La fée du petit-déjeuner

Publié le par Jean-Louis Schmitt

« La santé est au cœur de l’assiette, le plaisir aussi. » Pour trouver les deux, Esther Schmitt propose des idées, des directions. En commençant par le petit-déjeuner, ce premier repas souvent délaissé.

Esther Schmitt recherche l’équilibre entre une alimentation saine et goûteuse. Photo :DNA - Christan Lutz-Sorg

Strasbourgeoise, naturopathe , Esther Schmitt a fait du petit-déjeuner et du « bien manger » ses chevaux de bataille. Elle s’intéresse au premier repas de la journée depuis 2003. Atteinte d’une maladie inflammatoire de l’intestin, Esther Schmitt a modifié son alimentation vers une nutrition saine. Ou en tout cas plus saine qu’avant que la maladie ne soit diagnostiquée.

« Avec des produits de qualité, peu sucrés, tout va bien en général »

Elle a suivi une formation en naturopathie pour mieux comprendre le fonctionnement humain, pour avoir plus de clés pour déterminer « d’où viennent les choses ». Les maladies ne sortent pas de nulle part et opèrent comme des « signaux d’alarme ».

La première variable qu’Esther Schmitt a modifiée fut son petit-déjeuner. La collation « à la française » entre 7 h et 8 h du matin se compose en règle générale de pain, beurre et confiture. Elle est arrosée de café ou de thé, et parfois accompagnée de céréales. « En général, tout va bien lorsque les produits choisis sont de qualité, peu sucrés, fabriqués avec soin », écrit la naturopathe dans une récente édition du magazine Féminin Bio. Mais le pain blanc et la confiture ne suffisent pas. Une alimentation matinale à base de tartines peut occasionner une petite hypoglycémie vers 10 h. À ce moment, le réflexe sera d’ingérer à nouveau quelque chose de sucré, en une sorte de cercle vicieux où « le sucre appelle le sucre ». Cet appel au sucre fait à son tour augmenter le taux de glycémie dans le corps, causant à terme fatigue nerveuse et corporelle

« La qualité de la journée est proportionnelle à la qualité des aliments que nous mettons dans notre assiette. Et cela commence dès le matin », poursuit Esther Schmitt dans la même revue, datée d’août-septembre 2017. Pour son petit-déjeuner, elle privilégie les aliments peu sucrés ayant une valeur nutritionnelle, comme les pains de farine d’épeautre, les flocons de quinoa et de riz. Lors du repas matinal, un œuf à la coque est bienvenu, de même que de l’avocat, du fromage de chèvre ou de brebis.

En juin dernier, Esther Schmitt a remporté le troisième prix du premier trophée du petit-déjeuner, catégorie amateurs. Une compétition nationale de cuisine et de sensibilisation à l’importance du premier repas.

Manières de table

Notre « être au monde » dépend en partie de ce que nous mangeons, mais aussi de la manière dont on le mange. Quand on avale un sandwich en quatrième vitesse, cela ne fait pas le même effet à l’organisme que quand on prend le temps de se faire et de déguster une salade composée. Cela paraît évident, mais s’oublie facilement dans le feu de l’action quotidienne. Prendre le temps de humer les aliments, de les mâcher, de les apprécier s’oublie aisément.

L’alimentation et l’attitude face à elle se connectent à une philosophie de vie « optimiste », volontariste. Esther Schmitt préconise de « sortir du rôle de victime, pour vivre la vie que l’on souhaite vraiment vivre ». En commençant par mieux manger. « La santé est au cœur de l’assiette, mais le plaisir y est aussi », assure-t-elle.

Plutôt végétarienne, elle relie aussi l’alimentation individuelle au devenir collectif. La surconsommation de viandes constitue également une surconsommation d’espaces, pour le bétail et ses nourritures.

Toujours focalisée sur le petit-déjeuner, Esther Schmitt travaille actuellement avec les responsables d’un hôtel haut de gamme de la région de Montauban, sur un programme détox que l’établissement pourra proposer. Elle anime d’autre part dans les Vosges des séquences de détox de trois à quatre jours, en compagnie d’une enseignante de yoga, Olga Sokol-Meyer. « Je plante les graines et chacun fait ce qu’il veut », assure-t-elle.

http://www.estherschmitt.com Tél. 06 60 22 22 68.

DNA/DNA/Pierre Séjournet (18/10/2017)

Esther Schmitt (ici dans sa cuisine) se confronte aujourd’hui à l’élite nationale du petit-déjeuner. Photo : L’Alsace/Jean-Marc Loos

Esther Schmitt (ici dans sa cuisine) se confronte aujourd’hui à l’élite nationale du petit-déjeuner. Photo : L’Alsace/Jean-Marc Loos

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