Un sanctuaire au sommet de la colline

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Construite en 1772 au sommet de la colline du Goeftberg, la chapelle de la Croix dédiée à saint Wendelin est un lieu de pèlerinage bien connu dans la région. À la Pentecôte, nombreux sont les cavaliers qui font route vers ce lieu de culte pour y faire bénir leurs chevaux.

Un chemin de croix, composé de 14 stèles, mène à ce lieu sacré. Photo :s DNA - J.S.

 

Au sommet de la colline du Goeftberg, jalonnée par un chemin de croix composé de 14 stations en pierre, se dresse un charmant édifice : la chapelle de la Croix, dédiée à saint Wendelin, saint patron des bergers et du bétail. Depuis cet emplacement, une superbe vue s’étend sur tous les villages alentours et porte jusqu’à Saverne, voire au-delà. Elle fut construite en 1772 mais l’histoire de ce lieu commence près de 100 ans auparavant.

Au temps où le fléau de la peste ravageait le pays, partout on érigeait des croix, aux carrefours des chemins ou sur les hauteurs dominant les villages. C’est ainsi que les habitants de Hohengoeft érigèrent leur croix de la peste en 1666 sur le promontoire du Goeftberg. Cette dernière sera par la suite insérée dans le fronton de la future chapelle. Les gens y montaient volontiers en pèlerinage et cette croix devint un lieu de rencontre entre amis et connaissances.

« Une large fissure nécessitait des reprises en sous-œuvre pour consolider les fondations »

« En 1761, le curé Michel Adam, originaire de Knoersheim, est installé à Hohengoeft », relate Jean-Claude Ulrich, adjoint au maire. Attiré par cette croix au sommet de la montagne, il demanda à l’autorité diocésaine, en 1771, l’autorisation d’ériger à ses frais des stations en pierre de taille ainsi qu’une chapelle qui abriterait la croix et les pèlerins. La réponse de l’évêché lui sera favorable, néanmoins, « il était précisé que la messe ne serait pas célébrée dans ce lieu », souligne-t-il.

En 1772, la chapelle est construite, « il s’agit du chœur de la chapelle actuelle », précise l’adjoint. La même année, le curé Adam obtiendra l’autorisation d’y lire la messe. Les stations de pierre composant le chemin de croix sont aussi érigées. Elles étaient autrefois peintes et enluminées à l’huile. Les marches agenouilloir qui précèdent ces stèles portent le nom ou les initiales de plusieurs donateurs.

Un agrandissement nécessaire

L’affluence de la chapelle devenant de plus en plus importante, il souhaite ajouter une nef mais le projet prenant de l’ampleur, l’autorité diocésaine demande que la question du terrain, appartenant à la commune soit réglée au préalable. La commune donnera son accord et la construction de l’édifice s’achève en 1787. « Malheureusement le curé Adam décède deux semaines avant son inauguration ». Il sera enterré dans la chapelle, au côté de son père.

En 1797, durant la période révolutionnaire, l’église est vendue comme bien national mais sera rendue au culte en 1813, à la demande du conseil de fabrique. Elle fut rachetée par la suite par le curé Schoen, qui en fit don à la paroisse à la fin de sa vie. Mais un défaut de forme rendra cette donation nulle. Ses héritiers corrigèrent cela et en 1834, une ordonnance royale ratifia cet acte, faisant de la chapelle la propriété de la paroisse de Hohengoeft.

La chapelle aujourd’hui

La première chapelle, le chœur actuel, est restée dans son état primitif. Les seuls ajouts sont un autel en pierre de taille construit par des artisans du village dans les années 60 et le tabernacle inséré dans le mur. Les autels latéraux proviennent probablement de l’ancienne église du village et « semblent être plus anciens que la chapelle ».

Au fil des ans, ce lieu de culte a connu de nombreuses rénovations : un changement de toiture, la pose d’un nouveau crépi ou encore la restauration de la pierre tombale du curé Adam et des stèles du chemin de croix, ont permis de sauvegarder ce patrimoine religieux. Il y a deux ans, « une large fissure a nécessité des reprises en sous-œuvre pour consolider les fondations », explique l’élu. En plus de grands travaux, un entretien régulier de la chapelle et des stèles est nécessaire et est assuré par des habitants du village soucieux de préserver ce patrimoine sacré.

La chapelle est ouverte tous les dimanches et sur demande à la mairie pour des groupes.

DNA/DNA/J.S (03/09/2017)

Cette croix de la peste fut érigée par les habitants de Hohengoeft en 1666, bien avant la construction de la chapelle. Photo : DNA - Redac Saverne 1 STAG

 

De nombreux travaux de rénovation ont permis de préserver cette chapelle. Photo : DNA - Redac Saverne 1 STAG

La bénédiction des chevaux

La bénédiction des chevaux se déroule toujours le lundi de la Pentecôte. Photo : Archives DNA

Chaque lundi de Pentecôte, l’Union paroissiale de Hohengoeft, association créée en 1970 et présidée par Denise Bauer, organise le traditionnel pèlerinage au Goeftberg. À cette occasion, ce lieu accueille près de 500 personnes dont une centaine de cavaliers venus principalement de la région de Saverne. Les chevaux y reçoivent la bénédiction du curé de la communauté de paroisses du Betbur. Mais d’autres animaux tels que chiens et chats sont également bénis. Une messe en plein air est en outre célébrée à cette occasion. Instaurée il y a une quarantaine d’années, cette tradition religieuse se double aujourd’hui d’une fête municipale. « Au fil des années, l’événement s’est développé et c’est devenu l’occasion d’organiser une journée récréative », commente Jean-Claude Ulrich. Les bénéfices recueillis durant cette journée servent à financer les travaux de restauration de la chapelle.

 

Saint Wendelin, saint patron des bergers et du bétail

La chapelle de la Croix est dédiée à saint Wendelin. Photo : DNA - Redac Saverne 1 STAG

Ce saint de l’Église catholique romaine est fêté le 22 octobre. Fils du roi d’Écosse Forchado, il naquit en 554 et quitta sa destinée royale pour vivre en humble et prier Dieu. Après avoir traversé l’Angleterre et la France, il s’installa en Allemagne. Beaucoup de paysans venaient le trouver pour chercher des paroles de consolation et d’encouragement, et tout spécialement pour la guérison de leur bétail. Il y eut des miracles, ce qui valut à Wendelin d’être le protecteur des animaux.

Publié dans Balades

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