La centrale de Fessenheim perd ses partenaires suisses

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le consortium suisse CNP renonce à son droit de tirage de 15 % de la production nucléaire alsacienne. Photo : Archives/L’Alsace

Le consortium suisse Centrales Nucléaires en Participations (CNP), dont sont actionnaires les sociétés Alpiq, Axpo et BKW, a annoncé hier qu’il ne renouvellerait pas le contrat qui le lie à la centrale nucléaire de Fessenheim jusqu’au 31 décembre prochain. Signé avec EDF en 1971, ce « contrat d’allocation de production » lui assurait d’obtenir 15 % de la production annuelle des deux réacteurs alsaciens, « en contrepartie du règlement d’une quote-part des coûts de la centrale », rappelle EDF dans un communiqué.

La direction de la centrale indique que cette décision « était attendue et préparée ». Elle intervient « dans le contexte de la décision du conseil d’administration d’EDF du 6 avril 2017 », décision qui a acté le principe d’une fermeture anticipée de la centrale, en la liant à la mise en service de l’EPR de Flamanville. EDF ajoute que « l’impact financier de la fin de ce contrat d’allocation de production est non significatif pour le groupe », et que le contrat similaire liant le consortium CNP à la centrale de Cattenom, en Moselle, n’est, pour sa part, pas remis en question.

La partie allemande ne demandera pas de dédommagement

L’autre partenaire étranger de la centrale de Fessenheim est l’allemand EnBW, qui possède un « droit de tirage » de 17,5 % de la production. À ce jour, il n’a pas signifié son désengagement, mais les associations antinucléaires alsaciennes ont rendu publique, la semaine dernière, une lettre datée du 9 juin 2017, dans laquelle Gerrit Niehaus, ministre de l’Environnement du Bade-Wurtemberg – actionnaire d’EnBW – confirme qu’« une demande de dédommagement du côté allemand est totalement impensable », en cas de fermeture anticipée.

En juin 2016, l’ex-ministre française de l’Environnement, Ségolène Royal, avait déjà déclaré que les partenaires allemands et suisses de la centrale de Fessenheim « ne demandaient rien » en termes d’indemnisation. Mais depuis l’annonce de la fermeture par François Hollande, certains élus locaux et parlementaires pro nucléaires avaient mis en garde, à plusieurs reprises, contre le montant du dédommagement que pourraient réclamer ces partenaires.

Dans son courrier, Gerrit Niehaus regrette, à ce propos, « des discussions de façade inutiles, qui détournent du problème réel, à savoir le déficit de sécurité et de sûreté » de la centrale. Rappelons enfin que ces annonces allemande et suisse font évidemment écho aux décisions de nos deux voisins de sortir du nucléaire, à court ou moyen termes.

DNA/DNA/O.Br. 13/09/2017

Fessenheim

Les Suisses ne veulent plus de l’électricité de la centrale nucléaire

 

Fessenheim centrale nucléaire EDF Photo : DNA-Nicolas Pinot

La société suisse Centrales Nucléaires en Participations (CNP) va cesser d’acheter à partir du 1er janvier 2018 de l’électricité provenant de la centrale nucléaire de Fessenheim dont la fermeture complète est prévue en 2019, a annoncé ce matin EDF.

Le groupe suisse qui regroupe trois sociétés de production et de commercialisation d’électricité, Alpiq, Axpo et BKW, avait un contrat avec EDF depuis 1971 qui lui permettait d’obtenir 15 % de la production des deux réacteurs de la centrale.

Cette décision est motivée par « l’incertitude politique en France sur la date de fermeture de la centrale de Fessenheim et l’état actuel des prix de gros sur les marchés de l’électricité en Europe », a expliqué le consortium CNP à l’AFP.

Le contrat prendra fin au 31 décembre 2017, a indiqué de son côté EDF qui assure que « l’impact financier de la fin de ce contrat d’allocation de production est non significatif pour le groupe ». Les contrats d’allocation de production consistent à mettre à disposition de partenaires une part de l’énergie produite par des réacteurs en contrepartie du règlement d’une quote-part des coûts de la centrale.

L’autre contrat d’allocation de production pour la centrale de Cattenom (Moselle) qui lie EDF à CNP n’est pas concerné par cette décision, souligne l’électricien français.

Pour mémoire, le 21 mai, les Suisses ont décidé de sortir à moyen terme du nucléaire en acceptant, à 58,2 % par référendum, la nouvelle loi sur l’énergie interdisant la construction de nouvelles centrales.

DNA/DNA 12/09/2017

Publié dans Nucléaire

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