Les lobbies et les poisons

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Tâtillonne pour les citoyens, la Commission Européenne s'avère faible avec les forts. Les lobbies font la loi alors qu'ils devraient en subir la sanction, dès lors que pour assouvir des intérêts financiers, ils sacrifient la santé humaine et plus encore celle de la nature.

 

 

Le glyphosate, herbicide de MONSANTO, est-il cancérogène ?

 

Admettons les incertitudes scientifiques sur ce point. Le doute ne devrait-il pas bénéficier à la santé, même si celle-ci contrarie les spéculations de la finance ?

Les pouvoirs publics servent systématiquement les lobbies dont la seule existence mériterait une législation pénale. En effet, s'il est légitime que les citoyens fassent entendre des aspirations contradictoires, voire opposées, l'argent ne devrait jamais constituer un critère d'influence sur le politique. Il faudrait chasser l'argent des couloirs des ministères et des assemblées et ériger en infraction le fait pour une firme, un cartel, d'user du levier financier pour corrompre la décision politique.

Vaste programme, puisque les pseudo-démocraties reposent sur le pivot de la finance !


Gérard  CHAROLLOIS

 

Glyphosate et cancer : une nouvelle étude dénonce les évaluations des agences européennes

 

Le toxicologue allemand Peter Clausing met, à son tour, en cause les agences européennes dans l'évaluation de l'impact du glyphosate sur les cancers. Nouveau rebondissement à l'heure du vote sur la ré-autorisation de l'herbicide par les Etats.

 

 

La controverse se poursuit autour des évaluations scientifiques menées par l'Agence de sécurité alimentaire européenne (Efsa) et l'Agence européenne des produits chimiques (Echa) sur la sûreté de l'herbicide glyphosate. Le 24 août, l'ONG Générations Futures a présenté les travaux réalisés par le toxicologue allemand Peter Clausing pour l'association autrichienne Global 2000. Dans son rapport daté de juillet 2017, le Dr Peter Clausing accuse, à son tour, les deux agences européennes de sous-estimer des études démontrant des cas de cancers sur des rongeurs, après le toxicologue américain Christopher Portier, fin mai dernier.

 

"Sur les douze études disponibles sur la cancérogénicité du glyphosate menées chez les rats et les souris, sept montrent un risque accru pour les rongeurs exposés à cette substance, mais les agences européennes ne les ont pas prises en compte", dénonce ce rapport. Il pointe la méthode statistique retenue par les agences, les données utilisées pour comparer les résultats à ceux d'animaux non exposés.

 

Selon ce rapport, la conclusion des autorités "qui affirme que le glyphosate ne cause pas de lymphomes malins", se base sur trois études. Deux d'entre elles, des preuves par la négative, étaient inutiles ou douteuses après examen. Pour la troisième étude, qui démontrait une augmentation significative et dose-dépendante des lymphomes malins, les autorités européennes semblent avoir fabriqué une « dévaluation » en ignorant l'analyse statistique correcte".

 

Le rapport "édifiant montre que les autorités n'ont pu parvenir à la conclusion que le glyphosate n'était pas cancérogène qu'en violant le règlement européen 1272/2008 [relatif à la classification et étiquetage des produits chimiques], leur propre recommandation de 2015 (de l'Echa), celle de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de 2012, et en taisant et déformant certains faits", fustige Générations Futures qui a traduit l'étude.

 

Ré-autorisation du glyphosate : Nicolas Hulot appelé à se prononcer

 

Le 13 juin 2017, les députés européens ont audité le commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis qui a confirmé vouloir ré-autoriser la substance herbicide pour dix ans, après le feu vert de l'Efsa et de l'Echa. Le commissaire estime "qu'il n'y a aucune raison de remettre en question les évaluations basées sur des faits scientifiques" sur la sûreté du glyphosate mais recommande d'interdire le coformulant POE-tallowamine dans les produits à base de glyphosate. Il propose aussi de réduire l'utilisation du glyphosate dans les parcs publics et avant la récolte.

 

Selon Générations Futures, le vote des experts représentant les Etats membres sur cette ré-autorisation pourrait intervenir lors d'un comité les 5 et 6 octobre 2017. La position de la France doit être communiquée au début de septembre à l'Union européenne. "Si la précédente ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, avait toujours été très claire sur ses intentions, aujourd'hui on ne connait pas la position officielle de la France sur ce sujet ! C'est pourquoi Générations Futures a lancé une pétition pour demander au ministre de la Transition écologique [Nicolas Hulot] de prendre une position claire et rapide d'opposition à la ré-homologation du glyphosate en Europe !", a déclaré François Veillerette, son porte-parole. Cette pétition recueille aujourd'hui plus de 20.000 signataires. Elle fait suite à l'initiative citoyenne ayant recueilli plus de 1,3 million de signatures en Europe, demandant à la Commission européenne d'interdire le glyphosate.

 

Rachida Boughriet, journaliste Rédactrice spécialisée (25 août 2017)

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Jpl 02/09/2017 23:58

Les choses commenceront peut être à changer lorsque l'on parlera de criminalité politique, et pas seulement pour ces questions de toxicité mais aussi pour ce qu'ils ne font pas pour la santé des populations : pénurie organisée de médecins par exemple ou ce qu'ils ne font pas plus pour maintenir pour chaque personne un revenu décent, une scolarisation normale et je pense là aux milliers de bacheliers sans place dans l'enseignement supérieur etc...je ne crois pas ceux qui me disent que les politiques ne sont pas au courant de la vie du citoyen de base, ils savent et ne font pas le nécessaire, ils sont donc coupables.

Jean-Louis 03/09/2017 05:19

Merci pour cette analyse très lucide d'une situation assez (?) alarmante !

Chris 02/09/2017 20:26

Bon article et très bonne intro de M. Charollois !