –elle s’envole au moindre ‘’danger’’- voilà un beau rapace que tout le monde ou presque connait ne serait-ce que pour son habitude de se percher sur des piquets en bordure des routes… Elle y guette évidemment d’éventuelles victimes potentielles des voitures… et périt souvent ainsi, heurtée à son tour par un de ces monstres ! Parfois, elles sont posées à quelques mètres seulement de la route, imperturbables… Il suffit toutefois de les regarder ou simplement de ralentir l’allure pour qu’elles s’envolent aussitôt ! Chez nous, les buses sont encore relativement communes, surtout en hiver où les populations autochtones sont rejointes par des individus migrants des pays nordiques : le spectacle d’un petit groupe s’élevant dans les airs, au profit de courants chauds, sans le moindre battement d’aile, constitue un spectacle réellement magique et magnifique !

Jean-Louis 13/12/2018 11:37

Bonne réaction de ta part ! Dans le même ordre d'idée : je m'arrête (chaque fois que c'est possible bien sûr) pour mettre de côté les cadavres d'animaux heurtés par les voitures ! Il arrive en effet souvent qu'un second animal -un éboueur, oiseau ou mammifère...- se fasse à son tour écraser en voulant se nourrir de la première victime...

domi 13/12/2018 10:43

oui Jean-Louis la voiture est grande meurtrière et pas seulement de rapaces
Je me souviens,à vélo, m'être arrêté pour faire fuir une chouette peu farouche sur la chaussée dans un virage : la première voiture aurait été pour elle !