Un culte anti-GCO

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Trois pasteurs invitent à un culte anti-GCO, dimanche à Vendenheim. Se positionner sur un dossier politique relève pour eux d’une évidence.

 

Jean-Sébastien Ingrand (Dorlisheim), Caroline Ingrand-Hoffet (Kolbsheim), Anne-Sophie Hahn (Pfulgriesheim). Photo : DNA

Kolbsheim, Pfulgriesheim ou Dorlisheim : leurs paroisses ont un rapport différent au Grand contournement ouest, eux sont unanimement « contre », mais surtout, engager leur parole va de soi. Le pasteur ne peut se déconnecter de la société dans laquelle il vit.

Tous trois sont sensibles à l’écologie, voire développent une réflexion poussée sur le sujet depuis de nombreuses années. Jean-Sébastien Ingrand (Dorlisheim) particulièrement, dans le cadre d’un doctorat. Tous trois sont opposés au projet depuis qu’ils y sont confrontés.

Une réflexion globale sur le mode de vie

Si Caroline Ingrand-Hoffet et Anne-Sophie Hahn reconnaissent qu’il est délicat pour une Église de se placer en tant qu’institution sur un dossier clivant, elles parlent de « cohérence à soi-même ». « On peut interpeller tout en restant pasteur de tous », souligne la seconde.

Car le pasteur, dans sa mission paroissiale, est soumis à un « ministère d’unité ». Il a, autrement dit, pour charge de veiller à la paix des cœurs et… des villages. À Kolbsheim, en terrain conquis, le conseil presbytéral est clairement « contre » ; à Pfulgriesheim, le sujet est abordé de manière informelle, mais la tendance est la même ; à Dorlisheim, on est plutôt de l’autre bord. « Cela reste mon engagement personnel, mais je ne cache pas mes positions », témoigne Jean-Sébastien Ingrand.

Leur lutte, sur le terrain des idées, s’inscrit dans une réflexion globale sur le mode de vie, la responsabilité collective et individuelle, le rapport à la nature. « C’est là que l’Église a sa place, qu’elle peut être prophétique », voit Caroline Ingrand-Hoffet.

La mission d’un pasteur, outre d’accompagner les paroissiens dans toutes les étapes de la vie, c’est d’« éveiller les gens à la dimension spirituelle des choses. Je relie ce combat anti-GCO à cela », explique encore la femme d’Église.

Certains fidèles pensent que le pasteur n’a pas à se mêler de politique, quand d’autres l’attendent sur ces questions. « Jésus n’a pas prêché dans des synagogues, rappelle Anne-Sophie Hahn, il a parlé de sujets qui divisent ! »

Dimanche, dans le cadre du culte annuel de la création (parfois nommé « des moissons » ou « de la récolte »), les trois pasteurs, accompagnés de quatre confrères, proposeront une « célébration ». Ouverte au grand public, elle interrogera le cheminement du militant : « Pourquoi je m’engage ? Qu’est-ce qui me nourrit ? Pourquoi je me décourage ? Comment je me remets en route ? »

Des opposants prendront la parole, associatifs ou maires. Parmi ces derniers, des protestants et des catholiques. Les élus assureront l’œcuménisme…

Dimanche 17 septembre, 16 h, au club canin de Vendenheim, rue de la Forêt. En cas de mauvais temps, repli à l’église protestante du village, rue du Temple. Une animation pour enfants est prévue, les Fédinois et la commune assureront le soutien logistique.

Manifestation d’agriculteurs contre le GCO

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs appellent à une manifestation devant la préfecture, place de la République à Strasbourg lundi à partir de 10 h 30.

Une quarantaine de tracteurs sont attendus pour cette mobilisation qui répond au mot d’ordre : « COS, halte à la surenchère environnementale ».

Les agriculteurs fustigent l’avis du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) qui demande au concessionnaire du Contournement ouest de Strasbourg (ou GCO) davantage de mesures compensatoires. « La FDSEA et les JA ne peuvent pas tolérer cette double peine qui vient considérablement alourdir l’impact sur les exploitations agricoles » indique un communiqué.

DNA/DNA/N.S. (17/09/2017)

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Danielle Dominguez 17/09/2017 20:32

Caroline est ma pasteure à moi !