Vers des normes moins strictes pour le bio ? …

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La Commission européenne s’apprête à réviser le règlement de l’agriculture biologique, en laissant par exemple le choix à chaque État membre de définir le seuil de pesticides autorisé.

Les agriculteurs français s’inquiètent des nouvelles normes que pourrait imposer Bruxelles. Photo d’illustration : Jean-Louis Schmitt

Les agriculteurs français s’inquiètent des nouvelles normes que pourrait imposer Bruxelles. Photo d’illustration : Jean-Louis Schmitt

Le label bio européen va-t-il être vidé de sa substance ? Telle est l’inquiétude du secteur de l’agriculture biologique en France alors que la Commission européenne élabore un nouveau règlement.

Lancé en 2014, le texte a été présenté hier aux ministres de l’Agriculture des (encore) vingt-huit États membres de l’Union européenne. Il doit définir les nouvelles normes en termes de production, de transformation, de conservation et de commercialisation dans toute l’Europe.

Mais ces trois ans de travail législatif à Bruxelles pourraient mettre à mal l’avenir du bio en France, où le marché affiche une croissance à deux chiffres (plus de 20 % en 2016). D’après les distributeurs de produits bio, le texte assouplirait la réglementation actuelle.

Trois lignes rouges

Vendredi, les représentants de la filière française ont assuré que Bruxelles avait dépassé « trois lignes rouges ».

Ils s’opposent d’abord à la possible autorisation de la culture en bacs dans les pays baltes et scandinaves. « Nous sommes absolument contre la production biologique hors-sol », ont-ils prévenu. Pour eux, ce mode d’agriculture va à l’encontre de deux fondements du bio : le lien au sol et la rotation des cultures.

Autre point de désaccord, la fréquence des contrôles des producteurs certifiés, qui passerait d’un à deux ans. Ces analyses sur site, inopinées ou sur rendez-vous, permettent de vérifier le respect du cahier des charges du label bio.

Une exigence souvent citée comme « garantie forte » du label, expliquent les représentants de la filière tricolore.

Des pesticides dans les produits bio ?

Enfin, le dernier problème soulevé concerne les pesticides. Le nouveau règlement laisserait la possibilité aux États membres de définir eux-mêmes les seuils de contamination par les pesticides. Les productions contaminées ne seraient ainsi pas forcément déclassées du label bio et pourraient quand même être vendues dans des pays où elles dépasseraient le seuil autorisé, en vertu de la libre circulation en vigueur dans l’Union européenne.

DNA (13/06/2017)

Publié dans Agriculture-Elevage

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