Un monde sans chasse… c’est la nature qui revit !

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le Collectif du 21 Septembre s’insurge contre la nouvelle affiche des chasseurs et vous propose de diffuser au maximum cette affiche contradictoire qui s’oppose à la propagande mensongère et éhontée des porteurs de fusil.

 

Encore la chasse !
 

J’ai trop écrit sur le loisir de mort sans répugner à m’interroger sur ce qui déterminent des humains, mes semblables en apparence, à jouir de traquer, mutiler, tuer des êtres sensibles. L’actualité m’y contraint…

Faire de la mort d’un animal une récréation va à l’encontre de ce que je ressens, à savoir que la dignité humaine tient à la capacité d’empathie. Bien sûr, le sadisme existe au titre des perversions et il consiste justement à tirer du plaisir du mal qu’on occasionne à autrui, mais il relève d’une pathologie de la conscience et je considère celui qui donna son nom à cette perversion, le marquis de SADE, comme un criminel dérangé et nullement comme un généreux libérateur des mœurs, un émancipateur du seul érotisme qui vaille : celui de l’échange du plaisir et non de la douleur. Lisez, si vous l’osez, « La philosophie dans le boudoir » et vous serez édifiés si la nature du marquis criminel.

Or la chasse, loisir encore banal dans nos campagnes, activité flattée par les démagogues politiciens, n’est qu’une manifestation de pur sadisme, un passe-temps visant à envoyer du plomb et des balles dans des chairs. La persistance de ce loisir révèle une faille tectonique entre le progrès rapide des sciences et techniques et les avancées indéniables mais trop lentes de la conscience et de l’éthique.

Le nombre des chasseurs diminue partout dans le monde, y compris en France où il passa de deux millions cinq cent mille en 1975 à moins d’un million aujourd’hui. Mais durant plus de la moitié de l’année, nos bois et landes deviennent des champs de batailles sans honneur où des hommes repus trompent l’ennui de leurs dimanches en traquant de pauvres animaux, par ailleurs condamnés par l’empoisonnement et l’artificialisation de l’espace naguère naturel.

Le procès de la chasse pourrait comporter, en acte d’accusation, les humains blessés, tués presque chaque dimanche par armes à feu, ainsi que la mort de la biodiversité, la disparition des prédateurs naturels, les déséquilibres d’une faune devenue « gibier », les pseudo-proliférations du cheptel cynégétique, l’insécurité pour les randonneurs. Un monde sans chasse bénéficierait de plus de douceur, de quiétude, d’une biodiversité restaurée qui se porterait tellement mieux sans cette guerre d’extermination alimentée par des lâchers d’animaux de tirs et par des élevages en milieu ouvert de deux ou trois espèces prisées par le chasseur pour garnir son stand de tir.

Mais tout ceci n’est rien à côté de ce que trahit la présence d’un tel loisir au sein de nos sociétés. Aussi longtemps que l’homme aimera tuer, caressera avec amour une arme, jouera à la guerre, il sera en grand danger, car ces pulsions violentes, cruelles, oublieuse de la plus élémentaire empathie envers le vivant, préparent à tous les crimes. Abolir la chasse/loisir, ce n’est pas que préserver la nature, respecter l’animal, c’est récuser une violence, une brutalité, un goût de la tuerie, manifestations sinistres du mal absolu.

A l’opposé du sadisme, je souhaite à l’humanité de l’hédonisme altruiste, de la bienveillance, du souci d’occasionner à toute altérité ce qu’il y a de meilleur. Certes, les bons sentiments ne suffiront pas à faire reculer la souffrance et la mort, mais il est certain que les mauvais ajouteront toujours du malheur. Dans les rapports humains, amicaux, amoureux, professionnels et de la vie quotidienne, ne soyons pas des chasseurs, prédateurs, dominateurs, arrogants.

À l’inverse, soyons dispensateurs de bienveillance, de plaisir, de douceur. Que le propre de l’homme devienne ce souci de retrancher tout ce qui génère douleur, souffrance, détresse. Ce débat éthique n’effleure pas une presse débile qui relate le fait cynégétique en ignorant l’essentiel et en recopiant la propagande indigente d’un lobby chasse pourvu de moyens financiers colossaux, d’organisations corporatistes héritées du gouvernement de Vichy (voir l’ordonnance Pétain publiée au JO de l’État Français du 30 juillet 1941).

