Protéger la ressource eau des pesticides

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Deux enquêtes publiques sont en cours, dans le Bas-Rhin et dans le Haut-Rhin, pour arrêter la liste des milieux aquatiques qui entrent dans la liste des zones de non-traitement (ZNT), dans un rayon de 5 m.

La nappe phréatique qui peut affleurer dans les champs après de fortes précipitations, est aussi polluée par les pesticides par infiltration directe ou ruissellement des sols dans les fossés et ruisseaux.Photo / L’Alsace

La nappe phréatique qui peut affleurer dans les champs après de fortes précipitations, est aussi polluée par les pesticides par infiltration directe ou ruissellement des sols dans les fossés et ruisseaux.Photo / L’Alsace

Or les organisations de défense de l’environnement et de protection de la ressource eau d’un côté et la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) de l’autre, ne sont pas d’accord sur la définition des cours et points d’eau. Les premiers voudraient que tous les milieux aquatiques recensés sur les cartes IGN au 25 000e , y compris les fossés de drainage, soient pris en compte dans la liste des ZNT ; la seconde voudrait rester dans le statu quo des cours d’eau cartographiés dans le cadre de la loi sur l’eau.

Pour Alsace Nature, rester dans le statu quo n’est pas possible. « La nappe phréatique alsacienne continue à se dégrader avec l’apparition de nouveaux produits », relève Daniel Reininger, président d’Alsace Nature. Dont notamment les produits de dégradation (ESA et OXA) du S-Métolachlore, un herbicide. « Ces produits sont très persistants. »

Entre 2009 et 2016, il y a dépassement de la limite de potabilité de +43 % sur 137 produits phytosanitaires et métabolites. Et on est passé de 10 % des points sur la nappe d’Alsace et 31 % dans les aquifères du Sundgau qui dépassaient la limite de potabilité à respectivement 53 % et 45 % des points qui dépassent cette limite. Plus inquiétant encore, sur huit métabolites émergents, 47,2 % des points dépassent la limite de potabilité.

« Le premier plan Écophyto a été un échec, reprend Daniel Reininger. Le deuxième fixe des objectifs qui ne pourront pas être atteints vu le tonnage de pesticides vendus en Alsace. Il faut arrêter avec les demi-mesures et aller vers des mesures a maxima. »

Il est possible de participer à la consultation publique Haut-Rhin jusqu’au 11 juillet sur le site de la préfecture 68, onglet Actualités et jusqu’au 17 juillet dans le Bas-Rhin, sur le site de la préfecture 67, onglet Publications puis Consultation du public.

DNA (05/07/201)

Publié dans Environnement

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