Des vacances pour eux aussi

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Entre pension et garde à domicile, les animaux aussi peuvent passer de bonnes vacances.

Le gérant de l’Annexe des chats, Régis Bihl. Photo : DNA – Laurent Réa

Le gérant de l’Annexe des chats, Régis Bihl. Photo : DNA – Laurent Réa

« L’idée pour moi était de travailler dans un domaine-passion » : pour Laëtitia Papirer, fondatrice de Lysaël, service de garde de chat à domicile, travailler avec les félins était une évidence.

Après avoir suivi une formation à l’école vétérinaire d’Alfort et fondé une boutique en ligne de jouets pour chats, la jeune femme s’est lancé l’année dernière un nouveau défi : proposer aux propriétaires de chats de garder à leur domicile leur compagnon à quatre pattes pendant leur absence, moyennant un forfait de 29 euros par jour. Et ça marche : l’activité de Laëtitia Papirer commence à décoller, et certains maîtres – et surtout leur chat – sont devenus des habitués. À chaque fois, elle passe une heure avec l’animal, le temps de « faire en sorte que l’environnement de vie du chat soit impeccable » (changement de l’eau et des croquettes, nettoyage de la litière), et de stimuler le chat par les caresses ou le jeu. Elle rassure ensuite le maître parti en congés ou en week-end : « J’envoie chaque jour un petit compte rendu au maître, et j’envoie une photo du chat, c’est beaucoup plus parlant… et les maîtres en sont friands ! », explique-t-elle.

Autre solution qui s’offre à tous les propriétaires : la pension, où chats et chiens sont choyés le temps de l’absence, même courte, de leur maître.

Du côté du Haut-Rhin, les chiens trouveront probablement leur bonheur à l’hôtel Les Aristochiens. Situé dans la commune de Bernwiller, l’établissement « élu pension 4 étoiles », attire des propriétaires venus du nord de l’Alsace, mais aussi de Suisse. « Pour nous, c’est vraiment une passion que de s’occuper d’animaux », explique Charly Castellani, le gérant de la pension qui accueille aussi bien des chats que des chiens. Ce propriétaire à l’accent chantant a fondé sa pension en 1987 : « Je lisais de nombreux articles sur les abandons d’animaux, alors j’ai voulu proposer une solution pour les propriétaires qui partent pendant l’été ou le temps d’un week-end. »

Des cartes postales envoyées à la pension

À Strasbourg, au Neuhof, « l’Annexe des chats » assure ce service moyennant une quinzaine d’euros par nuit et par animal (le tarif est cependant dégressif en fonction de la durée de garde et du nombre d’animaux à garder). Les pensionnaires disposent ici chacun d’un box individuel et peuvent aller se dégourdir les pattes dans un petit espace extérieur aménagé, à l’image de Spirou, un habitué de la pension : le petit chat vagabonde de son box à cette « verrière » que Régis et Naziha, les gérants, souhaitent agrandir, « peut-être l’année prochaine ».

Pour ces derniers, la pension n’est pas une activité principale, simplement un complément de revenu appréciable. C’est aussi une passion pour ce couple, lui-même propriétaire de deux chats : « A notre arrivée dans la maison, la pension existait déjà, et on a simplement décidé de reprendre l’activité et la clientèle déjà fidélisée par l’ancien gérant », explique Régis. En témoignent les cartes postales envoyées régulièrement à la pension par les maîtres venus y laisser leur animal. Le propriétaire des lieux glisse avec un sourire : « On ne sait pas trop si ces cartes sont destinées à nous, les propriétaires de la pension, ou au chat qu’on nous a confié. » Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que nos amis les bêtes ont de grandes chances de passer eux aussi de bonnes vacances cette année.

DNA/E. B. (03/07/2017)

Société - Bien-être animal

Les abandons inquiètent

Le combat contre les abandons d’animaux continue. Les associations de protection animale tirent à nouveau la sonnette d’alarme à l’approche des grandes vacances.

Danielle Gilliot, présidente de la SPA Strasbourg, et Tyana, pitbull de 7 ans. Photo : DNA – Élise Baumann

Danielle Gilliot, présidente de la SPA Strasbourg, et Tyana, pitbull de 7 ans. Photo : DNA – Élise Baumann

« Heureusement, on constate moins d’abandons sauvages, les gens qui abandonnent leur chien nous les apportent souvent directement. » La consolation est maigre pour Danielle Gilliot, la présidente de la SPA de Strasbourg.

Alors que la nouvelle équipe, investie en mai dernier, prend à peine ses marques, elle doit déjà faire face à une problématique récurrente pour les associations de protection animale : les abandons de chiens et chats, que la Fondation 30 millions d’Amis chiffre à 100 000 par an, dont 60 000 pendant la période estivale.

« Subitement, les gens déclarent être allergiques à leur animal »

À la SPA de Strasbourg, c’est près de 90 chiens et 170 chats qui sont accueillis. Certains sont donnés directement à la SPA. D’autres ont été récupérés, errants, par la fourrière dont les locaux sont situés juste à côté.

