Chasseurs, forestiers, écologistes : trouver l’équilibre !

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Une sortie à la réserve nationale de chasse et de la faune sauvage de La Petite-Pierre a permis de présenter les travaux réalisés sur ce territoire pilote. La réserve nationale de chasse et de la faune sauvage de La Petite-Pierre est le site national majeur d’étude de l’interaction entre la grande faune, la gestion forestière et la biodiversité, mais aussi un des rares sites pour faire des opérations de gestion expérimentale et contrôlée.

Les visiteurs ont découvert l’un des nombreux pièges mis en place dans la réserve. Photo : DNA

Trouver le bon équilibre entre les intérêts de l’ONF et des chasseurs, tout en respectant les objectifs de la charte du parc naturel des Vosges du Nord, tel est le défi à relever au quotidien.

Cet équilibre est mis à mal par les cerfs, les sangliers et les chevreuils. Leur nombre augmente de façon exponentielle depuis 40 ans. Les sangliers sont passés de 40 000 à 650 000, les chevreuils de 50 000 à 550 000, et les cerfs de 2 000 à 60 000. Rien qu’en Alsace, on estime la population de cerfs et de biches à environ 2 000.

Cette pression de la faune n’est pas sans conséquences sur la flore et notamment sur la régénération naturelle des forêts. Les trois acteurs ont expliqué leur position à la douzaine de participants de cette sortie.

L’ONF, par la voix de Hubert Georg, responsable de l’unité territoriale, doit gérer la forêt de manière harmonieuse mais aussi économique et à long terme. De plus, elle doit équilibrer ses comptes. Une partie non négligeable de ses recettes provient de la location de la chasse. Elle doit donc tenir compte des demandes des chasseurs.

Trop de cervidés, de sangliers et de chevreuils

Pour avoir une forêt majoritairement composée de chênes et de hêtres qui se régénère d’elle-même, il faudrait moins de cervidés qui se nourrissent des jeunes arbres, et notamment des pousses de chênes dont ils sont particulièrement friands.

Les chasseurs, par la voix de Vivien Siat, inspecteur de l’environnement de l’office national de la chasse, veulent vivre leur passion et valoriser leur investissement financier tout en préservant la faune pour garantir leurs tableaux de chasse à long terme. Contrairement aux idées reçues, les chasseurs ne souhaitent pas un plan de chasse annuel qui leur impose de tirer de plus en plus de cervidés. À noter, le tir des sangliers n’est pas limité car ils sont considérés comme nuisibles.

Les deux acteurs évoluent sur le même terrain et doivent donc obligatoirement se parler et coopérer. Le parc, quant à lui, souhaite préserver toute la faune et toute la flore de la forêt. Sébastien Morelle, responsable Natura 2 000 du parc, a expliqué qu’il est indispensable de préserver l’environnement et la biodiversité. Les intérêts étant parfois contradictoires, chacun doit pouvoir argumenter de façon factuelle.

La réserve nationale de la chasse est une sorte de laboratoire de 2 727 hectares dans lequel l’ONF et l’ONC peuvent observer le comportement de la faune et mesurer son impact sur la flore. Clôturer une parcelle de la forêt et voir comment elle évolue lorsqu’elle n’est pas impactée par les dégâts des animaux et une des expériences.

Mais les techniques actuelles permettent d’aller plus loin. Ainsi, pour suivre les déplacements des animaux, ils sont piégés puis munis de colliers émetteurs qui fourniront leurs positions GPS durant un an. On pourra même observer le déplacement des animaux durant une battue en relevant leur position toutes les demi-heures. L’année dernière, 342 animaux, dont 154 sangliers ont été capturés et ont reçu une boucle.

L’ONF et l’ONC ont également trouvé un accord sur la réglementation de l’agrainage en forêt qui est repris dans le cahier de charge des locations. Les expériences menées dans la réserve au cours des 40 dernières années servent ensuite à prendre des décisions pour les autres territoires en France. Mais il reste de nombreuses pistes de travail et les différents acteurs ont encore des projets communs.

DNA/DNA (24/09/2017)

 

 

« Les chasseurs […] veulent vivre leur passion et valoriser leur investissement financier » ! Voilà une des pierres angulaires de ce débat qui n’en finit pas ! Il y aurait trop de « gibier » selon les uns (ONF) et ce même « gibier » représente une manne quasi inépuisable pour les autres (chasseurs) ! Alors, quelle solution ?

Pour moi, elle est simple : il faut cesser de s’acharner sur les prédateurs naturels et… laisser le temps au temps comme en témoigne cette magnifique vidéo [voir ci-dessous] !

JL

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