Un patrimoine enraciné

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les 26 et 27 juin, l’association A.R.B.R.E.S (arbres remarquables : bilan, recherche, études et sauvegarde) se rendra à Neuwiller-lès-Saverne, La Petite-Pierre et Rimsdorf pour labéliser trois des nombreux arbres d’exception que compte la région de Saverne.

Un immense chêne majestueux se dresse le long du canal de la Marne au Rhin à la sortie de Saverne en direction de Lutzelbourg. Photo : DNA - Guillaume ERCKERT

Un immense chêne majestueux se dresse le long du canal de la Marne au Rhin à la sortie de Saverne en direction de Lutzelbourg. Photo : DNA - Guillaume ERCKERT

Les promeneurs éclairés le savent : le secteur de Saverne, région forestière d’une immense richesse, abrite quelques arbres remarquables. De Marmoutier à Reipertswiller, le marcheur curieux, pour peu qu’il s’intéresse à son environnement, peu tomber au détour d’un chemin sur un tilleul, un chêne ou un séquoia vieux de plusieurs centaines d’années, de dimensions exceptionnelles, de diamètre volumineux ou de particularités qui lui confèrent un intérêt. « Il y a vraiment de belles choses à voir en forêt », concède le spécialiste Jean Braud.

Président de l’association des propriétaires forestiers des Vosges du Nord, forestier et conseiller forestier en retraite, il participe depuis quelques années à l’inventaire des arbres remarquables mené dans le Bas-Rhin par le conseil départemental. À l’écouter, les Vosges du Nord comptent notamment quelques chênes pédonculés qui valent le détour. Des arbres fruitiers ont également été signalés sur le secteur.

Le tilleul de Wangenbourg attire depuis des dizaines d’années la curiosité des passants. Documents remis

Le tilleul de Wangenbourg attire depuis des dizaines d’années la curiosité des passants. Documents remis

« Dire à l’arbre qu’on pense à lui »

Mais selon lui, nul besoin de s’enfoncer dans les bois pour en admirer. « À Saverne, ces arbres sont en ville », précise celui qui a fait partie d’un programme de protection de l’environnement en Afghanistan dans les années 1990. Le plus emblématique se trouve dans la cour du collège Poincaré, route de Paris. « C’est un séquoia de 36 mètres de hauteur pour 1,62 mètre de diamètre », livre Jean Braud. Plus loin, au bord du canal de la Marne au Rhin, derrière la synagogue, un chêne de belles vigueur, forme et dimensions accueille les plaisanciers qui arrivent dans la cité des Rohan par les eaux depuis Lutzelbourg.

Marmoutier n’est pas en reste. Sur les hauteurs du Sindelsberg, des cormiers poussent depuis plusieurs siècles. Cette espèce rarissime fut jadis « plantée là pour les besoins de l’imprimerie du monastère », croit savoir Jean Braud. Ce spécialiste des arbres s’est récemment joint à un petit groupe d’amateurs pour recenser cet arbre de la famille des rosacées. Trente-six ont été comptabilisés dont « peut être un des plus vieux de France », pense-t-il. Son âge avoisinerait les 300 ans et la largeur de son tronc mesure 1,25 mètre. Mais l’arbre « est en mauvais état », s’inquiète l’habitant de Furchhausen. L’inventaire exhaustif des Cormiers effectué, puis étendu à une vingtaine d’autres espèces, a permis d’identifier les propriétaires et de débuter avec eux un travail de sensibilisation aux arbres remarquables.

Cette carte postale représente un chêne géant millénaire dans la forêt de Neuwiller-lès-Saverne. Document remis

Cette carte postale représente un chêne géant millénaire dans la forêt de Neuwiller-lès-Saverne. Document remis

Sensibiliser les propriétaires

« Contrairement au bâti, le patrimoine “arbres remarquables” n’est pas protégé par la loi française », regrette Jean Braud. Le propriétaire n’est soumis à aucune obligation de sauvegarde. Certains particuliers n’hésitent d’ailleurs pas à faire abattre les leurs ou à les tailler sans précaution. « Il faut aller voir ces gens et leur dire qu’un arbre c’est beau, c’est bien et qu’il faut le préserver. Il faut lui parler et lui dire qu’on pense à lui et qu’on a besoin de lui », ajoute l’ancien forestier.

Si une grande partie des arbres remarquables de la région est déjà connue depuis les nombreux inventaires effectués par le conseil départemental ou l’Office national des forêts, il demeure encore possible d’en trouver de nouveaux. Des propriétaires refusent de les signaler pour s’épargner une foule de visiteurs potentielle. D’autres ignorent tout simplement leur particularité. En cas de doute, il est possible de contacter l’association le Bonheur est dans le pré. Elle distille des conseils et réalise de petits travaux d’entretien gratuitement.

Plus d’informations sur la page Facebook du Bonheur est dans le pré.

DNA/Guillaume Erckert (07/06/2017)

 

 

Lire également ici : Labellisation d'arbres remarquables au niveau national

 

 

Publié dans Environnement

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