Destins de cygnes

Publié le par Jean-Louis Schmitt

À Souffelweyersheim, une famille de cygnes vient de connaître un printemps et un été mouvementés, fatals pour quatre de ses six petits. Mais deux d’entre eux ont pu être sauvés.

Au printemps, la famille cygne comptait deux adultes et six petits. Photo ville de Souffelweyersheim

Au printemps, une famille de cygnes, avec six cigneaux nés en mai, s’est installée dans le port de plaisance de Souffelweyersheim. « On les voyait tous les jours, c’était sympa » raconte l’adjoint au maire Rémy Reuther. « Je leur ai même construit un nid. Et on a mis un panneau pour interdire de leur donner du pain », ajoute le maire Pierre Perrin.

Les Souffelweyersheimois s’entichent de la tribu. Mais peu à peu, le nombre des petits diminue. Fin août, il ne reste plus que deux jeunes cygnes et leurs parents. Jusqu’au drame : jeudi dernier, une voiture cogne un jeune cygne. Le conducteur prend la fuite. Une automobiliste alerte la mairie. D’autres témoins font appel à la fourrière. L’oiseau est pris en charge par le Gorna. Il souffre de « fractures ouvertes multiples et sérieuses » et plus rien n’est possible pour le sauver. « Son état était trop grave pour qu’il récupère, nous avons dû l’euthanasier » explique Guy Marchive, responsable du Gorna.

Pour Maryam Beik-Baghban, qui défend bec et ongles la cause des cygnes, c’est un « délit de fuite ». La mairie espère pouvoir mener des investigations pour savoir ce qu’il s’est vraiment passé. « De temps en temps, les cygnes traversent la route et ça se passe toujours très bien » souligne Rémy Reuther.

Une famille qui faisait le bonheur des badauds, au bord du canal. Ici, avec les deux jeunes cygnes restants, avant l’accident qui a causé la mort du jeune volatile au plumage beige. DR

En cas d’accident, la moindre des choses est « d’alerter les secours » en ayant mis au préalable l’animal à l’abri, estime Maryam Beik-Baghban. « Pour le manipuler, il faut lui mettre un drap ou une couverture sur la tête » précise Guy Marchive. Ensuite, « il ne faut ni le nourrir, ni lui donner de l’eau, ni tenter de le soigner ». Certains, voulant atténuer les douleurs de l’animal, lui ont fait prendre du paracétamol… 

Que sont devenus les autres petits cygnes ? Un premier a disparu sans qu’on sache comment. Un autre a été retrouvé, l’œil percé. Pris en charge par Maryam Beik-Baghban, soigné par un vétérinaire, il a été retrouvé mort quelques jours plus tard.

Deux autres jeunes cygnes ont eu plus de chance. Alertée par des riverains, Maryam Beik-Baghban a récupéré les oiseaux en piteux état, flageolants et n’arrivant plus à tenir leur cou droit, et les a confiés au Gorna. Ont-ils été délibérément empoisonnés, ou intoxiqués par les bactéries qui prolifèrent quand la température monte ? Impossible de le savoir. L’essentiel est ailleurs : le centre de sauvegarde les a remis sur pied. Ou plutôt sur pattes.

Le 19 août, avec un autre cygne récupéré blessé à Strasbourg, ils ont été réinsérés dans leur milieu naturel, sur le canal de la Marne au Rhin. L’endroit est gardé secret, pour leur sécurité. Une remise en liberté loin de leur famille pour éviter toute friction avec des parents qui ne les reconnaîtraient plus.

Gorna : Groupement ornithologique du refuge Nord Alsace, centre de sauvegarde de la faune sauvage : www.gorna.fr

DNA/Sophie Weber (07/09/2017)

Le 19 août, après avoir été soignés par le Gorna, trois cygnes, dont deux appartenant à la famille de Souffelweyersheim, ont pu être réinsérés dans leur milieu naturel. DR

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Rosyne 11/09/2017 08:24

Une bien triste histoire en effet !
Merci toutefois au GORNA d'en avoir sauvé deux.

ddelsass 11/09/2017 06:33

Bonjour, que ce qui est arrivé à cette famille de cygnes est bien triste, et me fait très mal au coeur!
Mais il n' y a pas a essayer de comprendre ce sont des faits avérés douloureux, c' est tout!
Et, nous qui aimons les animaux cela nous touche.
DD