Une relation unique

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Pour Isabelle, le lien est fusionnel. Pour Gaëlle, magique. Pour Alain, c’est compliqué.

Illustration : Patrice Seiler

Carole a adopté deux petits chiens en même temps dans un refuge, elle est comblée par leur gentillesse et leur dynamisme et se dit pleinement heureuse grâce à eux. Alain, son mari, grince des dents : pour lui ce sont surtout des contraintes et une privation de ses libertés : impossible de partir en week-end sur un coup de tête ou de sortir le soir après la journée de travail, il faut d’abord s’occuper des animaux. Mais Carole n’en a cure : les avantages de la cohabitation sont largement supérieurs aux inconvénients. Et elle se plaît à rappeler qu’au moindre éternuement canin, son Alain prend une journée de congés pour courir chez le vétérinaire avec le supposé malade alors qu’elle aurait attendu quelques heures supplémentaires pour voir la situation évoluer.

Des contraintes, certes, mais tant de joies en même temps

Florie ne pourrait pas vivre sans ses animaux, malgré les imprévus et un quotidien parfois compliqué. Comme tant de propriétaires, elle prend en compte les engagements qui sont les siens et s’organise, tous les jours, pour combler les besoins sociaux, biologiques ou comportementaux des êtres vivants dont elle a la charge.

Chaque honnête gardien reconnaît qu’il y a des tâches quotidiennes, que la relation à l’autre ne va pas sans contraintes mais affirme dans le même temps tenir coûte que coûte à la présence animale et à cette osmose devenue indispensable une fois que l’on y a goûté.

Les innombrables apports du meilleur ami de l’homme, l’affection offerte et reçue sans compter, l’amour distribué de manière inconditionnelle sont devenus irremplaçables. Amandine et son chiot dans les bras ne diraient pas le contraire, ils sont déjà mutuellement dépendants après 24 heures de vie commune.

Réciprocité indispensable

Ne perdons pas de vue que si nous profitons de tant de gains à cohabiter avec notre animal, les avantages se doivent d’être symétriques. Faute de quoi le lien est unilatéral et l’animal reste dans son statut d’aidant (ami, confident, thérapeute, prothèse affective, enfant ou conjoint de substitution…), sans en avoir les bénéfices.

Nous ne sommes plus là dans un équilibre mutuel mais dans une situation d’assujettissement, le plaisir de l’un se fait au détriment de l’autre. Il en va de même pour la situation où c’est l’humain qui se sacrifie, par choix ou par nécessité, et la liaison devient dysfonctionnelle.

Le point de vue du chien

Nous l’avons bien compris, chaque propriétaire a créé une entente unique avec son animal, qualifiée selon son ressenti de manière objective, démesurément embellie ou abusivement négative.

Il nous reste à interroger le chien sur son propre point de vue.

Que dirait-il avait la parole ? Il nous faudrait l’interroger sur les marques d’affection que nous lui offrons en toute sincérité (le comblent-elles vraiment ?), le nombre et la nature des promenades offertes (lui suffisent-elles ?), les rencontres avec les congénères, la nourriture distribuée, les occupations fournies.

En ce dimanche matin, j’invite chaque lecteur à se poser cette question : comment votre animal de compagnie qualifierait-il la relation que vous avez nouée ?

DNA/

DNA/Laurence Bruder Sergent (05/11/2017)

Publié dans Animaux

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Gomez Victoria - Lynn 05/11/2017 12:20

coucou je n'ai pas de chien mais des chats que j'adore, et ils doivent être heureux avec nous sinon ils partiraient :)