Glyphosate : l’Europe reste dans l’impasse

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les représentants des 28  États membres de l’UE ont une nouvelle fois échoué hier à s’accorder sur l’avenir du glyphosate.

Les agriculteurs, principaux utilisateurs du glyphosate, se sentent mis en difficulté. Photo : AFP

Les pays européens n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur la prolongation de l’autorisation du glyphosate, cet herbicide controversé. Hier, ils ne sont pas parvenus à dégager une majorité qualifiée (55 % des États membres, 65 % des habitants), nécessaire pour prolonger la licence du principal composant du Roundup de Monsanto, qui arrive à échéance le 15 décembre sur le marché européen.

La Commission européenne a proposé une réautorisation pour 5 ans, soit deux fois moins que ce qu’elle souhaitait au départ.

La France dit non

Hier, 14  pays ont soutenu la proposition de la Commission, neuf pays ont voté contre, mais cinq se sont abstenus. La France, favorable à une durée de trois ans, s’y est opposée, comme l’Italie. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, s’est dit « fier » que la France ait « tenu bon » sur ce dossier. La FNSEA (Syndicat des agriculteurs), principaux utilisateurs du glyphosate, dénonce une « pétaudière » qui les met en difficulté.

Depuis deux ans, l’Europe est dans l’impasse sur ce sujet. Faute d’accord hier à Bruxelles, la prochaine étape est le renvoi du texte tel quel au sein d’un comité d’appel qui fonctionne sur les mêmes principes que le comité d’experts, mais à un niveau politique « supérieur », c’est-à-dire avec des représentants de chaque pays ayant plus de responsabilités. Si le comité d’appel saisi par la Commission ne débouche toujours pas sur une majorité claire, alors la décision finale reviendra à la Commission, malgré les appels réitérés du commissaire à la Santé à ne pas assumer seul la responsabilité de la décision.

DNA DNA (10/11/2017)

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Stef 10/11/2017 08:12

Si c'est inoffensif je propose que les dirigeants des fabricants habitent en permanence au milieu des zones pulvérisées... et que le coût de la destruction des abeilles soit supporté par ces industries.

Jean-Louis 10/11/2017 09:29

J'ai en mémoire un extrait d'un documentaire où un journaliste demandait à un haut cadre de Monsanto si le RoundUp était "dangereux" ! Bien sûr que non, a répondu celui-ci !
Finaud, le journaliste lui a alors présenté un gobelet avec du RoundUp en lui demandant, puisqu'il n'y avait aucun danger, de le boire !
Réaction de l'intéressé : il a quitté le plateau en disant "je ne suis tout de même pas fou !"...

Jean-Louis 10/11/2017 06:28

"5 ans, trois ans... Bon allez, on va dire 4 ! c'est mon dernier mot..." !
On imagine les tractations mais, surtout, le travail que les lobbyistes sont en train de mener afin d'obtenir le plus long délai possible de polluer... de tuer devrait-on dire !
C'est pathétique !