Polémique autour des compteurs Linky

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le maire de Bust, Jean-Pierre Schackis, a organisé un débat autour des compteurs Linky en invitant les défenseurs et opposants de ces compteurs électriques de nouvelle génération. Les échanges ont été plutôt tendus. Difficile pour le public d’y voir clair.

Une trentaine de personnes, notamment des maires et adjoints, ont assisté au débat. Photo : DNA

Une trentaine de personnes, notamment des maires et adjoints, ont assisté au débat. Photo : DNA

« J’ai souhaité cette réunion d’information afin que nous puissions peser le pour et le contre. Y a-t-il des dangers ou non pour la santé ? En tout cas, j’aurai la conscience tranquille. J’ai fait ce qu’il fallait faire », estime Jean-Pierre Schackis.

Anne-Marie Goussard, de la société Enedis, débute son exposé en affirmant que « Linky, c’est l’avenir ». Quelqu’un lance dans la salle : « C’est vous qui le dites, Madame ». Le ton est donné.

Anne-Marie Goussard explique qu’Enedis remplace les compteurs car les besoins évoluent, et que pour répondre à cette évolution, la société doit moderniser son réseau électrique. Télérelevé des compteurs, adaptation de la puissance à distance, accès aux données de consommation pour mieux la maîtriser seraient autant de services offerts par Linky. Ce compteur permettrait également d’augmenter la part des énergies renouvelables.

Anne-Marie Goussard explique encore que « la communication se fait via les câbles électriques existants, en utilisant la technologie CPL (courants porteurs en ligne). Le compteur Linky n’utilise pas de radiofréquences pour communiquer et respecte l’ensemble des normes sanitaires européennes et françaises. Il ne conduit pas à une augmentation significative du niveau de champ électromagnétique ambiant ».

Le coût global du déploiement du compteur Linky est d’environ 5 milliards d’euros. Ils englobent l’achat du matériel, la pose, le développement du système d’information et le pilotage du programme. Il n’y aura pas de surcoût pour le consommateur, la fourniture du compteur et la pose ne seront pas facturées.

Bientôt 35 millions de compteurs

La question a été posée quant à la confidentialité des données clients. Enedis affirme que les données de consommation d’électricité appartiennent au client. Elles sont cryptées, donc sécurisées, et ne peuvent en aucun cas être transmises à un tiers sans l’accord préalable du client.

Toutes ces affirmations ont fait réagir les opposants qui ont exposé un point de vue diamétralement opposé. Patrick Richardet, membre de l’association Groupe santé Colmar, chargé du dossier Linky, précise d’emblée que son association apolitique comprend 400 bénévoles « qui n’ont rien à vendre ».

Il pointe l’arrivée exponentielle des objets connectés. « Des médecins, chercheurs et biologistes estiment que cela présente des dangers pour la santé. » Et de souligner la nécessité de mise en place de filtres, blindage avant toute installation massive de 35 millions de compteurs communicants Linky.

« Ils n’apportent aucune valeur ajoutée au client. L’électrosensibilité se développe, nos libertés individuelles sont menacées. Des compteurs disjonctent, prennent feu. La pose est imposée, on fait du forcing », énumère celui qui affirme aussi que les banques ne prennent pas en charge au titre des garanties du contrat d’habitation les dommages occasionnés par les ondes électromagnétiques.

Le président de l’association « Robin des toits » est également intervenu. Pierre Marie-Theveniaud rappelle que « nous sommes pour l’utilisation de la technologie qui préserve la santé des gens ». Et d’avertir : « Le CPL, injecté sur le compteur Linky, est susceptible de modifier le comportement des installations électriques d’une habitation. Les normes françaises sont par ailleurs bien supérieures à celles recommandées par le Parlement européen ».

Autre sujet à polémique : « Peut-on refuser la pose du compteur ? » Anne-Marie Goussard prétend que « la loi ne l’a pas prévu. Les compteurs sont des outils de comptage des consommations d’électricité. Ils font partie des biens concédés par Enedis aux collectivités locales. Le client ne peut refuser son remplacement. » Ce n’est pas l’avis des opposants qui affirment que le consommateur peut tout à fait refuser l’accès au compteur.

Il s’avère par ailleurs que les mairies sont propriétaires du réseau. « Les maires ont des responsabilités et un devoir de protection de la santé de leurs administrés », prévient Patrick Richardet.

À l’issue du débat, Jean-Pierre Schackis pose la question, essentielle pour lui : « Les compteurs Linky émettent-ils plus d’ondes que les équipements précédents ? » Anne-Goussard est catégorique, c’est non. Pour les opposants, il y a danger. « Ce sont les petites doses qu’on cumule qui s’avèrent néfastes pour la santé. »

DNA/M.-TH.D. (17/06/2017)

Publié dans Linky

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