Le maire et la pasteur entendus par les gendarmes

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Comme trois autres opposants au GCO, le maire et la pasteur de Kolbsheim ont été entendus hier par les gendarmes de Strasbourg suite à la manifestation du 20 septembre, qui a empêché les travaux de déboisement prévus avant la construction de l’A355.

Parmi les opposants entendus hier, Yoam, un des premiers zadistes. Photo : DNA - GEISS David

Le 20 septembre , les travaux préparatoires au grand contournement ouest (GCO) en forêt de Kolbsheim devaient démarrer, mais zadistes et sympathisants avaient contrarié les plans de Vinci, en s’enchaînant à un engin de chantier.

À l’issue d’un face-à-face de plusieurs heures, le gouvernement avait fini par suspendre sine die les travaux de déboisement. Ce bras de fer auquel se livrent les opposants au projet et le concessionnaire, n’avait pas empêché les gendarmes de procéder au relevé de plusieurs infractions.

C’est dans ce cadre précisément que cinq opposants au GCO – dont le maire et la pasteur de Kolbsheim – ont été convoqués pour répondre des faits de « manifestation non autorisée et d’entrave à la circulation ». « Le 20 septembre, un colonel m’avait prévenu qu’il allait être obligé de faire un signalement », se souvient le maire de Kolbsheim.

Entendu hier après-midi durant deux heures dans les locaux de la brigade de recherches (BR) de Strasbourg, Dany Karcher « a dû raconter pourquoi il avait pris part » à la manifestation. « Cela s’est passé très courtoisement, j’ai essayé d’expliquer au gendarme mon engagement et notre légitimité. Je lui ai dit que j’assumais le tract que j’ai écrit où j’appelais à bloquer les machines », détaille l’édile.

Et de poursuivre : « Lors de la manifestation, il y a eu zéro violence. On nous reproche de ne pas avoir déclaré la manifestation, mais il nous était impossible de prévenir puisque nous ne connaissions pas la date de début des travaux. Pour moi, il y avait simplement urgence à agir », se défend Dany Karcher.

« Je n’ai rien à déclarer »

Conviée la veille par téléphone à la BR pour « une audition libre », Caroline Ingrand-Hoffet a choisi pour sa part de ne pas s’exprimer après consultation avec les autres personnes visées par l’enquête préliminaire : « Je leur ai répondu : “Je n’ai rien à déclarer”. Dans un principe de solidarité, nous avons décidé de ne pas parler pour ne pas porter préjudice à qui que ce soit. Notre démarche est collective et les décisions sont collégiales et conviviales. Il n’y a pas de chef », insiste la pasteur du village, tout en précisant qu’elle n’a pas été questionnée sur sa qualité d’ecclésiastique.

Les auditions des opposants - dont certaines se sont déroulées dans les locaux des brigades de Molsheim et de Geispolsheim – devraient être prochainement transmises au parquet, qui statuera sur l’opportunité des poursuites.

DNA/Céline Lienhard (30/09/2017)

Les anti GCO dans la rue aujourd’hui

Le collectif GCO non merci ! appelle à manifester contre le projet d’autoroute de contournement de Strasbourg cet après-midi dans les rues de la capitale alsacienne. Le cortège s’élancera à 14 h de la place de Bordeaux et rejoindra la place de la République. Les organisateurs espèrent réunir au moins autant de personnes que l’an passé, entre 1 800 et 3 000 manifestants. La FDSEA, opposée au GCO mais en rupture le collectif n’appelle pas à manifester mais la Confédération paysanne et la Coordination rurale seront là. La CGT 67 ainsi que l’association UFC Que Choisir aussi. Le cortège entend demander « l’arrêt total des travaux préparatoires, la mise en plat du dossier pour sortir de la logique du GCO, et demander des alternatives et les transports durables permettant la décongestion des axes de circulations autour de l’Eurométropole ». O.C.

DNA (DNA (30/09/2017)

Le chantier: où en est-on ?

Le projet d’autoroute de contournement de Strasbourg, suspendu sur ordre ministériel, est plongé dans une situation extrêmement confuse. Essayons d’y voir un peu plus clair.

Vue sur Vendenheim et la forêt du Grittwald où la SANEF n’a pas de permis de déboiser. Photo : DNA Jean-François Badias

Le projet d’autoroute de contournement de Strasbourg (appelé GCO, COS ou A355) a été attribué par l’État au groupe Vinci (à sa filiale Arcos) qui a été désigné concessionnaire pour une durée de 54 ans. Le contrat de concession, signé en janvier 2016, prévoit la construction et l’exploitation d’une autoroute à péage de 24 kilomètres passant dans l‘ouest strasbourgeois. Pour faire simple, le concessionnaire construit l’autoroute à ses frais et se rembourse grâce aux péages que versent les automobilistes.

Le chantier est-il autorisé ?

Le projet a été déclaré d’utilité publique (DUP) jusqu’en janvier 2018. Le concessionnaire a demandé une prolongation de cette DUP qu’il devrait obtenir sans trop de difficultés dans les prochaines semaines.

