Communication à courte et longue distance

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les canidés sont d’excellents communicants : ils parviennent à transmettre l’imprononçable aux moyens d’un panel d’outils élaborés.

Illustration : Patrice SEILER

Mathilde me demande pourquoi ses chiens reniflent partout quand elle les promène. Elle a bien compris que ces actions de flairages étaient importantes pour eux, mais elle ne sait pas à quel point.

Thibaut cherche à interpréter les aboiements de son compagnon qui semble répondre à ses congénères sans que ces informations aient une quelconque signification pour lui. Goldwyn apprécie de longer la clôture du voisin en y collant son épaule sur des dizaines de mètres surtout quand la chienne est dans des dispositions hormonales favorables.

Échanges d’éléments olfactifs et visuels

Lorsqu’ils se frottent contre une surface (verticale ou horizontale) ou qu’ils déposent un dépôt urinaire ou fécal, leurs signatures sont essentiellement destinées à l’olfaction du receveur du message. Ce dernier pourra récupérer instantanément et ultérieurement des indices sur l’état de santé de l’émetteur, mais aussi ses émotions, son stade de développement, son sexe et son niveau de stress. Entre autres ! Ajoutez le signal visuel laissé par les grattages et flaques d’urines ou excréments, et chaque sujet a ainsi donné toutes les informations requises pour se faire comprendre de ses congénères.

Par ailleurs la présence du chien qui a laissé ces indications n’est pas nécessaire : plus tard (le même jour et jusqu’à plusieurs semaines plus tard), l’émission pourra persister, à condition que rien ni personne ne l’ait effacé.

Ne nous leurrons pas, nous humains sommes inaptes à saisir le moindre sens à tout cela.

Postures, mimiques et regards

Quiconque a déjà observé des chiens en interactions se rend compte qu’ils savent se comprendre. Lorsqu’ils bondissent, font frissonner leurs babines et moustaches, durcissent leurs regards, hérissent les poils ou s’engagent dans un simulacre de lutte gréco-romaine, il est évident qu’il y a des points à saisir. La condition sine qua non pour permettre ces échanges dépend des conditions de développement précoce de chacun des individus : pour savoir communiquer, il faut en avoir appris les modalités. D’où les quiproquos et conflits éventuels, survenant régulièrement entre eux, quand ils n’ont pas bénéficié de tous les apprentissages de rigueur. Nous sommes ici dans des échanges immédiats, observables et limités à une zone restreinte.

De quoi parlent-ils ?

Grâce à différents signaux, les chiens s’échangent des informations sur leurs besoins et leurs désirs propres mais aussi des éléments liés au groupe, telles que des alertes en cas d’information importante liée à leur environnement. Grâce aux aboiements et vocalises en tout genre, ils peuvent transmettre sur de longues distances, contrairement aux éléments visuels, plus instantanés et limités à une certaine superficie.

Court et long terme, petites et grandes distances

Comme nous l’avons vu, les courriels, textos ou envois postaux pour humains ont des équivalents (toutes proportions gardées) canins.

À courte et longue distance, en instantané ou différé, ils savent comment procéder. Un chien qui passe au même endroit y trouvera encore des résidus, qu’il saura flairer, interpréter ou recouvrir pour y ajouter un complément.

Il y a cependant des éléments perturbateurs qui jouent un rôle primordial : les interventions (humaines et autres espèces) qui font souvent disparaître les traces, et l’environnement soumis aux conditions climatiques effaçant elles aussi les indications laissées.

Qui a dit que les chiens ne savaient pas communiquer parce qu’ils n’ont pas la parole ?

DNA/DNA/Laurence Bruder Sergent (10/09/2017)

Publié dans Animaux

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