Terra Symbiosis soutient Canop’Terre

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Cette année, le centre de formation en agroécologie et permaculture ersteinois, Canop’Terre a bénéficié du soutien de la fondation strasbourgeoise Terra Symbiosis. Cette aide de 3 000 € permettra, entre autres, la création d’une serre semi-enterrée ou walipini.

Patricia Jung-Singh, (à gauche), fondatrice de Terra Symbiosis, soutient cette année le centre ersteinois de formation en agroécologie et permaculture Canop’Terre. Photo : DNA - Jean-Paul kaiser

Derrière le Lycée professionnel et agricole (LPA) d’Erstein, s’étend sur un demi-hectare un fabuleux jardin : celui du centre de formation en agroécologie et permaculture Canop’Terre. Fleurs et légumes savamment associés y poussent à l’unisson.

« Reconnecter l’Homme à la terre »

Cette structure unique en Alsace a été fondée en 2015 par Olivier Lavaud et Loïc Etienne. Les deux hommes se sont rencontrés lors de leur formation, chez Terre et Humanisme, association initiée par Pierre Rabhi, agriculteur et essayiste, fondateur du mouvement les Colibris. « Notre objectif était ensuite de créer une antenne alsacienne afin de diffuser les valeurs et principes de l’agroécologie : reconnecter l’Homme à la terre, lui faire prendre conscience de son appartenance à la nature, se relier aux autres, travailler sur l’intelligence collective », confie Olivier Lavaud.

À cette dimension sociale s’ajoute celle du respect de l’environnement. « Lors de nos formations qui présentent toujours un volet pratique et un autre théorique, on explique comment jardiner au naturel, sans produit de synthèse, en limitant aussi les apports en eaux, en mettant ensemble des plantes qui se complètent comme ici les poireaux et les carottes : tous deux repoussent les mouches qui les parasitent l’un l’autre. »

Et pour être cohérent du potager à l’assiette, « on sensibilise les participants, adultes, professionnels en reconversion, enfants – puisqu’on travaille également avec les écoles du secteur – à l’importance des circuits courts. Nous réalisons aussi des expériences sur le terrain avec les élèves du lycée agricole d’Obernai. »

Autant de préceptes chers à la fondation strasbourgeoise Terra Symbiosis, créée en 2009, par Patricia Jung-Singh à partir d’un capital familial. Cette dernière, accompagnée Léa Rudolf, chargée de mission à la fondation, a visité, cet été, le jardin et les serres de l’association ersteinoise. « Nous nous retrouvons dans les valeurs que prônent Canop’Terre, à savoir rétablir le lien entre l’Homme et la nature en valorisant les activités qui protègent les écosystèmes et la biodiversité », confie Patricia Jung-Singh.

Chaque année, Terra Symbiosis soutient une trentaine de projets dans les domaines de l’agriculture écologique et la gestion durable de la forêt. « Depuis 2015, nous développons également un nouvel axe d’intervention, celui de l’enfance et la nature à travers l’expérimentation. » Présente dès ses débuts à l’étranger, notamment en Afrique, la fondation a choisi, depuis 2013, de recentrer ses actions en France et en l’Alsace, tout en conservant des projets en Inde et au Maroc.

Cette année, Terra Symbiosis a notamment décidé d’allouer 3 000 €, à Canop’Terre. « Une aide pour démarrer, pour que cette structure puisse trouver son équilibre et fonctionner », confie Patricia Jung-Singh. L’association ersteinoise bénéficie aussi du soutien de la Région et de la mairie d’Erstein, notamment pour l’achat de matériel. En 2016, le centre de formation a accueilli une centaine de personnes. Ils étaient une quarantaine cette année.

« Deux sources de chaleur, celle de la terre et celle du soleil »

Cette subvention permettra au projet de serre semi-enterrée ou walipini de se concrétiser. Cette technique, issue des régions montagneuses d’Amérique du Sud, permet de cultiver des fruits et des légumes toute l’année. Pour ce faire, l’équipe Canop’Terre a déjà creusé un trou profond de 1, 20 m. « La serre capte deux sources de chaleur, celle de la terre et celle du soleil, et ce, grâce à l’inclinaison et à l’orientation du toit. Cet hiver, nous allons procéder aux mesures pour voir s’il faut aller plus en profondeur. À terme, on y réalisera des semis qui seront replantés au printemps dans le jardin », explique Olivier Lavaud.

Juste à côté, une cuve d’une capacité de 15 000 litres mise à disposition par le lycée agricole d’Obernai est connectée aux gouttières de l’établissement scolaire ersteinois. Elle constitue le seul point d’eau du jardin. Et pour mettre un terme à l’utilisation d’arrosoirs, un système d’irrigation a été imaginé, via une pompe solaire. Montant nécessaire à sa réalisation : 3 500 €. Pour cela, l’association a lancé une opération de financement participatif, qui a été un succès, puisque 3 400 € ont été collectés.

DNA/DNA/Valérie Wackenheim (26/09/2017)

Publié dans Initiative

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