L’actuel pouvoir envisage d’octroyer à l’office national de la chasse et de la faune sauvage, établissement public contrôlé par les chasseurs, une rallonge financière. L’article 54 du projet de loi de finance pour 2018 impose aux agences de l’eau une contribution de l’ordre de trente millions d’Euros pour cet office. La cour des comptes a déjà, dans ses précédents rapports, dénoncé les abus de l’argent de la chasse. Le jour viendra bientôt où les hommes auront honte de ce que leurs prédécesseurs firent aux animaux sauvages. Pour pallier le rejet du loisir de mort par les nouvelles générations, le lobby chasse est réduit à offrir gratuitement le permis de chasser aux jeunes. Lorsqu’ils seront moins de cinq cent mille, dans une dizaine d’années, leur surplus d’argent leur permettra de les payer pour qu’ils s’avilissent en tueurs agréés.

Gérard CHAROLLOIS

 

Publié dans Initiative, Chasse

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domi 14/11/2017 16:55

Ce problème de la chasse a besoin d'une vraie réflexion écologique

Stef 14/11/2017 10:06

L'utilisation d'arguments émotionnels qui pose des vérités sur les autres (sans être à leur place) me semble totalement discréditer ces propos. En tout cas je me demande si le chasseur de l'affiche a réussi à tuer le petit garçon...

manou 14/11/2017 08:50

Je suis totalement contre la chasse et d'ailleurs j'ai signé une pétition récemment contre la chasse à courre que je trouve encore le cran au-dessus en matière de sadisme...Mais je reconnais que lorsque je vois en Provence, les sangliers saccager les vignes ou les cultures que les agriculteurs ont soigné toute l'année parce qu'ils prolifèrent, je ne peux m'empêcher de penser que nous payons un déséquilibre de la nature qui n'a plus rien de naturel. Alors que faire car s'il n'y a plus de battues, ce sera pire...je n'ai pas de solution immédiate à proposer et là-dessus je reconnais mes propres contradictions

Jean-Louis 14/11/2017 11:08

Voilà qui démontre combien le discours du milieu cynégétique est efficace ! Nombreux sont ceux qui, comme toi Manou, sont hostiles à la chasse mais néanmoins persuadés que, « malheureusement, on ne peut pas faire autrement » ! Or, les surpopulations de telle ou telle espèce ne sont pas une fatalité et c’est bien là qu’il faut travailler ! Je me souviens du tollé qu’avait provoqué l’interdiction de la chasse dans le canton de Genève en Suisse (dans les années 70’) : on nous prédisait littéralement le chaos ! Or, rien de tout de ce que les mordus de chasse avaient prédit n’est arrivé et, progressivement, un certain équilibre c’est réinstallé…

Bien sûr, de temps à autre, l’État doit effectuer quelques prélèvements d’animaux dits « à problème » mais, il faut reconnaître que, 35 ans après cette interdiction de la chasse, « le bilan est très positif tant pour la faune elle-même que pour la population et l’administration en charge » (extrait de « Nature dans le Canton de Genève, Bilan de 10 ans d’actions & perspectives »).

A nous de changer de paradigme et, d’arrêter de prendre pour argent comptant les inepties qu’on nous déblatère à longueur de temps : les chasseurs ne veulent rien céder quant à leur activité mais, le bon sens finira peut-être quand-même par gagner !

Euh… Je ne suis hélas pas vraiment optimiste concernant ce dernier point…

Gérard C. 14/11/2017 06:36

Merci, cher Jean-louis pour cette publication. Avec toute mon amitié !

Jean-Louis 13/11/2017 21:30

Depuis le temps, vous connaissez mon opinion sur cette question : « contre la chasse à courre et contre la chasse tout court » ! Contrairement à ce que d’aucuns avancent régulièrement, la chasse n’est pas un « mal nécessaire », indispensable, afin de préserver l’équilibre de la Nature ! Cet argument est celui des chasseurs qui justifient ainsi leur coupable activité, laissant croire aux esprits purs et autres naïfs que, sans leur salutaire intervention, l’écosystème serait tout bonnement en péril ! C’est évidemment un odieux mensonge qui tente simplement de masquer la triste réalité que sont ces tueries organisées…

Fort heureusement, nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas être dupes et, comme le rappelle mon ami Gérard ci-dessus, le nombre de tueurs ne cesse de baisser ce qui constitue sans aucun doute le signe le plus encourageant de notre lutte contre cette aberration qu’est la chasse !

Continuons donc à dénoncer sans relâche cette absurdité en dévoilant les artifices et les contre-vérités censées blanchir ce loisir mortifère car, malgré ce qu’on essaie de nous faire croire, la Nature se porterait bien mieux sans elle !