Ours dans les Pyrénées : quatre agents publics pris à partie en Ariège

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Quatre agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) venus expertiser des dommages liés à l'ours ont été pris à partie en Ariège par des individus "proférant des menaces de mort et tirant plusieurs dizaines de coups de fusil", a indiqué samedi la préfecture.

Le maire d'un petit village des Pyrénées a pris un arrêté interdisant à l'ours toute "divagation" sur sa commune, a-t-il indiqué dimanche, justifiant cette mesure "symbolique" par le besoin d'alerter l'opinion sur le "danger" que représente l'animal, selon lui… Photo : Jean-Louis Schmitt

 

La préfète de l'Ariège Marie Lajus a fait part de son "indignation devant le comportement irresponsable" des auteurs de cette "agression" qui a eu lieu vendredi sur une estive de la commune pyrénéenne d'Auzat, frontalière de l'Espagne et d'Andorre.

 

Les agents ont été pris à partie alors qu'ils "progressaient dans la montagne", selon un communiqué de la préfecture de l'Ariège transmis à l'AFP. Ces faits feront l'objet d'un dépôt de plainte de l'ONCFS auprès du parquet "avec le soutien de la préfecture et donneront lieu le cas échéant aux poursuites judiciaires qui s'imposent", précise le texte. 

 

L'Office est un établissement public sous la double tutelle du ministère de l'Environnement et de l'Agriculture. Cette agression intervient dans un climat tendu en Ariège à la suite de la mort depuis la mi-juillet dans ce département de près de 300 brebis, toutes victimes des ours, selon l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (ADDIP), qui refuse la réintroduction du plantigrade.

 

La principale attaque a eu lieu à la mi-juillet: 209 brebis d'un groupement pastoral à Couflens, commune située à quelques kilomètres d'Auzat, avaient "déroché", c'est-à-dire chuté d'un rocher ou d'une falaise, à la suite de l'attaque du troupeau par un ours.

 

Samedi matin, quelques dizaines d'éleveurs anti-ours ont bloqué des accès de Saint-Girons (Ariège) et distribué des tracts à la sortie du péage de Lestelle (Ahute-Garonne) sur l'A64, au sud de Toulouse, provoquant des ralentissements. Ces actions se sont déroulées sans incident selon la gendarmerie.

 

Vingt ans après la réintroduction de l'ours, plantigrade pouvant peser jusqu'à 250 kilos et mesurant jusqu'à deux mètres dressés sur ses pattes arrière, sa présence dans les Pyrénées et surtout la question sensible de nouveaux lâchers sur les versants français continuent de diviser.

 

Trente-neuf ours ont été détectés dans les Pyrénées en 2016 et les dommages qui leur sont imputés sont stables, selon une étude publiée en avril de la préfecture de la région Occitanie.

Pour l'association Férus, en faveur de la protection des ours, "hormis le cas du dérochement exceptionnel du 16/17 juillet (209 brebis), les dégâts imputables à l'ours au 16 août sont de 89 ovins, soit un chiffre habituel, la majorité des troupeaux concernés par ces dégâts n'étant pas protégés".

 

"Sur les 570.000 ovins présents dans les Pyrénées, 18.000 à 30.000 brebis meurent chaque été de chutes, de la foudre, de maladies, du manque de soin, de prédation par les chiens, les asticots etc...", a souligné samedi l'association dans un communiqué.

 

Selon Férus, "le dérochement exceptionnel de juillet fera tout au plus passer la part de l'ours dans la mortalité globale de 1 à 2% en 2017"

 

AFP (26 août 2017)

Publié dans Biodiversité

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Jean-Louis 26/08/2017 20:50

De tels agissements sont parfaitement inadmissibles et devraient, à juste titre, être poursuivis et punis ! Pour autant, gageons qu’il n’en sera rien : le lobby cynégétique, s’il est loin d’être aussi puissant qu’on ne veut nous le faire croire, a néanmoins d’authentiques accointances avec la sphère politique et, de ce fait, saura faire étouffer ces « débordements »…
Ah ! Si c’était une poignée d’écologistes qui se comportaient ainsi, la sentence serait certainement immédiate et pour le moins très lourde !

Gérard CHAROLLOIS (CVN) 26/08/2017 20:40

La violence brutale, primaire, grossière du lobby agrocynégétique s’illustre constamment. Aucun dialogue possible avec ceux qui font de la mort des animaux leur loisir et accessoirement leur métier.
Menaces de mort, saccages de locaux publics ou associatifs, coups et injures signent leur obscurantisme et leur mépris du vivant.
Ultras-minoritaires, ces voyous font peur aux autorités qui cèdent, préférant toujours une injustice à un désordre si nocif pour les carrières des décideurs.
Voilà pourquoi une poignée de rétrogrades imposent chasse, destructions de loups et autres agressions contre nature.