Photovoltaïque : la voie de l’autoconsommation

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le photovoltaïque est en forte croissance, tiré par l’autoconsommation. L’évolution réglementaire attendue pour 2018 boostera encore le phénomène.

Au Super U de Wittelsheim, le photovoltaïque des panneaux en ombrière du parking est presqu’entièrement consommé et couvre 27  % des besoins de la grande surface. Photo : DNA - F.Z.

Autoconsommer son électricité photovoltaïque c’est alimenter ses équipements électriques avec l’énergie générée par ses panneaux solaires. En l’absence de possibilité de stockage, il faut raccorder son installation au réseau (1) pour avoir malgré tout de l’électricité en l’absence de soleil et, à l’inverse, pour injecter le surplus de production.

Les particuliers propriétaires de panneaux photovoltaïques et absents en journée de leur maison ont d’ailleurs plutôt intérêt à vendre directement l’électricité produite au fournisseur d’énergie, faute de pouvoir la consommer en direct. La compensation se fera au niveau de la facture.

En revanche, les activités qui consomment de l’énergie en journée trouveront avantage à consommer directement leur propre production photovoltaïque sans faire jouer les vases communicants.

Certains l’ont compris depuis bien longtemps comme la commune d’Ungersheim dont l’installation photovoltaïque de 40 kWh sur le toit de son dojo couvre le quart de la consommation électrique de sa cuisine collective. Ou Clemessy qui a économisé en dix mois de fonctionnement de son installation sur le toit de son usine de Mulhouse quelque 22 500 euros sur sa facture énergétique. « On absorbe facilement toute la production solaire et on anticipe un coût de production du photovoltaïque moins cher que le prix du kWh sur le marché marché » confirme Viviane Zimmermann de Voltec Solar qui équipe ses sites de panneaux de sa propre fabrication.

Retour sur investissement

Chacun de ces projets a été soutenu par la Région et l’ADEME via le programme Energivie, aujourd’hui rebaptisé Climaxion dans le Grand Est.

Depuis la loi encadrant l’autoconsommation d’énergie renouvelable entrée en vigueur le 26 février dernier et surtout la publication le 9 mai de l’arrêté tarifaire de la vente des surplus (de 6 à 10 ct le kWh selon la taille de l’installation) qui prévoit une prime à l’investissement, l’aide de Climaxion aux projets photovoltaïques est de plus de plus sollicitée, tant pour la réalisation d’études que pour la réalisation (jusqu’à un quart de l’investissement pour les bailleurs sociaux, les entreprises, les associations,…) «Ces aides permettent en général de réduire de cinq ans le temps de retour sur investissement pour le ramener à 12 ans en moyenne », explique Gautier Perrin, chargé de mission transition énergétique à la Région Grand Est. Dans le même temps, le soutien institutionnel est conditionné à un effort de sobriété énergétique.

Les professionnels en tout cas se frottent les mains et le secteur continue de créer des emplois. Au premier trimestre 2017, plus de la moitié des raccordements à Enedis étaient liés à l’autoconsommation. Les perspectives de croissance n’ont jamais été aussi bonnes et ce n’est pas fini. Pour l’instant, seule l’autoconsommation individuelle (le producteur consomme lui-même sa production) est encadrée mais une évolution réglementaire précisera l’année prochaine les conditions de l’autoconsommation collective. Un lotissement, un quartier, une copropriété, une coopérative pourront ainsi se doter d’une production photovoltaïque qu’ils redistribueront localement avant d’en valoriser le surplus collectif auprès du gestionnaire de réseau. « Cela nécessitera un compteur élaboré, prévient Richard Loyen, président d’Enerplan, le syndicat national des professionnels de l’énergie solaire. On ne fera pas l’économie de la digitalisation en la matière » dit-il encore à l’intention des opposants aux compteurs Linky.

(1) Plus d’information sur www.enedis.fr/produire-de-lelectricite

DNA/DNA/S.W. (12/10/2017)

Publié dans Energie

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