« Les explications liées aux abandons sont très diverses : une séparation, le décès d’un proche dont la famille ne peut pas accueillir l’animal, une hospitalisation de longue durée, ou tout simplement la prise de conscience qu’un animal demande du temps et peut coûter cher en frais de vétérinaire », explique Ilona Langer, la vice-présidente de la SPA.

Mais Danielle Gilliot rejette l’idée d’une augmentation importante du nombre d’abandons pendant l’été : « On n’a plus forcément de saisonnalité, le nombre d’abandons est - malheureusement - assez stable pendant l’année. On a eu par exemple un pic en mars dernier, sans que l’on sache vraiment expliquer pourquoi », précise-t-elle.

Dans le Haut-Rhin, le constat est un peu différent : « On observe effectivement une augmentation du nombre d’abandons à l’approche de l’été : subitement, les gens déclarent être allergiques à leur animal, ou expliquent que leur chien a commencé à mordre… C’est souvent pour cacher un véritable abandon lié aux vacances », explique Floriane, de la SPA de Colmar. Le refuge doit également gérer un nombre important de chatons, arrivés depuis peu avec le début de la saison de reproduction chez les chats. Faute de temps pour pouvoir s’en occuper correctement, la SPA de Colmar comme celle de Strasbourg doivent déléguer la prise en charge des chats non sevrés à des familles d’accueil : à Colmar, c’est environ 90 chatons qui sont ainsi confiés.

70 000 euros de frais de vétérinaire »

L’association ERA (Éthique et respect animal) à Strasbourg recueille elle aussi un nombre important de chatons récupérés auprès de la fourrière. Fanny Roederer, la présidente de l’association, en accueille elle-même plusieurs à son domicile : « Ils ont besoin de manger régulièrement, et on les nourrit avec du lait maternisé, faute d’avoir à disposition le lait de la mère. »

Les chatons non sevrés, s’ils survivent, doivent ensuite passer un certain nombre d’étapes avant d’être proposés aux familles adoptantes : « On attend qu’ils aient deux mois et demi avant de les proposer à l’adoption et on leur fait passer un parcours de santé, c’est-à-dire qu’on les vaccine, on les fait identifier, on les teste contre les maladies communes, et les adultes sont systématiquement stérilisés », explique-t-elle. « L’année dernière, on a dépensé 70 000 euros en frais vétérinaire ».

Un parcours aussi suivi par les animaux de la SPA Strasbourg ; peut-être à la fin de l’été, quand les adoptions reprendront, Zorro, Mavy, Paco, Azur ou Mojito pourront-ils trouver chaussure à leur patte, auprès d’une nouvelle famille.

DNA/Élise Baumann (03/07/2017)

Identifier son animal, une obligation légale

Qu’elle soit réalisée par tatouage ou par puce électronique, l’identification des chiens et chats est une obligation légale : depuis 1999, tous les chiens âgés de plus de quatre mois et ceux dits « de catégorie » doivent être identifiés auprès de l’ICAD, le fichier national d’identification des carnivores domestiques. Il en est de même pour les chats de plus de sept mois nés après le 1er janvier 2012. L’identification de l’animal est réalisée par le vétérinaire, et elle est nécessaire pour tout acte de vente : le fait de détenir ou céder un chien ou un chat non identifié peut en effet être sanctionné d’une amende pouvant aller jusqu’à 750 euros.

L’année dernière, l’ICAD avait enregistré 7 074 chiens dans le Bas-Rhin, contre 5 362 dans le Haut-Rhin. L’agence affiliée au ministère de l’Agriculture a également constaté une hausse de 43 % du nombre d’identifications en ce qui concerne les chats : en 2016, l’ICAD avait enregistré 9 682 chats dans le Bas-Rhin et près de 8 000 dans le Haut-Rhin. Ils sont ainsi entre 20 et 40 % seulement à être identifiés auprès de l’ICAD, contre près de 90 % pour les chiens.

DNA (03/07/2017)

Comment retrouver son animal perdu ?

En cas de perte de son animal, que ce soit sur son lieu de vacances ou à domicile, plusieurs solutions s’offrent au propriétaire : il faut tout d’abord signaler la perte au commissariat de police le plus proche, à la fourrière ainsi qu’aux vétérinaires de la région. Il est également possible de retrouver son compagnon via l’application Filalapat, créée par l’ICAD : elle permet aux personnes qui ont trouvé un animal perdu de le signaler, et aux maîtres de retrouver leur animal, s’ils l’ont au préalable fait enregistrer dans le fichier national de l’ICAD, et accepté de communiquer leurs coordonnées en cas de perte. L’ICAD estime ainsi que si les coordonnées du propriétaire sont à jour, un chien ou un chat a près de 40 % de chances d’être retrouvé rapidement. Depuis sa création en 2015, l’application a été téléchargée près de 100 000 fois ; elle est gratuite, et disponible sur Google Play, Windows Phone et l’App Store.

DNA (03/07/2017)

Publié dans Animaux

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Roger H. 03/07/2017 09:11

Bon article ! Merci