Une cabane faite pour durer

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les opposants du GCO ne lâchent pas prise. Hier matin, ils étaient une centaine pour l’inauguration d’une nouvelle cabane entre Duppigheim et Duttlenheim.

La banderole déployée reprenait l’expression employée par le président de la République devant Donald Trump. Photo : DNA

La banderole déployée reprenait l’expression employée par le président de la République devant Donald Trump. Photo : DNA

L’installation de ces cabanes – sur le tracé prévu pour le GCO – a pour but de rappeler que celui-ci serait une autoroute à péage et qu’il ne résoudrait pas les problèmes d’encombrements routiers autour de l’Eurométropole. C’est le message que martèlent depuis longtemps les opposants en général, les élus en particulier, bien décidés, plus que jamais, à faire capoter le projet.

Ainsi, hier matin, au rond-point de la D392 entre Duttlenheim et Duppigheim, quelques écharpes tricolores se sont mêlées aux habitants des deux communes pour inaugurer une nouvelle cabane, à l’initiative des deux associations de défense qui militent contre ce grand contournement. « C’est presque jour pour jour, en juin 2014, que nous avons inauguré la première cabane. Parce qu’elle était érigée sur un terrain appartenant au Département, la cabane a dû être démontée. Aujourd’hui, elle est de retour, grâce à nos deux associations, et, celle-là, elle est faite pour durer. » Sylvain Metz s’est adressé aux opposants présents (aucun élu de Duttlenheim, si ce n’est Christian Goepp, membre de l’Association de la défense pour la qualité de vie) en pointant du doigt une banderole en anglais qui fleurissait tout près de la cabane. « Make our planet great again », réponse qu’avait donnée Emmanuel Macron à Donald Trump, quand il souhaitait sortir des accords de Paris sur le climat.

L’espoir en Nicolas Hulot

« La France aimerait avoir le leadership dans la lutte contre le réchauffement climatique, il faut qu’on soit exemplaires. Le GCO fait partie de ces projets ou il faut mettre en place des alternatives », a affirmé Sylvain Metz.

Les opposants comptent à présent sur le nouveau ministre de Transition énergétique pour au moins retarder l’échéance. « Nicolas Hulot a dit (je le cite) : « À un moment ou un autre, il faudra stopper le développement autoroutier ». Ce moment est arrivé, avec la nomination d’un ministre qui dispose d’un pouvoir décisionnel à la hauteur des enjeux. Nous parlons de la survie de l’espèce humaine », appuie Sylvain Metz.

Même en considérant le scénario le plus favorable à Vinci, la construction de l’autoroute ne devrait pas débuter avant fin 2017. D’ici là, le collectif continuera à agir et à se mobiliser. « Il faut continuer le combat », martèle de son côté Alain Jund, adjoint au maire de Strasbourg, présent lui aussi.

DNA/JMH (25/06/2017)

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Marcel Kuhn, Pfulgriesheim 25/06/2017 12:29

Réflexions sur le GCO et son inutilité
Initialement, on pouvait penser que les véhicules qui emprunteraient le GCO (entre 10 000 et 25 000 selon les estimations et les sources) feraient baisser d’autant le trafic sur l’A35 à hauteur de Strasbourg (en moyenne 165 000). Dans le meilleur des cas, on serait à 140 000, ce qui est encore beaucoup, mais dans un premier temps, ce serait toujours cela de gagné… .
Malheureusement, toutes les études sérieuses le prouvent, dès qu’une route n’est plus saturée, il y a transfert d’autres usagers, et au bout de quelques années, on revient à la case départ.
Le trafic poids lourd (véhicule routier de plus de 3,5 tonnes de poids total en charge) représente environ 10 % du trafic total sur l’A35, soit environ 16 000/jour. Le potentiel de transfert sur le GCO ou COS serait d’environ 5 000, tous les autres camions étant obligés d’aller dans Strasbourg et sa zone portuaire, soit pour livrer, soit pour y travailler. Pour de multiples raisons, dont le péage qui verra son montant nettement majoré aux heures de pointe, ils n’iront de loin pas sur la nouvelle autoroute et soit resteront sur l’A35, soit traverseront les villages « nantis » du Kochersberg.
En plus, des modifications récentes du projet vont encore aggraver les conséquences négatives. À Vendenheim, au nord de Strasbourg, le tracé “naturel” de l’A4 ira vers le GCO et il faudra prendre une bretelle pour aller vers Strasbourg, ce qui générera aux heures de pointe des bouchons monstres puisque la grande majorité des usagers veulent accéder directement à l’agglomération strasbourgeoise.
Une étude est en cours pour transformer la partie la plus chargée de l’A35 en boulevard urbain afin d’urbaniser des terrains situés à proximité, c’est peut-être la principale raison du GCO, urbanisation à outrance de l’arc de cercle tracé par la nouvelle autoroute. Apparemment, c’est une première mondiale de faire un boulevard urbain sur une aussi longue distance, à savoir 12 km. Je vous laisse imaginer 140 000 véhicules devant franchir des feux tricolores !
Au milieu du tracé du GCO, à proximité d’Ittenheim, est prévu le péage où les usagers qui le souhaitent peuvent quitter le GCO pour se rendre à Strasbourg via la RN4 et l’A351, dite autoroute de Hautepierre, actuellement saturée aux heures de pointe. Route saturée + apport estimé de 10 000 à 15 000 véhicules supplémentaires = route bloquée !
L’axe nord-sud est apparemment l’enjeu principal du projet. Le grand public, mal informé ou quasiment désinformé, s’imagine que le GCO va régler les bouchons sur l’autoroute actuelle à hauteur de Strasbourg. Malheureusement, il n’en sera rien et cela est largement reconnu. En page 20/40 du rapport de l’enquête publique, nous lisons mot à mot “Le GCO constituera le maillon manquant d’une grande voie autoroutière nord-sud et le trafic local va bénéficier d’autres voies routières (cas de la VLIO)”. Toujours selon la commission d’enquête, “le désengorgement de l’A35 n’est ni l’enjeu, ni l’objectif du GCO”. Cette position a été confirmée par M. Robert Herrmann, président de l’Eurométropole. Selon lui, le GCO sera une liaison nationale et internationale. Et comme les régimes d’écotaxe ne sont pas comparables des deux côtés de la frontière, les conséquences sont faciles à imaginer.
Contrairement à ce qui est souvent annoncé, Vinci n’a pas toutes les autorisations requises pour démarrer les travaux. Leurs services sont en train de travailler sur le “Dossier Unique” pour les travaux définitifs concernant la Loi sur l’Eau et les compensations environnementales. Ce dossier, une fois validé par le préfet, sera soumis à enquête publique cet automne. En 2016, nous étions tous très heureux des conclusions de la COP 21. Le président américain nouvellement élu nous donne des sueurs froides quant à ses positions sur des sujets majeurs, y compris sur son positionnement par rapport à l’environnement. J’estime que nous ne faisons guère mieux à propos de la biodiversité, que le projet autoroutier strasbourgeois va dans le même sens que l’irresponsabilité américaine et qu’il est en totale contradiction avec la COP 21.