Pour cet ancien producteur de porcs suédois, « le véganisme est l’avenir de l’agriculture »

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Gustaf Söderfeldt, un producteur de légumes suédois autrefois éleveur de porcs, n’en démord pas : le véganisme est l’agriculture du futur, de même que la compassion animale deviendra la norme…

Gustaf Söderfeldt passe de l'élevage de porcs à la production de légumes. Photo : Twitter

Quelle belle surprise en ce début de mois de novembre, mois du véganisme en découvrant le portrait de Gustaf Söderfeldt, un ancien éleveur de porcs en Suède. Et plus encore lorsqu’il confie dans son article qu’il a écrit pour un grand quotidien suédois être devenu végétalien et produire désormais que des légumes. Exit donc l’élevage de porcs destinés à l’abattoir et toute la détresse animale qui en découle.

Pas de doute possible pour Gustaf, « l’avenir de l’agriculture est bien dans le véganisme ». Pourquoi ? Parce qu’« il n’y a plus de souffrance animale, c’est très positif pour le climat ainsi que pour la santé et en plus, on gaspille beaucoup moins de denrées », écrit-il dans l’article qu’il a rédigé à l’occasion de la Journée mondiale du véganisme. Dans ses lignes, il invite même les agriculteurs à se recycler dans le tout végétal et le grand public a sauté le pas dans une alimentation 100% végane.

Contraint de mentir pour pouvoir garder ses clients

Plus bas dans son texte, l’homme avoue avoir produit jadis de la viande éthique tout en gardant caché l’envers du décor pour les animaux de peur de faire fuir ses clients: « Si je leur avais dit qu’une mère ne voulait pas être séparée de ses bébés ou que les cochons hurlaient d’angoisse quand ils étaient chargés dans le camion à destination de l’abattoir, je n’aurais pas gardé un seul client. »

Et il enfonce le clou: « Personne ne veut savoir ce qu’il se passe vraiment dans cette industrie. Tout ce que les gens veulent, c’est une viande dite éthique et de bonne qualité (…) Les gens ne veulent pas admettre qu’ils soutiennent une industrie qui traite horriblement les animaux et en achetant cette viande éthique, ils pensent faire taire leur conscience ». Pire encore: « Il n’y a rien d’amusant à élever des animaux pour les tuer ensuite. Même le plus ardent éleveur de viande serait d’accord : vous le faites parce que vous pensez que vous vous devez de le faire, mais intérieurement, vous vous sentez horrible. »

Alors tel un appel, il lance : « Si vous vous souciez des animaux, la réponse n’est pas d’acheter de la viande éthique mais d’arrêter purement et simplement l’élevage et le meurtre d’animaux pour se nourrir ».

Une prise de conscience qui le mène vers le véganisme et au militantisme

De fil en aiguille, Gustaf Söderfeldt est devenu végane et sa femme a suivi le pas grâce à des vidéos sur YouTube. Le désormais producteur de légumes se sent mieux dans son corps et en paix avec sa conscience. Selon lui, « il y a maintenant une communauté croissante de producteurs végétaliens à travers le monde qui militent et développent des procédés révolutionnaires pour faciliter la transition d’une agriculture classique avec animaux à une agriculture moderne tournée vers le végétalisme ».

Pour lui, l’aventure « ne fait que commencer » et il a « besoin de beaucoup plus de gens passionnés pour [les] rejoindre ». Il invite les véganes et les producteurs végétaliens à profiter du mois de novembre dédié au véganisme pour faire la promotion de cette philosophie de vie, tout en expliquant l’importance d’une telle transition, sans oublier de fournir les clés pour y accéder au mieux.

Vegetalpower (7.11.2017)

Gustaf Söderfeldt. Photo : PETA

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domi 14/11/2017 13:13

merci pour tes précisions Jean Louis, mais il me semble qu'on peut prolonger la lactation au delà du sevrage du bébé, cela dit ce n'était qu'une question à laquelle tu as bien répondu

domi 14/11/2017 11:57

L'article est intéressant et il est bon que ce blog présente tous les points de vue, ne serait-ce que pour en débattre, ce que fait fort bien Manou dont je me sens proche car son analyse est équilibrée.
Je crois qu'il est bon qu'en la matière, nul n'impose son point de vue à autrui.
J'aime bien la photo du cochon, mais cette brave bête, si c'est une femelle, ne pourrait-elle pas nous donner son lait et donc son fromage ? Du fromage de cochon, c'est peut-être mieux que... du fromage de tête ?

Jean-Louis 14/11/2017 12:58

Oui… mais non !

Pour ce qui est du lait, l’ennui c’est que, pour qu’une femelle en produise, il faut qu’elle soit allaitante donc… qu’elle ait un ou des petits ! En effet, les animaux ne produisent pas du lait juste comme ça, pour nous faire plaisir mais, bel et bien pour nourrir leur progéniture ! Lorsque nous prenons le lait d’une vache, d’une chèvre, d’une brebis… nous privons donc tout bonnement son petit de son aliment naturel !

Dans les élevages laitiers, on « produit » des veaux, des chevreaux, des agneaux etc. uniquement pour que les mères donnent du lait ! Les bébés en question sont, quant à eux, majoritairement « éliminés » plus ou moins rapidement (abattoir)…

manou 14/11/2017 09:05

C'est pour moi une pure mode le véganisme tel qu'on en parle aujourd'hui. Les hommes ne peuvent-ils pas penser par eux-même un jour ! Dans les années de ma jeunesse nous consommions déjà du boughour et autres céréales complètes assorties de légumes pour des repas sans viande et personne n'en parlait. On savait que c'était meilleur pour la santé de ne pas trop manger de viande, c'est tout. C'est bien de dénoncer les tueries sans scrupules qui ont lieu dans les abattoirs et de faire en sorte pour la planète de freiner la surproduction et toutes les conséquences qu'on connaît mais ce qui me choque c'est que les végans utilisent justement le vocabulaire carné pour parler de leur nouvelle nourriture...et ça pour moi c'est symptomatique du marketing qu'il y a derrière : des saucisses au soja, des steaks de céréales...pourquoi les appeler ainsi !! Enfin moi je n'ai jamais vu souffrir ni les lapins, ni les poules de ma grand-mère. Je suis pour des élevages à petite échelle, non intensif, respectueux des animaux et de leur environnement, pour le bio (mais le vrai pas celui dont on modifie le cahier des charges), pour la production locale et de saison et pour la mesure en toute sorte. C'est si compliqué que ça à réaliser ?! Merci pour tes articles très intéressants

Stef 14/11/2017 07:56

Tant qu'on ne m'impose pas cette "cochonnerie de bouffe", moi ça me va, parce que hors de question que je me passe de miel, d’œufs, de fromage, et de ma petite blanquette de veau chérie.