Les idées de BiObernai

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le salon de l’agriculture bio s’ouvre vendredi avec une thématique moins grand public que l’an passé. La formule est inchangée mais affiche quelques nouveautés.

Maurice Meyer, président de BiObernai, veut tenter de conquérir un public allemand. Photo : DNA

La répartition des espaces de BiObernai change presque tous les ans. Ce n’est pas le cas cette année. Vous avez trouvé la bonne formule ?

Pour le moment ! Il y a ceux qui aiment bien retrouver les mêmes exposants au même endroit et d’autres qui veulent des nouveautés. Et on en a quand même quelques-unes.

Dans le coin à l’entrée à droite, on a remis de la restauration, avec un producteur bio de Witternheim. On a enlevé les chapiteaux de conférence à côté de la salle des fêtes pour une extension des animations enfants. Toutes les causeries liées au thème de cette année auront lieu dans l’espace Café klatsch, à la place des stands d’éditeurs.

Mais on est arrivé au bout de l’optimisation de l’espace, avec plus de 240 exposants. Et sur l’espace gravillonné, où ça faisait trois ou quatre ans qu’on cherchait nos repères, on a trouvé quelque chose de merveilleux avec le jardin zen des paysagistes du lycée agricole.

L’espace mode et stylisme avait souffert l’an passé. N’y a-t-il pas mieux à faire de ce côté ?

On va le soigner en termes de look, avec plus de lumière, un parquet et une moquette noire. J’ai décidé il y a quelques années d’arrêter les défilés, qui mobilisaient 20 bénévoles alors que les exposants ne jouaient pas le jeu. Mais ça me manque. L’idéal serait de mettre un petit podium dans cet espace, mais il faut que les exposants suivent.

Pourquoi avoir développé des animations autour de l’écojardinage ?

Il faut absolument former les jardiniers amateurs, car l’interdiction des pesticides leur pend au nez, en 2019 normalement. Avec la camionnette d’Eric Charton, le jardin du paresseux de Didier Helmstetter et les ateliers de Botanic, on va les sensibiliser au jardinage naturel, qui n’est pas facile. Le bio, c’est plus technique, toutes les erreurs se payent.

Le thème de cette année (l’intelligence collective) est moins porteur que l’écomobilité, l’an passé. Cela peut-il pénaliser la fréquentation ?

Je ne pense pas. La thématique n’est qu’une chose. Ce qui m’intéresse avec ça, c’est que les gens ne viennent pas que pour manger et boire en famille. Là, on aura des causeries et des associations sur le sujet. Le vendredi à 18 h 20 (entrée gratuite par la salle des fêtes), une grande séance d’intelligence collective déterminera le thème de BiObernai 2019. On a aussi voulu développer ce thème en demandant en février à tous les exposants s’ils avaient des projets collectifs à promouvoir, mais il n’y a que la ferme Saint-Blaise [NDLR : la sienne] qui a répondu. Miimosa, spécialisé dans le financement participatif agricole et agroalimentaire, passera du coup sur les stands pour voir s’il y a des projets.

L’an passé, vous vantiez l’écomobilité. Cette année, vous mettez des bus en place entre Strasbourg et Obernai à tarif très attractif, alors que des trains roulent sur ce même trajet avec une empreinte carbone moindre. N’est-ce pas contradictoire ?

Je voulais essayer des navettes depuis Saverne ou Colmar, parce que c’est compliqué en train. On s’est dit qu’on allait finalement commencer par Strasbourg. Ce n’est peut-être pas le plus judicieux, mais c’était le plus facile. Et s’il y a 30, 40 ou 50 personnes, c’est mieux que s’ils viennent en voiture.

La mise en place d’un bus samedi et dimanche depuis la ville jumelée allemande de Gengenbach traduit-elle une volonté de cibler le public allemand ces prochaines années ?

Tout à fait. Ils ont beaucoup de bio, mais pas la même gamme en vin ou fromage. Et je me suis dit que comme c’est la ville jumelée, il y a des liens. Pour 5 €, on les dépose devant l’entrée, avec l’entrée incluse. On ne peut pas faire plus. On verra si ça marche. L’idée est d’amorcer la pompe. On a fait de l’affichage et une insertion dans le magazine de la ville.

« Nicolas Hulot: on va peut-être tenter le coup de l’inviter »

Le gouvernement a annoncé la fin des ventes de voitures essence ou diesel pour 2040, comme au Royaume-Uni. Le virage environnemental pris par la France depuis l’élection de Macron vous satisfait ?

C’est une bonne chose. Dans la voiture électrique, tout n’est pas bon, mais au moins on fait quelque chose. Et les Chinois ont aussi prévu d’interdire les moteurs thermiques. Je souhaite bon courage à Nicolas Hulot, que j’ai rencontré en 2003. On va peut-être tenter le coup de l’inviter à BiObernai, je connais un certain nombre de gens proches de lui.

DNA/DNA/Propos recueillis par Guillaume Muller 13/09/2017

Publié dans Initiative, Portrait

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