Quand est prévu le lancement du chantier ?

Le concessionnaire, qui a longtemps annoncé que le début du chantier se ferait en décembre 2017 table désormais sur le premier trimestre 2018. Il a pris du retard car il n’a pas les autorisations pour toucher aux zones naturelles sensibles.

C’est quoi le CNPN ?

Le Conseil national de la protection de la nature est un comité scientifique dont l’avis, consultatif, est requis avant d’autoriser les travaux dans les milieux naturels. Le CNPN étudie le dossier des compensations environnementales, c’est-à-dire les mesures que le concessionnaire propose pour compenser les dégâts occasionnés à la faune et la flore.

Et que dit le CNPN ?

Le CNPN a donné en juillet un avis négatif au dossier présenté par le concessionnaire. L’État a alors demandé à Vinci de présenter de nouvelles propositions et le dossier retouché doit repasser devant les scientifiques en octobre.

Mais alors pourquoi Vinci veut-il déboiser dès maintenant ?

Vinci a obtenu une autorisation séparée et anticipée pour des travaux préparatoires, indépendamment du dossier principal retoqué cet été. Il avait le droit de déboiser pour sonder le sous-sol et des fouilles archéologiques à Kolbsheim où doit être construit un viaduc.

Et les zadistes ?

C’est justement à cet endroit que les opposants ont créé une Zone à défendre, une ZAD. Quand les engins sont arrivés le 20 septembre, les zadistes ont prévenu la population de Kolbsheim, le tocsin a sonné et des manifestants ont empêché le début des travaux. Les travaux dûment autorisés ont alors été suspendus sur décision du ministère des routes

Que dit le ministère ?

Rien ! De façon inexplicable, le ministère ne dit rien et ne répond pas aux questions des journalistes. Il n’y a aucune parole officielle du gouvernement concernant les derniers rebondissements. Selon la député Martine Wonner et le groupe Vinci, les déboisements sont suspendus « jusqu’à nouvel ordre » en attendant que le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot se fasse sa propre opinion et décide de la poursuite ou non du projet.

Et les chauves-souris dans tout ça ?

La législation prévoit que les déboisements ne sont autorisés qu’entre le 1er septembre et le 15 octobre de chaque année pour protéger la nidification des chauves-souris. Si Vinci n’obtient pas de feu vert du ministère pour ses travaux préparatoires à Kolbsheim avant le 15 octobre, il devra attendre un an pour les faire.

Est-ce que ça fait autant de retard pour le chantier en lui-même ?

Pas forcément car Vinci parle de calendrier et de chantier remaniés pour tenir compte de ces aléas.

Que fait la Sanef ?

La Sanef doit réaliser l’échangeur nord du GCO, dans la forêt de Vendenheim. Mais la Sanef n’a pas l’autorisation pour ses travaux de déboisement car elle a intégré sa demande au dossier principal, retoqué cet été et qui doit repasser devant le CNPN ce mois-ci. Pour les analystes, il est clair que la Sanef a loupé le coche pour des déboisements cette année.

Et les partisans de l’autoroute ?

Sentant le danger d’un enlisement, les pro-GCO commencent à se mobiliser. Matignon a été sollicité par les présidents des grandes collectivités (région, département, agglomération). La CCI vient de prendre une motion en soutien au GCO. Le président de l’Eurométropole de Strasbourg a décidé d’organiser un débat public. Des maires de l’agglomération préparent une tribune et l’idée d’une manifestation pro GCO chemine.

DNA/DNA/Olivier Claudon (30/09/2017)

Stéphane Bern et le Château de Kolbsheim

Dans le dernier numéro de Point de vue , Stéphane Bern cite « le château de Kolbsheim en Alsace, menacé par une autoroute » parmi les monuments en danger qui l’ont, récemment, le plus touché. L’animateur était interrogé par le magazine sur la mission de sauvegarde du patrimoine que lui a confié le président de la République.

 

Après la manifestation du 20 septembre

GCO : des opposants dont le maire de Kolbsheim entendus par les gendarmes

Les travaux préliminaires du GCO avaient été suspendus après l'intervention des opposants. Photo : DNA - Laurent RÉA

 

Le maire et la pasteur de Kolbsheim vont être entendus ce vendredi après-midi par les gendarmes de la Brigade de recherche de Strasbourg suite à la manifestation du 20 septembre qui a empêché les travaux de déboisement pour l'autoroute A355 à Kolbsheim.

Le maire Dany Karcher a été convoqué "en vue de poursuites pour manifestation non autorisée et entrave à la circulation". Plusieurs autres manifestants et zadistes ont été convoqués ces derniers jours en raison de leur participation à différentes manifestations.

La manifestation du 20 septembre à Kolbsheim en bordure de la RD 93 avait provoqué la suspension sine die par le gouvernement des travaux de déboisement pourtant autorisés.

Les opposants organisent ce samedi 30 septembre à Strasbourg une grande manifestation autorisée contre le projet de contournement autoroutier de Strasbourg.

DNA/DNA/Olivier Claudon (29/09/2017)

Publié dans GCO

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