Une mosaïque de milieux

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Sise entre le Rhin canalisé et le vieux Rhin, l’île artificielle de Rhinau aux allures de jungle abrite bien des trésors. Ils ont été révélés aux promeneurs lors d’une visite organisée par le CSA.

L’île de Rhinau et ses trésors dévoilés lors d’une visite guidée. Photo : DNA

Longer le Rhin canalisé à partir du bac, bateau qui assure dans le secteur la liaison entre la France et l’Allemagne.

Passer la centrale hydroélectrique, puis l’écluse… Et le promeneur débouche au seuil de l’île de Rhinau à la canopée gris argentée dû aux feuilles de peupliers blancs. Les 2/3 de ce brin de terre long de 10 km et large de 400 m maximum sont classés en réserve depuis 1991.

La particularité de cette île artificielle ? Elle se situe entre le Rhin canalisé (1925-1980) et le vieux Rhin, rectifié entre 1817 et 1870 pour protéger les villages des crues. « La commune de Rhinau exploite la forêt de la partie nord, dont elle est propriétaire », indique Richard Peter, garde animateur des réserves naturelles nationales du Conservatoire des sites alsaciens (CSA). Face à lui, une vingtaine de visiteurs du cru, mais aussi des Alsaciens « expatriés à Paris par nécessité. »

Prisé des promeneurs, le site l’est aussi des animaux. En janvier, 5 300 oiseaux d’eau en moyenne occupent les cours d’eau ceinturant l’île. Cet écrin de verdure abrite aussi « 39 espèces de libellules », 85 espèces d’abeilles et de guêpes sauvages, 26 espèces de poissons et d’amphibiens. Des grenouilles mais aussi des crapauds sonneurs à ventre jaune et à l’iris en forme de cœur, comme celui attrapé puis relâché dans une flaque d’eau par le guide du jour.

Le crapaud sonneur à ventre jaune, une espèce protégée. Photo : DNA - Valérie WACKENHEIM

Puis, ce dernier d’évoquer la flore locale : « 55 à 60 espèces d’arbres différents, de nombreuses variétés de mousses et des clématites pouvant atteindre près de 35 m de haut. » Certains spécimens, à l’instar de cette aubépine, atteignent des dimensions exceptionnelles du fait notamment, du caractère humide du lieu.

Richard Peter explique l’ancienne digue des hautes eaux et comment les habitants s’y relayaient pour surveiller l’ouvrage au moment des crues. Il présente les plantes invasives comme la balsamine de l’Himalaya ou encore la Verge d’or venue du Canada. Rappelle ce qu’était la graphiose qui a décimé une partie des ormes. Sans oublier la maladie qui touche actuellement les frênes.

Il a rappelé que les travaux de restauration menés il y a dix ans ont été permis grâce aux crédits européens. « Cette forêt c’est aussi un laboratoire. Les universitaires viennent des Pays-Bas, d’Allemagne, de Metz et de Strasbourg. L’Institut national de recherche agronomique (Inra) a même effectué des prélèvements sur le peuplier noir sauvage. Cette souche rhénane est conservée sous serre à Nantes. Elle a aussi été plantée au bord de la Meuse en Belgique… »

Renseignements sur toutes les visites « nature » dans le Ried sur le site de l’Office de toursime www.grandried.fr

DNA/

DNA/Valérie Wackenheim (02/09/2017)

 

Une vingtaine de personnes a participé à la visite animée par Richard Peter, garde animateur des réserves naturelles nationales du Conservatoire des sites alsaciens (CSA). Photo : DNA - Valérie WACKENHEIM

Publié dans Environnement, Balades

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