Un camp permanent

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Une poignée de militants occupe de façon permanente un site situé à Kolbsheim sur le tracé de la future autoroute. L’idée d’une ZAD fait timidement son chemin.

L’amorce d’une ZAD dans la forêt de Kolbsheim. Photo : DNA - CEDRIC JOUBERT

L’amorce d’une ZAD dans la forêt de Kolbsheim. Photo : DNA - CEDRIC JOUBERT

Il n’y avait personne sur le site du campement du Moulin, jeudi soir entre 20 h et 22 h à Kolbsheim. Les militants étaient « en réunion », à quelques kilomètres de là dans la cabane anti-GCO agrandie installée le long de la départementale 45.

Mais après la réunion, ils sont revenus sur le site. C’est là qu’est annoncée l’installation depuis samedi d’une ZAD (Zone à défendre). Ou tout du moins une occupation permanente pour s’opposer au projet d’autoroute de contournement de Strasbourg (GCO) qui passera là.

Moins d’une dizaine de personnes

Des tentes et une roulotte constituent le campement plutôt sommaire en lisière de forêt, à côté du moulin. Selon les militants, trois ou quatre personnes ont décidé de dormir sur place toutes les nuits depuis samedi. Et autant de personnes les accompagnent, pas toujours les mêmes. Moins d’une dizaine de personnes donc, pour amorcer le processus d’occupation. Le terrain appartient au châtelain voisin, opposé au GCO et l’initiative a le soutien du maire de Kolbsheim, Dany Karcher, partisan de la désobéissance civile et non violente dans la lutte contre Vinci, le concessionnaire de la future A355.

L’état d’esprit du groupe est combatif : « nous sommes prêts à entraver l’avancée des engins, c’est très clair », explique Yoam Galima, l’un des permanents du campement. « La ZAD, c’est défendre notre forêt, défendre notre environnement », explique Sylvain, de Duttlenheim, qui est dans le collectif GCO non merci ! depuis plus de dix ans et qui pense venir s’installer ici à la fin du mois. Et d’ajouter : « cette forêt a déjà été détruite une fois, on ne laissera pas faire. Les arbres ont cent ans. On est prêts à défendre toute la zone du tracé ».

« On arrive à un point ultime »

« On arrive à un point ultime, dit Bruno Dalpra, l’un des animateurs du mouvement anti-GCO. Nous sommes entrés dans une phase de basculement, nous sommes prêts à en découdre ».

« On ne veut pas qu’ils viennent massacrer nos arbres, ajoute Nathalie, secrétaire le jour et qui dort sur place depuis trois nuits. L’autoroute c’est vrai, ne passera pas sur toute la forêt, mais la forêt sera quand même dénaturée ».

Pour l’heure, pas d’agriculteur à l’horizon du campement. C’est pourtant une composante essentielle des ZADs façon Notre-Dame-des-Landes. Il est vrai que le mouvement anti-GCO est partagé sur l’option ZAD et si les agriculteurs expriment leur opposition au projet d’autoroute, il n’en reste pas moins qu’ils affirment, les dirigeants de la FDSEA tout du moins, ne pas être prêts à s’opposer aux engins de chantier.

Un chantier qui n’en est pour l’instant que dans sa phase préparatoire. Son lancement est annoncé pour le début de l’année prochaine, mais dès septembre auront lieu des travaux préparatoires spectaculaires et symboliques avec la coupe d’arbres à Kolbsheim mais aussi du côté de Vendenheim.

Les opposants sont en train d’organiser une caravane qui sillonnera les villages impactés par le tracé de la future autoroute A355 les 25 et 26 août, pour informer, créer du lien et lutter contre ce qu’ils appellent leur plus grand ennemi, après Vinci : la résignation.

DNA/DNA/Olivier Claudon (12/08/2017)

 

Oui au GCO, même avec un péage

Mme Mathilde Rudloff, Hoerdt :

« Je suis étonnée de voir autant de gens opposés au GCO dans les courriers du journal. Je comprends que ceux qui habitent tout près de cette future autoroute espèrent qu’elle ne se fasse pas, je ferais peut-être pareil. Mais d’après ce que je comprends, il n’y a qu’un quartier de Vendenheim qui est très proche.

Je constate que tous ces opposants, surtout ceux qui écrivent depuis Strasbourg, ne doivent pas être souvent sur l’autoroute aux heures de pointe : leur métier ne les oblige sans doute pas à prendre l’A35 et, en lisant leurs courriers, c’est souvent plein de contradictions dans les arguments. Pour ma part, quand je vais voir des clients à Ernolsheim-sur-Bruche ou à Hangenbieten, je serais bien contente de prendre le GCO (même avec un péage) au lieu de prendre des routes départementales dangereuses et encombrées ou, ce qui est pire, de prendre l’A35.

