Sélestat : Gueule de bois pour les marronniers

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Dans le parc des Remparts de Sélestat, les marronniers ont déjà pris les couleurs de l’automne. La faute à une chenille, la cameraria ohridella. Chaque année, cet insecte fait des ravages chez les arbres à bogues.

Le sol est jonché de ces feuilles déjà mortes en août. Photo : DNA - Franck Delhomme

 

La chaleur de l’été avec le froissement automnal des feuilles que l’on piétine. Sur les remparts qui bordent le parc éponyme, telle est l’expérience sensorielle que l’on peut vivre en ce moment. En effet, pour les 90 marronniers du parc des remparts, l’automne est arrivé à la fin du mois d’août.

Ce n’est pourtant pas la météo qui en est responsable, mais une petite chenille qui porte bien son nom : la mineuse du marronnier. 

Le papillon pond dans les feuilles du marronnier

Cette petite larve de trois à cinq millimètres se développe après qu’un papillon a pondu dans les feuilles de l’arbre. « La chenille rentre ensuite dans l’épiderme de la feuille et creuse des tunnels pour se nourrir. Avec le temps, la feuille finit par mourir et tomber », explique Patrick Buhl, responsable du service espace vert de la Ville de Sélestat. Les marrons ne semblent pas affectés par la mineuse. Ils restent d’un vert clair tout à fait sain.

Un fléau difficile à enrayer

Pour lutter contre ce fléau, il n’y a pas encore de solution miracle. Celui qui veille sur la flore sélestadienne pointe du doigt une sorte de lanterne accrochée à la branche de certains marronniers.

« En avril, nous mettons en place des pièges à phéromones pour attirer les papillons mâles. Ils sont alors piégés dans un liquide savonneux et se noient. »

Mais la méthode a ses limites. Malgré la vingtaine de pièges alimentés toutes les six semaines par les agents de la Ville, Patrick Buhl admet que le dispositif n’a pas été efficace cette année : « Cela fonctionne pour une année normale, comme en 2016. Mais cet été, la chaleur a favorisé la prolifération de ces chenilles… »

Une menace récente, qui risque de s’amplifier

À court terme, la menace reste plutôt d’ordre esthétique. Il ne s’agit pour l’instant que d’arbres nus en été. Le responsable du service espace vert craint néanmoins que le phénomène, répété chaque année, « puisse fragiliser les arbres à la longue ».

Des propos corroborés par un article de Sylvie Augustin, chercheure à l’Institut nationale de la recherche agronomique : « Aucune mortalité n’a d’ailleurs été enregistrée jusqu’à présent dans les pays où la mineuse est présente depuis plus de 15 ans. On ne peut cependant pas exclure des effets négatifs à plus long terme », peut-on lire dans le 137e numéro de la revue Insectes. Tandis qu’aucune méthode humaine ne se montre efficace, il est difficile d’attendre de la nature qu’elle sauve les feuilles des marronniers. La présence en France de la mineuse est trop récente pour qu’un prédateur de la chenille puisse apparaître.

À cela s’ajoute une autre mauvaise nouvelle : la chaleur provoque la prolifération de cette espèce invasive. Le réchauffement climatique aidant, le fléau risque donc bien de s’amplifier… au grand dam du marronnier.

DNA/DNA/Guillaume Krempp (26/08/2017)

 

Ici, le piège à phéromones servant à noyer les papillons mâles. Photo : DNA - Franck Delhomme

 

Les marrons semblent, quant à eux, épargnés par la chenille. Photo : DNA - Franck Delhomme

 

Dans le parc des Remparts, les marronniers semblent déjà nus comme à l’automne. Photo : DNA - Franck Delhomme

 

Le Frêne, ce dangereux malade

Le frêne, lui aussi, est touché par un fléau Cette fois, il ne s’agit pas d’une chenille, d’une mineuse de frêne, mais bien d’un champignon microscopique originaire d’Asie : la chalarose du frêne. Comme pour le marronnier, la maladie est apparue récemment et le symptôme est observable par une perte des feuilles de l’arbre en plein été. Pour cette espèce, il est par contre certain que le champignon fragilise cet arbre en provoquant des nécroses. Au vu des risques de chute d’arbres et de branches, la ville limite actuellement l’accès à la forêt. La circulation est seulement autorisée sur le sentier de “l’Ill aux trésors”, le sentier balisé par le Club vosgien (sauf le tronçon comportant des passerelles suspendues) et enfin l’accès Est à l’observatoire de la grande faune.

Publié dans Environnement

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ddelsass 27/08/2017 15:36

Bonjour
Et quel malheur pour ces marronniers! Dommage!