Pourquoi le renard est la meilleure arme contre la maladie de Lyme

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Chaque année, entre 600 000 et un million de renards sont tués, sans qu’aucune régulation ne soit mise en place. Parallèlement, la maladie de Lyme touche 27 000 personnes chaque année. Si l’on pourrait se demander pourquoi faire un tel parallèle, la réponse est pourtant simple. Les renards que nous abattons parce qu’ils sont considérés comme « nuisibles » sont pourtant une des solutions les plus efficaces contre la maladie de Lyme et autres maladies transmises par les tiques. Voici comment la volonté de contrôle d’un petit nombre vient déstabiliser l’équilibre naturel de nos écosystèmes avec des conséquences chez l’Humain.

Photo : Jean-Louis Schmitt

Les renards pour nous venir en aide ?

Une étude portée par The Royal Society a récemment mis en lumière le lien entre l’activité des renards et la densité des tiques porteuses de la bactérie Borrelia. Rappelons-le, la maladie de Lyme, autrement connue sous le nom de Borréliose de Lyme, est une affection qui peut toucher les humains comme les animaux. Cette maladie, qui ne se propage que par la morsure de tiques, a le grand désavantage d’être très difficilement diagnostiquée. Elle s’attrape facilement où les tiques se trouvent, dans la nature et plus précisément dans les zones forestières.

Le constat de l’étude est simple, plus les prédateurs sont présents dans des parcelles forestières, plus le nombre de tiques infectées diminue. Son postulat de départ était que les tiques à l’état larvaire s’attaquent aux organismes les plus faciles d’accès, à savoir les plus près du sol, donc les rongeurs. Il s’avère que ces mêmes rongeurs sont porteurs d’infections qu’ils transmettent aux tiques qui pourront donc les transmettre à leur tour à d’autres animaux. C’est précisément ici que le rôle des prédateurs comme les renards est primordial. En régulant naturellement le nombre de rongeurs, ils permettent ainsi de réduire le risque de transmission de la maladie à l’homme.

Pour vérifier ce postulat, les chercheurs ont observé vingt parcelles forestières d’un hectare chacune, présentant des densités de prédateurs différentes. Et les résultats ont permis d’arriver à la conclusion que plus le nombre de renards et de fouines était important, moins le nombre de tiques infectées l’étaient. En chassant les rongeurs, les prédateurs parviennent donc à réduire la propagation de la maladie puisque, par peur, ils sortent moins, et ont donc moins de raisons d’être infectés. Et les tiques, elles, se rabattraient sur d’autres proies, moins porteuses de maladie, ce qui permettrait d’enrayer la propagation de la Borréliose. Par conséquence, le risque pour l’Homme est moindre en présence d’un plus grand nombre de renards.

Photo : JLS

L’incohérence humaine

La nature est ainsi bien faite que les écosystèmes permettent une régulation et un équilibre salvateur pour tous, y compris les êtres humains. Pourtant, ces derniers ne semblent pas se rendre compte que par la destruction de ce fragile équilibre, ils se tirent une balle dans le pied. En tentant de protéger coûte que coûte des activités économiques, alors même que ces activités se trouvent dans des territoires de vie sauvage, l’Homme a créé des catégories d’animaux à bannir, à exterminer : « les nuisibles ». Un terme qui permet de justifier une chasse massive et systématique, très peu questionnée.

Une pratique légitimée par l’indifférence générale, injustement. Car le renard est un prédateur naturel qui tue pour se nourrir. Cela implique qu’il va privilégier les animaux les plus faciles à chasser, et donc les plus faibles et les malades. De plus, le renard se nourrit également de charognes, nettoyant ainsi l’écosystème en évitant le développement de maladies. Dénoncer ces incohérences et méconnaissances de la nature, c’est également le travail de Krapo, cet auteur bénévole à l’origine d’une BD sur le sujet que Mr Mondialisation avait déjà présenté lors d’un précédent article.

Une maladie devenue un véritable enjeu de santé publique auquel le monde de la santé ne sait pas encore répondre efficacement, et qui pourrait être fortement limitée sans cette chasse aux renards. Alors, à l’heure où la maladie de Lyme fait de plus en plus parler d’elle et où toujours plus de cas sont diagnostiqués chaque année, va-t-on se contenter une fois encore de soigner les symptômes ?

Mr Mondialisation (20 août 2017)

Photo : JLS

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