La révolution verte de Nicolas Hulot

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le ministre de la Transition écologique a présenté hier un ambitieux plan climat, salué par les ONG qui attendent à présent sa traduction pratique.

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, veut sortir la France des énergies fossiles. AFP

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, veut sortir la France des énergies fossiles. AFP

Un changement de société. Hier, Nicolas Hulot a présenté les grandes lignes de son plan de lutte contre le réchauffement climatique. Le ministre de la Transition écologique a fixé le cap : une neutralité carbone en 2050. À cette date, nous ne devrons pas émettre davantage de gaz à effet de serre que ce que nous pouvons absorber par des puits de carbone (forêts, prairies…)

Pétrole, charbon : c’est fini !

Cela implique un changement radical : renoncer aux énergies fossiles. Finie l’exploitation des centrales à charbon (elles produisent 5 % de notre électricité). Elles seront arrêtées d’ici à 2022, et un « contrat de transition » sera proposé pour accompagner la reconversion des salariés. Stop également aux nouvelles autorisations d’exploiter des hydrocarbures (pétrole, gaz, mais aussi gaz de schiste) dans notre sous-sol.

Donner un prix à la pollution

Un prix fort sera mis au carbone pour en détourner industriels et consommateurs. La taxe carbone ira au-delà des 100 euros la tonne prévus en 2030 par le précédent exécutif. Les carburants ne seront pas les seuls taxés. Les très polluants gaz HFC utilisés dans les climatiseurs et réfrigérateurs le seront également. Des mesures de compensation seront prévues pour les ménages les plus modestes.

Les fiscalités du diesel et de l’essence seront alignées d’ici à la fin du quinquennat.

Une prime de transition est prévue pour aider les foyers les plus pauvres à abandonner leur véhicule diesel d’avant 1997 ou à essence d’avant 2001 contre un véhicule moins polluant.

Halte aux passoires thermiques

Le gouvernement promet de faire disparaître les « passoires thermiques », les logements très mal isolés qui consomment énormément d’énergie d’ici 10 ans, et y consacrera 4 milliards d’euros. Des audits seront proposés aux plus précaires. Objectif : faire des économies d’énergie.

Moins de nucléaire, plus de renouvelables

Nicolas Hulot reprend les objectifs de la loi de transition énergétique de 2015 sur le développement des énergies renouvelables, et la diminution à 50 % de la part d’électricité nucléaire à l’horizon 2025, sans préciser quels réacteurs seront fermés.

Haro sur l’huile de palme

Par nos modes de vie, nous contribuons à la déforestation de la planète. Pour préserver les forets qui sont les poumons de la planète, le gouvernement veut arrêter les importations d’huile de palme, de soja et autres produits contribuant à la destruction des grandes forêts tropicales.

La France championne verte

Après la sortie annoncée des États-Unis de l’Accord de Paris, la France veut jouer un rôle de championne de la diplomatie et de l’économie vertes. Nicolas Hulot confirme les engagements financiers à l’égard des pays en développement promis à la COP21. Il veut aussi mettre le paquet sur la recherche, et faire de Paris la capitale de la finance verte.

Les ONG ont salué hier l’ambitieux programme, qui reprend nombre de leurs propositions. Mais attendent la traduction concrète de cette feuille de route. Elle commencera à l’automne avec la loi sur la fin des hydrocarbures.

DNA/Élodie Bécu (07/07/2017)

 

« Fin des voitures à essence et diesels en 2040 »

C’est une mesure hautement symbolique. Nicolas Hulot fixe l’objectif de mettre fin à la mise en vente des voitures à essence et diesels en 2040. A cette date, seuls des véhicules électriques seront disponibles sur le marché, espère le ministre de la Transition écologique et solidaire. D’autres pays comme l’Inde, les Pays-Bas ou la Norvège se sont fixé des impératifs proches. L’Inde espère mettre un terme à l’essence et au diesel à l’horizon 2030. En Norvège, 16 % des voitures neuves vendues sont électriques. En France, on compte déjà plus de 100 000 véhicules immatriculés.

Hulot dans la durée

L’éditorial de Claude Mislin

L’éditorial de Claude Mislin

Après Emmanuel Macron et Édouard Philippe, c’est Nicolas Hulot qui a rendu sa copie.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire bénéficie certes d’une aura qu’aucun écologiste n’a jamais eue, mais ce ne sera pas facile pour autant. Quelques annonces spectaculaires comme la disparition des voitures diesels et à essence pour 2040 sont du plus bel effet, mais leur échéance aussi lointaine prête au questionnement. Même s’il faut reconnaître au ministre une réelle volonté d’inscrire son plan climat dans le marbre.

En effet, son programme tranche avec celui de ses prédécesseurs souvent cantonnés dans un simple rôle d’épouvantail. Le nouveau ministre indique une direction franche quand l’écologie était plutôt le parent pauvre du programme du candidat Macron.

Mais qu’en sera-t-il le jour où il faudra trancher des dossiers alimentant le débat depuis des années ? Rien n’a été dit sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes où des militants proches du ministre bataillent contre le bitume. Si Nicolas Hulot a évoqué la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité, il n’a pas donné de précisions sur l’arrêt de la centrale de Fessenheim pourtant assumé par le président de la République lors de la campagne.

Nicolas Hulot devrait profiter de l’état de grâce dont il bénéficie, car les lobbys en tout genre voire certains de ses collègues ministres vont rapidement commencer leur travail de sape. On l’a vu la semaine dernière quand le ministre de l’Agriculture voulait revenir sur l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles. Nicolas Hulot s’était imposé avec la bénédiction de Matignon.

DNA (07/07/2017)

Publié dans Environnement

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Denis 09/07/2017 13:15

Une fois toute la planète équipée de voitures à batteries...
Où trouver de quoi les fabriquer ?
Qu’en faire une fois fichues ?
Avec quelle énergie les recharger quotidiennement ?
Qui pourra s'offrir du jour au lendemain une voiture électrique ?
J’aurais préféré des voitures roulant à 70 km/h consommant 1 litre/100 km
Mais on est loin du compte !
J’aurais préféré des petits trains dans toutes les gares plutôt que des TGV pour aller bosser (à Paris) tous les jours, le plus souvent à plus de 500 km de chez soi !