Comme dans la nature

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Depuis 1968, la Volerie des aigles de Kintzheim est devenue un incontournable. Le site abrite 90 rapaces, et chaque année, quelque 165 000 personnes assistent au spectacle. Comment est-il organisé ? Rencontre avec Benoît Humler, le régisseur.

Pour un bon dressage, il faut tenir compte des spécificités de chaque espèce d’oiseau. DR

Benoît Humler : C’est un travail de longue haleine. D’abord, il repose sur un spectacle qui existe depuis près de 50 ans. Etant sur le site depuis près de 25 ans, j’ai connu certains de ses créateurs. Tout en continuant sur ce mode de fonctionnement, on fait évoluer le spectacle. Ainsi, cette année, on le déroule de façon différente en évoquant des continents et à l’intérieur de ceux-ci, si je puis dire, on met nos oiseaux de proie.

« La confiance est la base du dressage »

On voit les rapaces obéir au doigt et à l’œil. Pour parvenir à un tel résultat, devez-vous passer par la case “dressage “?

BH : Absolument. Pour parvenir au spectacle auquel vous avez assisté, il y a un énorme travail avec chaque oiseau. Nous devons tenir compte de leurs caractéristiques et de leurs spécificités. Et le travail est plus ou moins long. Certains oiseaux, comme la buse de Harris, vont pouvoir être intégrés assez rapidement dans le spectacle. D’autres, comme le vautour à tête blanche, exigent un travail un peu plus long.

Comme avec tous les animaux, le contact doit être fort avec le dresseur ?

BH : Bien entendu. L’équipe, avec les saisonniers, se compose de six dresseurs. La base du dressage est toujours la même : c’est la confiance. A partir du moment où ce lien est instauré entre l’homme et l’animal, le travail devient possible. On leur apprend, par exemple, à évoluer au milieu de visiteurs, de personnes avec un appareil photo, une poussette, un fauteuil roulant. Toutes ces choses qu’un animal sauvage ne connaît pas en milieu naturel.

La base du dressage repose sur la récompense. Est-ce cela veut dire que les oiseaux sont moins bien nourris pour qu’au moment du spectacle ils soient plus dociles ?

BH : Ici, nous ne travaillons pas du tout sur ce schéma-là. On représente ce que j’appelle “l’équilibre du rapace”. Il faut comprendre que si le rapace part en vol, c’est pour chercher de la nourriture. Il faut que la source de motivation, lorsque l’oiseau est lâché, soit la même qu’en milieu naturel. Autrement dit, pour que cela fonctionne, il faut que le nourrissage soit équilibré. L’oiseau va avoir suffisamment à manger pour qu’il puisse avoir l’énergie nécessaire pour voler. Mais pas trop tout de même pour qu’il ait la motivation suffisante d’aller chercher la nourriture sur le gant de son dresseur. Il est absurde d’affamer un oiseau. Un rapace doit être en excellente condition physique pour pouvoir faire ce qu’on attend de lui. Je le répète, la clef d’un bon dressage, c’est la confiance et un parfait équilibre alimentaire.

Est-il nécessaire qu’il soit dressé dès la naissance ?

BH : Pas forcément. On accueille des oiseaux en provenance d’autres voleries ou d’autres centres. Le travail est toujours le même en tenant compte, comme je vous l’ai dit, des caractéristiques de l’animal Si c’est un rapace nocturne, il vaut mieux l’avoir petit parce que le dressage s’opère par le biais de l’imprégnation. En revanche, si c’est un rapace diurne, comme un aigle ou un vautour, l’oiseau peut être dressé dès lors qu’il est capable de voler. Ici, on ne travaille que sur les facultés physiques, techniques et naturelles des oiseaux de proie. Ils évoluent de la même manière que s’ils se trouvaient dans un milieu naturel, sauf qu’ici, l’espace est aménagé.

Beaucoup de personnes se demandent pourquoi les rapaces ne s’échappent pas de la volerie ?

BH : Si l’oiseau ne s’échappe pas, c’est grâce à la confiance créée par le dresseur. Qu’importe le lieu, l’oiseau reviendra toujours vers lui. Car comme en milieu naturel, l’objectif des rapaces et de trouver de la nourriture lorsqu’il se déplace. Et il sait qu’une fois en l’air, il trouvera cette nourriture au bout du gant de son dresseur.

Chambre de consommation d’Alsace.Bas-Rhin 03 88 15 42 42 Haut-Rhin 03 89 33 39 79. www.cca.asso.fr

Château de Kintzheim, 67600 Kintzheim 03 88 92 84 33

 

DNA/DNA/Richard Nicolini (22/08/2017)

 

Comportement intact

Les démonstrations sont faites de telle sorte que le comportement naturel des oiseaux reste intact. Tout ce qui est proposé à la Volerie des aigles, les oiseaux le font dans la nature.

 

www.voleriedesaigles.compromo@voleriedesaigles.com  Tarifs individuels : adulte, 9,50 € ; enfant (5 à 14 ans), 6,50 € ; enfant moins de 5 ans : gratuit. Tarifs carte étudiant et carte Cezam : adulte, 8,00 € ; enfant : 5,50 € (tarif réduit pour les enfants tous les mercredis après-midi hors vacances scolaires). Les spectacles peuvent être annulés en cas de fortes pluies.

 

 

Publié dans Animaux, Portrait

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