Dans mon entreprise, dans mes relations professionnelles et parmi nos amis, qu’ils soient de la campagne ou de Strasbourg, tout le monde attend cette autoroute avec impatience. Je voudrais, avant ma retraite, voir enfin ce projet réalisé. »

 

GCO : une déferlante d’inepties

M. Bernard Klein, Illkirch-Graffenstaden :

« Les courriers de Mme Dupeux et de M. Rohmer dans les DNA du 25 juillet 2017 sont affligeants.

En effet, il est évident que les automobilistes venant du sud ou du nord pour accéder à Strasbourg ne passeront pas par le GCO, ils resteront sur l’A35. Pour le “déferlement” de camions en provenance de l’hypothétique barreau de Wissembourg, c’est bien le péage du GCO qui l’empêchera. D’autre part, le projet du GCO concernait bien le désengorgement de Strasbourg dès le départ. Dire le contraire n’est que du verbiage stérile.

Parler de gemütlichkeit pour soi-même relève d’un égoïsme inqualifiable quand tous les riverains de l’A35 vivent quotidiennement l’enfer de la pollution et du bruit. L’autoroute de transit existe déjà : c’est l’A35 et c’est bien cela qu’il s’agira de corriger avec le GCO. Enfin, le merveilleux paysage de la plaine d’Alsace et des contreforts des Vosges sera très appréciable depuis le GCO ! C’est bien l’exceptionnelle vision qu’ont aujourd’hui les automobilistes qui empruntent l’autoroute entre Sélestat et Molsheim et personne ne s’en est plaint encore.

Accuser Vinci ou la CCI de tous les maux est un peu facile. La CCI défend très justement les intérêts économiques de l’Alsace et Vinci est chargé de réaliser et gérer un ouvrage pour lequel cette société a été désignée selon les réglementations en vigueur. »

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ddelsass 12/08/2017 16:33

Bonjour, J' invite Mme Mathilde Rudloff, à venir HABITER à Ernolsheim Bruche, non seulement passer!
Nous y sommes depuis plusieurs décennies et le château de Kolbsheim, chargé d' histoire, construit en 1703, avec son parc magnifique, ! "Jardins à la française d' abord, puis en dessous un jardin à l' italienne plus sauvage et qui laisse plus de place à la nature , pour progressivement déboucher sur les parcs à l' anglaise qui en bordure de rivière alternent forêts et prairies."
Tout ceci va être dénaturé avec la vue de cette autoroute à camions, sur pilotis , en béton, qui ne servira en rien , les problèmes avancés par l' Etat! qui bordera directement Ernolsheim et le parc. et jardins du château, site classé depuis 1972 à l' inventaire supplémentaire des monuments historiques,.
"Ces jardins en terrasses ont été conçus par le grand'père GRUNELIUS , à la gloire de Dieu. " " conçu autour de l' homme" avec son "chemin des philosophes"et ces "tracés ronds comme dans un monastère".
ET, également cette autoroute, qui passant au milieu de la forêt, ils veulent raser des arbres centenaires, ce qu' avaient déjà fait les Allemands, à l' époque. Il y a aussi le problème de la tractation du moulin , hé oui, que fera Vinci, après l' avoir racheté malgré les promesses? La CCI ne regarde que l' intérêt financier. Et, L' Etat avec ses parlementaires signeront ils encore une fois, le contrat râté qui après tant d' années, sera toujours au bénéfice de VINCI? Comme en l' état actuel des contrats échus!
Mais peut être n' ont ils plus le temps de réfléchir, de se projeter dans le temps, futur, avec toute l' énergie qu' ils donnent aux insultes. Quelle honte , très bon exemple donnent ils aux Français!

Nous sommes inquiets non seulement des nuisances sonores, visuelles et surtout de la pollution AUSSI; Et, là on ne parle plus de réchauffement climatique!
"Un horizon bientôt entaillé par cette autoroute à camions. Trés romantique n' est ce pas!
Le grand philosophe Jacques MARITAIN disait : " Je rêve à la paix de votre terrasse, d'où l'on peut voir le monde sans être du monde. " Lui et son épouse sont enterrés au cimetière du village de Kolbsheim. Certains extraits en guillemets viennent de l' article de David Geiss.
Désolée si je vous ai ennuyé, contrarié, tant pis! Je suis furax , vous rappelez vous "FURAX", moi j' ai l' âge aussi! Bye!